Posologie de la kinésithérapie de la gonarthrose basée sur les preuves


Rédigé par le Samedi 28 Octobre 2017

 

Mise à jour

 


Posologie de la kinésithérapie de la gonarthrose basée sur les preuves
«Rééducation de la gonarthrose. 12 séances à raison de 3 séances par semaine».
Pourquoi douze et pas quatorze ou neuf ? Parce que 3 fois 4 font un mois pile poil et permet au rhumatologue de remplir son carnet de rendez-vous, de mois en mois ? C’est la seule justification ?

À des années-lumière ou au moins six milles kilomètres, une étude multicentrique se prononce sur la posologie et le rapport coût efficacité de ces séances.

Contexte :

Il existe peu d’information sur le rapport coût-efficacité des stratégies de réadaptation chez les personnes atteintes de gonarthrose (GA).

Objectif :

L’objectif de l’étude était de comparer le rapport coût-efficacité de 4 combinaisons différentes d’exercices, de thérapie manuelle et de séances de rappel pour ces patients.

Conception :

Cette évaluation économique impliquait une analyse coût-efficacité réalisée parallèlement à un essai contrôlé randomisé multicentrique.

Lieux :

L’étude a eu lieu à Pittsburgh (Pennsylvanie), Salt Lake City (Utah) et San Antonio (Texas).

Participants :

300 patients.

Intervention :

Les participants ont été randomisés en 4 groupes de traitement :

Exercices isolés (EX),
Exercices plus séances de rappel (EX + B),
Exercices plus thérapie manuelle (EX + MT),
Exercices plus thérapie manuelle et séances de rappel (EX + MT + B).

Tous les participants ont reçu des prises en charge similaires centrées sur l’extensibilité et la force des muscles de la hanche et du genou. Le groupe thérapie manuelle a bénéficié en plus d’étirements et de mobilisation passive non manipulative du genou. Hanche et cheville étaient traitées si nécessaire.

Une étude [2] en accès libre décrit par le menu ces techniques, dans ses annexes bien illustrées.

Posologie :

Huit séances réparties sur 9 semaines, suivies de 4 séances de rappel espacées sur un an.

Les séances «piqure de rappel» étaient de périodiques face-à-face avec le physiothérapeute. Le programme d’exercices à domicile, les problèmes éventuels, recommandations pour la poursuite du programme étaient abordés à ce moment.

Bien que les patients bénéficiant de séances de rappel avaient moins de séances (initialement 8 séances sur 9 semaines, comparées aux 1 à 3 visites par semaine des autres groupes), la somme des séances était la même, soit 12 séances au total : les patients non «boostés» par les séances de rappel bénéficiaient de 12 séances sur 9 semaines.

Mesures :

Pour un scénario de suivi sur deux ans, un modèle de Markov a été construit (j’en ai bien cherché la signification sur Wikipedia, mais je n’y ai rien compris. Qui m’en dit plus ?) en utilisant la perspective sociétale américaine et un taux d’actualisation de 3% pour les coûts et les quality-adjusted life years (QALY). Les rapports coûts-efficacité incrémentaux ont été calculés pour comparer les différences de coût par QALY gagnée parmi les 4 stratégies de traitement (merci Google Translate…).

Résultats :

Dans l’analyse sur deux ans, les stratégies de rappel (EX + MT + B et EX + B) ont dominé les stratégies de non-rappel, avec à la fois des coûts de soins de santé inférieurs et une plus grande efficacité.

EX + MT + B avait les coûts totaux de soins de santé les plus bas.
EX + B a coûté 1061 $ de plus et a gagné 0,082 QALY de plus que EX + MT + B, pour un rapport coût-efficacité additionnel de 12 900 $ / QALY gagné.

Coût de la physiothérapie :

1440 $ pour les 12 séances.

Limites :

L’étude ne peut pas se prononcer sur le moindre recours aux PTG avec la puissance nécessaire (nombre de sujets, différence dans les résultats).

Conclusions :

L’espacement des séances de physiothérapie axées sur l’exercice sur une période de 12 mois à l’aide de séances de rappel périodiques était moins coûteux et plus efficace sur une période de deux ans que des stratégies ne comportant pas de séances de rappel pour les personnes atteintes de GA. Il ne reste plus qu’à convaincre les rhumatologues.

Remarque :

Merci à Thomas O. pour l’aide précieuse apportée !

Référence bibliographique :

[1] Allyn M. Bove Kenneth J. Smith Christopher G. Bise Julie M. Fritz John Childs Gerard P. Brennan J. Haxby Abbott G. Kelley Fitzgerald. Exercise, Manual Therapy, and Booster Sessions in Knee Osteoarthritis: Cost-Effectiveness Analysis from a Multicenter Randomized Controlled Trial. Physical Therapy, pzx104, https://doi.org/10.1093/ptj/pzx104. Published: 23 October 2017

[Résumé disponible en ligne]url:https://academic.oup.com/ptj/article-abstract/doi/10.1093/ptj/pzx104/4562625/Exercise-Manual-Therapy-and-Booster-Sessions-in?redirectedFrom=fulltext

[2] Fitzgerald GK, Fritz JM, Childs JD, et al. Exercise, manual therapy, and use of booster sessions in physical therapy for knee osteoarthritis: a multi-center, factorial randomized clinical trial. Osteoarthritis Cartilage. 2016;24:1340–1349.

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