Rééducation posturale informatisée


 

Rédigé  le Dimanche 3 Septembre 2017
La kinésithérapie posturale du rachis propose souvent de stimuler la capacité individuelle de percevoir & réduire les déformations, la posture «incorrecte» de la colonne vertébrale par un contrôle volontaire.

 

La littérature décrit que les postures relâchées adoptées habituellement exacerbent souvent les douleurs lombaires.
Peu d’études décrivent la capacité instinctive individuelle du sujet à percevoir et contrôler correctement sa posture et à s’auto-corriger.

Objectif :

Comment les sujets adultes en bonne santé perçoivent-ils et contrôlent-ils leur posture rachidienne ? Sont-ils capables de la modifier convenablement et instinctivement ?

Conception :

Étude observationnelle transversale.

Échantillon :

Une cohorte de jeunes adultes, étudiants et actifs, asymptomatiques ont été recrutés à la clinique de réadaptation de l’université des sciences médicales de Poznan (Pologne). 121 sujets sains (dont 57 femmes), entre 19 & 34 ans (μ = 23,5 ± 3,2).

Méthodes :

La posture complète du corps du sujet, par modélisation en 3D de sa forme, identifiée en utilisant 27 marqueurs rétro-réfléchissants situés sur des repères anatomiques, a été mesurée.
6 caméras permettent de scruter les mouvements des 27 marqueurs dans un espace de  3 m x 3 m x 2 m, avec une marge d’erreur entre 0.3 & 0.4 mm. Elles sont synchronisées avec  un baropodographe électronique pour évaluer les zones de pression de chaque pied à chaque moment.

Procédure :

Le sujet est invité à se placer en position debout naturelle et immédiatement après en position corrigée. Pour éviter toute influence du pied, les pieds sont placés dans le même plan frontal, à une largeur de pied de distance, en rotation libre du membre inférieur.
Pour chaque condition orthostatique, au moins cinq acquisitions de deux secondes ont été enregistrées. Cela signifie qu’un minimum de 1200 mesures 3D a été calculé en moyenne pour chaque position statique.
Pour chaque sujet, après la mesure, une reconstruction complète du squelette 3D a été faite (l’élaboration nécessitait moins de 1 minute).

Lorsqu’un déséquilibre postural apparaissait dans onze paramètres quantitatifs considérés a priori (ex : symétrie entre la G et la D dans le plan frontal, torsion pelvienne, approche d’une courbure moyenne dans le plan sagittal), le sujet était informé que sa position présentait une possibilité d’amélioration, sans préciser comment et dans quel paramètre, et il / elle était invité à se placer en posture corrigée.

Résultats :

À partir de la modélisation 3D du rachis et des membres, ces onze paramètres biomécaniques quantitatifs ont été utilisés pour comparer les attitudes du sujet debout naturelle et auto-corrigée.

La plupart des sujets (87%) n’étaient pas à même de modifier la posture rachidienne dans le plan frontal, mais ils y arrivent dans le plan sagittal, notamment en thoracique. Ainsi, les hommes réduisent de façon plus ample la cyphose thoracique que les femmes (culturellement plus habitués au garde-à-vous ?). Il reste que lers sujets sont peu habile à modifier leurs courbures dans tous les plans à la fois, mais seulement à se focaliser sur quelques aspects.

Conclusions :

La proprioception instinctive et le contrôle moteur inné ne permettent pas d’auto-correction efficace.

Conséquence clinique et commentaires :

Manifestement, la «bonne posture» n’est pas intuitive et le biofeedback est au moins nécessaire.
La glace quadrillée a encore de beaux jours devant elle, mais une webcam permet à chaque patient d’avoir des yeux dans le dos ou de se voir de profil en temps réel…
Il restera encore et toujours à déterminer :

– si la prise de conscience d’une déformation peut s’automatiser,
– le cas échéant, en combien de temps ou répétitions et surtout
– si cela a un rapport avec l’amélioration des symptômes du patient.

Référence bibliographique :

D’Amico M, Kinel E, Roncoletta P. 3D quantitative evaluation of spine proprioceptive perception/motor control through instinctive self-correction manoeuvre in healthy young subjects’ posture: an observational study. Eur J Phys Rehabil Med. 2017 Jul 18. doi: 10.23736/S1973-9087.17.04738-4. Article en pré-publication.

Accès à l’article

Articles en rapport avec le sujet

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s