Électro-dry needling du genou arthrosique


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Photo de Madison Inouye sur Pexels.com

Cette étude a analysé les effets de l’ajout du dry needling avec stimulation électrique (DNs) à la thérapie manuelle dans la prise en charge des gonarthrosiques. 

Matériels & méthodes

Au total, 242 participants (n = 242) souffrant de gonarthrose ont été randomisés pour recevoir 6 semaines de :

  • DNs, thérapie manuelle et exercices (n = 121) ou 
  • Thérapie manuelle et exercices (n = 121).

Indicateur 

Le Western Ontario and McMaster Universities (WOMAC) Osteoarthritis Index, à 3 mois.

Posologie 

Entre 8 et 10 séances de traitement à une fréquence de 1 à 2 fois par semaine sur une période de 6 semaines. 

Procédure globale

Les deux groupes ont bénéficié de thérapie manuelle (mobilisations articulaires passives et étirements) et d’exercices (cycloergomètre, exercices de renforcement des membres inférieurs) à chaque séance. Tous les patients ont été invités à suivre un programme quotidien d’exercices à domicile.

Procédure DNs

Le groupe DNs a bénéficié en plus d’une stimulation électrique via au moins 9 punctures dans la région du genou, pendant 20 à 30 minutes à chaque séance de traitement, soit 1 à 2 fois par semaine pendant 6 semaines. 

L’aiguilletage à sec électrique comprenait un protocole normalisé en 9 points. 

La technique est réalisée avec le patient en décubitus dorsal, le genou traité légèrement fléchi sur un rouleau d’essuie-mains. 

Après le nettoyage de la peau à l’alcool stérile, toutes les aiguilles ont été insérées puis manipulées dans les deux sens afin d’engendrer une sensation de douleur, de fourmillements, de pression profonde, de lourdeur ou de chaleur. 

Des aiguilles d’acupuncture Seirin de type J à usage unique en acier inoxydable stérilisées ont été utilisées avec 3 tailles: 0,25 mm × 30 mm, 0,30 mm × 40 mm et 0,30 mm × 50 mm. 

La profondeur d’insertion de l’aiguille allait de 10 mm à 45 mm et dépendait du point (intramusculaire, périosté, intra ou périarticulaire) et de la constitution du patient (taille, profondeur osseuse, muscle et / ou tissu conjonctif). 

Les 9 aiguilles ont été insérées dans les lieux suivants :

  1. Insertion superolatérale et antérieure au sein du poplité, avec stimulation périostée sur la face postéromédiale du condyle tibial médial.
  2. Angle d’insertion inférolatérale dans le grand adducteur, avec stimulation périostée dans la dépression postéro-supérieure à l’épicondyle fémoral.
  3. Insertion perpendiculaire dans le tibial antérieur, avec stimulation périostée sur la crête antérolatérale du tibia, à un travers de doigt en dehors du tubercule tibial.
  4. Insertion perpendiculaire dans le tendon du quadriceps, à un travers de doigt du bord supérieur de la rotule.
  5. Insertion perpendiculaire dans le vaste latéral, à 3 travers de doigts du bord superolatéral de la rotule.
  6. Insertion perpendiculaire dans le vaste médial, à 3 travers de doigts du bord supéromédial de la rotule.
  7. Insertion perpendiculaire au niveau de la marge articulaire tibio-fémorale dans le sillon infra-patellaire interne.
  8. Insertion perpendiculaire au niveau de la marge de l’articulation tibio-fémorale dans le sillon infra-patellaire latéral.
  9. Insertion perpendiculaire dans le long extenseur des orteils, à une largeur de pouce distale et antérieure de la tête du péroné. 

Contrairement aux 8 autres aiguilles qui ont été connectées au TENS deux à deux, la neuvième aiguille n’a pas été couplée avec l’un des 4 canaux électriques mais manipulée manuellement et laissée in situ pendant toute la durée du traitement.

Les aiguilles ont ensuite été laissées in situ pendant 20 à 30 minutes avec une stimulation électrique en utilisant une fréquence basse (2 Hz), une durée d’impulsion modérée (250 μs), une forme d’onde continue biphasique à l’intensité maximale tolérable.

Résultats 

Le groupe DNs présentent des améliorations significativement plus importantes de leur déficits que le groupe contrôle, à 6 semaines et à 3 mois. Ils sont 1,7 fois plus susceptibles d’avoir complètement arrêté de prendre leurs médicaments pour soulager leur douleur à 3 mois, comparativement au groupe contrôle (OR, 1,6; intervalle de confiance à 95%, 1,24-2,01; P = 0,001). 

Sur la base du seuil ≥ 5 de la note globale de changement, de façon significative plus de patients (n = 91, 75%) du groupe ayant bénéficié de DNs ont obtenu un résultat positif par rapport au groupe contrôle (n = 22, 18%) à 3 mois. 

Les tailles d’effet étaient importantes (différences moyennes standardisées> 0,82) pour toutes les mesures de résultats en faveur du groupe DNS à 3 mois.

Conclusion 

Les auteurs estiment que l’inclusion de DNs dans un programme de thérapie manuelle et d’exercices s’est avérée plus efficace pour améliorer la douleur, la fonction et les incapacités connexes que l’application de médicament et de l’exercice isolés chez les personnes souffrant de gonarthrose.

Commentaire 

Le simple TENS donnerait le même résultat ? Les patients bénéficiant du DNs ont un traitement de durée supplémentaire comparativement au groupe contrôle, ce qui les favorise, mais à ce point ?


Références bibliographiques 

xlargethumb.00002508-201902000-00000.cvDunning J, Butts R, Young I, Mourad F, Galante V, Bliton P, Tanner M, Fernández-de-Las-Peñas C. Periosteal Electrical Dry Needling as an Adjunct to Exercise and Manual Therapy for Knee Osteoarthritis: A Multicenter Randomized Clinical Trial. Clin J Pain. 2018 Dec;34(12):1149-1158. doi: 10.1097/AJP.0000000000000634.

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