5- Orientations thérapeutiques & traitement global de la hanche


Orientations thérapeutiques

Il y a des preuves modérées [5] en faveur :

  • Des thérapies passives (mobilisation passive, tractions de hanche), 
  • Du renforcement régulier et assidu des muscles fessiers
  • D’une hygiène de vie permettant d’améliorer la lubrification des surfaces articulaires. 

L’abord multi-modal est recommandé : la thérapie manuelle associée aux autres traitements permet une amélioration cliniquement significative sur le long-terme [1].

A un stade plus tardif  (grade 3 de Kellgren & Lawrence) les grand et petit fessiers s’infiltrent de graisse, s’atrophient et deviennent faibles, comparativement à des sujets contrôles ou à la hanche saine [31]. La lutte contre ces dégénérescences doit passer par une rééducation active intense et auto-rééducation.

Posologie 

Cibulka note des améliorations cliniques [5] à raison de 1 à 3 séances de 30 minutes par semaine, durant 12 semaines. 

Indicateurs de suivi 

Mis à part l’échelle visuelle analogique de la douleur (EVA) et l’estimation globale du patient sur la prise en charge en kinésithérapie par le GRoC (Global Rating of Change), les évolutions du traitement peuvent être quantifiées avec fiabilité par le test des 6 minutes de marche, le temps nécessaire pour marcher le plus rapidement possible 4 ou 40 mètres (self-paced-walk-test), le TUG (timed-up-and-go test), le temps pour monter et descendre un demi-étage de 9 marches [5].

La traction de hanche, un traitement global et préliminaire 

Le bénéfice thérapeutique apparaît conséquent et reconnu [16, 8], la traction de hanche étant l’un des traitements de thérapie manuelle du membre inférieur les plus efficaces, d’autres types de prises en charge manuelles, ne faisant pas appel à la traction pouvant ne pas avoir les mêmes effets positifs [9]. 

C’est donc le premier traitement à entreprendre, une séance test lui étant entièrement consacrée. Une amélioration est souvent rapportée par le patient à la séance suivante. 

La traction doit être confortable pour le praticien comme pour le patient, le premier devant pouvoir réaliser un effort important et maintenu, le second ne devant pas ressentir de contact désagréable aux points de traction afin de se relâcher au maximum.

Pour une hanche expulsive 

Elle vise à reproduire les mouvements naturels observés lors de la marche de décompression articulaire lors de l’oscillation du membre inférieur et de retour à la compression lors de l’appui. Elle peut être aussi réalisée de façon maintenue. Les forces doivent être conséquentes et répétées, d’où l’intérêt du sanglage, une traction de faible intensité étant sans effet thérapeutique [28]. 

Traction intermittente à la sangle 

Patient en décubitus, kinésithérapeute en bout de table. Une sangle est accrochée à une chevillère. Celle-ci est doublée d’une serviette pour éviter les tractions douloureuses sur la cheville du patient. La sangle ceinture le kinésithérapeute qui réalise une mise en tension dans l’axe de la diaphyse, avec, durant 20 minutes, une alternance de tractions-décompressions et relâchement à approximativement 20 kilos de traction (limite de glissement du patient sur la table). La table doit être placée en position basse pour ne pas créer d’inconfort lombaire au patient. La traction se fait en flexion et légère adduction, avec si possible fixation du membre inférieur controlatéral.

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Traction de hanche à la sangle

Autre installation 

Il est proposé de sangler le bassin sur la table, le membre inférieur en flexion de hanche tracté par le kinésithérapeute arc-bouté sur une table [28]. La traction est maintenue 20 à 40 secondes, diminuée 10 à 15 secondes. Le kinésithérapeute doit trouver la position de souplesse maximale de la hanche avant de débuter la traction.

Traction instrumentale continue 

Une attelle (Hare Traction Splint ®) destinée initialement à placer le membre inférieur d’un traumatisé fémoral sous traction en attente de chirurgie peut être utilisée pour la réaliser. La jambe est sanglée et tractée grâce à des scratches, avec un contre-appui ischiatique. Elle permet sur le vivant des séparations de l’ordre de 2,5 ± 1 mm, pour des tractions variant entre 5 à 15 kg selon que la hanche soit saine ou non [14].

Auto-traction continue 

A condition de trouver un dossier ou un accoudoir à la bonne hauteur chez lui, une variante aménagée du cochon pendu permet au patient de réaliser des auto-tractions en décharge sur une hanche en flexion. 

Elle peut être réalisée au cabinet, le patient jouant sur la hauteur de la table électrique pour majorer la traction d’une sangle reliant par une élingue la face postérieure de jambe à la cage de pouliethérapie.

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Pour une hanche protrusive 

Plus rares, les hanches protrusives sont souvent bilatérales. Traditionnellement, il faut tracter dans la direction du col fémoral. Une traction à la sangle peut être puissante, mais est toujours limitée par la compression du paquet vasculo-nerveux.


Références bibliographiques 

[1] Abbott JH et al. (2013) Manual therapy, exercise therapy, or both, in addition to usual care, for osteoarthritis of the hip or knee: a randomized controlled trial. 1: clinical effectiveness. Osteoarthritis & Cartilage. 21: 525–534.

[5] Cibulka MT et al. Clinical Practice Guideline : Hip Pain. J Orthop Sports Phys Ther 2009;39(4):A1-A25 

[8] French HP et al. Manual therapy for osteoarthritis of the hip or knee – A systematic review. Manual Therapy Volume 16, Issue 2, Pages 109-117 (April 2011) 

[9] French HP et al. Exercise and Manual therapy Arthritis Research Trial (EMPART) for osteoarthritis of the hip: A Multicentre Randomised Controlled trial. Arch Phys Med Rehabil. 2012 Oct 16 

[14] Henak CR et al. Computed tomography arthrography with traction in the human hip for three-dimensional reconstruction of cartilage and the acetabular labrum. Clin Radiol. 2014 Oct;69(10):e381-91 

[16] Hoeksma HL, Dekker J, Ronday HK, Heering A, van der Lubbe N, Vel C, et al. Comparison of manual therapy and exercise therapy in osteoarthritis of the hip: a randomized clinical trial. Arthritis Care and Research 2004;51(5) 

[28] Vaarbakken K, Ljunggren AE. Superior effect of forceful compared with standard traction mobilizations in hip disability ? Advances in Physiotherapy, Volume 9, Issue 3 2007. pages 117 – 128 

[31] Zacharias A et al. Hip abductor muscle volume in hip osteoarthritis and matched controls. Osteoarthritis Cartilage. 2016 Oct;24(10):1727-35

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