La rétropulsion passive d’épaule est limitée


Généralités 

Les mouvements d’adduction, de rotation médiale & d’extension passives vont usuellement de pair, même s’ils sont dissociables. Ils sont en conséquence traités ensemble. 

La position antalgique naturelle

L’attitude de repli du sujet souffrant, la force prépondérante des rotateurs médiaux comparativement aux rotateurs latéraux encouragent ces mouvements ; il y a donc peu de déficits dans ce secteur.

Mettre la main dans le dos

Lors de la progression en gain des amplitudes, l’extension est souvent le dernier mouvement limité. Il entraine des difficultés d’habillage pour aller chercher la manche du manteau en arrière du plan frontal.

Observations & signes cliniques 

Voir les chapitres consacrés à l’abord préliminaire de l’épaule et à l’acromio-claviculaire.

Mesures 

Mesure « à l’épineuse » de la rotation médiale / extension 

C’est une mesure utilisée dans le score de Constant.

1

Procédure 

Demander au sujet de faire glisser le pouce sur la ligne de ses épineuses et noter au crayon dermographique l’épineuse la plus haute que peut atteindre le pouce, ce qui donne une mesure de la rotation médiale couplée à la rétropulsion. Comparer avec le côté opposé.

Variante en mesure centimétrique de la rotation médiale

Repérer l’épineuse de C7 (l’épineuse de C6 «disparaît» lors de l’hyper-extension passive cervicale, celle de C7 reste en contact), et la marquer. Mesurer la distance entre C7 et les points rachidiens les plus proches contactés par le pouce du sujet.

Mesure de la rotation médiale passive à 90° d’abduction 

Elle doit être de l’ordre de 90°, mais peut apparaître plus élevée chez le sujet âgé que le sujet jeune : l’augmentation de la cyphose thoracique majore la bascule antérieure de la scapula. 

2

Procédure 

Patient en décubitus, le kinésithérapeute maintien le bras à 90° d’abduction anatomique et mesure la rotation médiale selon l’angle que fait l’avant-bras avec la verticale. Stabiliser fortement le moignon de l’épaule contre la table est impératif.

Mesures inclinométriques des rotations d’épaules sujet assis bras en flexion à 90°

Procédure 

Le patient est assis en bout de table, le kinésithérapeute lui fait face. Le praticien soutient et stabilise d’une main le bras du patient à 90° de flexion dans un plan sagittal strict. L’autre main maintient l’avant-bras et plaque l’inclinomètre, cliqué préalablement sur 0, sur sa face postérieure de l’avant-bras.  Patient relâché, les mouvements de rotation médiale comme de rotation latérale sont considérés achevés lorsque le moignon de l’épaule est déplacé par la manoeuvre. 

Noter qu’une flexion d’épaule ne respectant pas les 90°, une abduction ou une adduction horizontales trop prononcées, modifient fortement les résultats.

Étirements 

Levée de tension du petit rond 

3

Procédure 

Le sujet est en décubitus. Le membre supérieur est amené en antépulsion et en rotation médiale. Celle-ci est fixée par l’appui de l’avant-bras du praticien. Un deuxième appui à l’aide de l’abdomen du praticien résiste à l’abduction. Un troisième appui est réalisé par l’index et la première commissure sur le tubercule majeur afin d’éviter l’élévation du bras ; il veille a bien faire basculer préalablement la scapula en direction caudale. Un contre-appui est réalisé sur la scapula en direction caudale et médiale. Demander au patient de résister à la pression, puis gagner passivement [16].

Autres contracté-relâchés

Voir le chapitre consacré à la mobilisation passive, lorsqu’ils y sont couplés.

Techniques auto-passives 

L’étirement du dormeur (Sleeper-stretch) 

Procédure 

Le patient, couché sur l’épaule douloureuse, mobilise son membre supérieur en rotation médiale. Il doit ressentir une tension à la face postérieure de l’articulation, puisque la scapula est bloquée par le contact avec la table. Elle est majorée lorsque le patient accentue la rotation de son tronc en direction de la table.

L’étirement en travers du thorax (Cross Body Arm Stretch)  

Procédure 

Conseiller au patient assis ou debout une adduction horizontale de façon à étirer les structures postérieures.

Mobilisations passives 

Mobilisation passive en rétropulsion de la scapula, patient en procubitus 

La position permet de travailler sur la sonnette médiale sans solliciter trop fortement la scapulo-humérale.

4
Position initiale

Procédure 

Sujet en procubitus, le coude fléchi. Le kinésithérapeute repousse l’angle inférieur de la scapula et le moignon de l’épaule, réalisant une sonnette médiale maximale. Le patient se retrouve en trois-quart ventral à la suite de la poussée du kinésithérapeute.

5
Position terminale

Variante en levée de tension du dentelé antérieur 

Dans la même position, demander au patient de résister aux pressions sur la scapula, sans appui du bras sur le bras du kinésithérapeute, puis de se relâcher. Gagner en sonnette médiale passive [16].

Variante en contracté-relâché des fléchisseurs d’épaule 

Une fois la scapula amenée en sonnette médiale maximale, agir sur le bras pour finir le mouvement d’extension. La main crâniale stabilise l’articulation scapulo-humérale, le bras caudal du kinésithérapeute repousse le bras du patient vers le dorsal et le médial.

Mobilisation passive en extension, patient en latérocubitus 

Objectifs 

Réaliser un étirement de la partie antérieure de la capsule scapulo-humérale, posturer en extension, gagner en extension.

6

Procédure 

Le patient est en latérocubitus, son avant-bras reposant sur un des avant-bras du praticien, sa paume sur les doigts de celui-ci. Le praticien en arrière de lui pour contrôler sa stabilité, vient appuyer de l’autre main sur la partie postérieure du moignon de l’épaule, afin de l’antérioriser. L’étirement est assuré par la flexion des doigts supportant le membre supérieur, le contact de l’épaule étant fermement maintenu.

Variante active 

Opposer une résistance abdominale à l’extension active du bras en stabilisant l’articulation pour gagner dans les derniers degrés d’extension.

Variante en posture 

7

Le kinésithérapeute en arrière du patient réalise une «clé de bras» en glissant son avant-bras entre bras et dos du patient.


Références bibliographiques 

[16] Péninou G, Tixa S. Les tensions musculaires : du diagnostic au traitement. Paris: Masson; 2009

 

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