Se faire toucher le cou, ça fait du bien sur le coup parce que ça fait peur ?


thrust cervical gag

Classiquement, dans les films, quand le héros tue le méchant en lui tordant le cou, on entend un craquement sinistre. Pour quelle raison, ce qui a vocation d’effrayer dans un film aurait un effet apaisant en thérapie ?

Cette étude contrôlée randomisée s’est attachée à comparer les effets de la manipulation vertébrale et de la mobilisation passive postéro-antérieure cervicales à ceux d’une manipulation factice sur les taux de cortisol salivaire de 83 patients souffrant de cervicalgie chronique.

Indicateurs 

Les variables mesurées étaient les niveaux de cortisol salivaire, la cervicalgie et les incapacités, les seuils de douleur à la pression et l’amplitude des mouvements cervicaux. 

Ils ont été obtenus au début de l’étude, immédiatement après le traitement (à l’exception de la mesure des déficits) et au suivi d’une semaine (à l’exception de la mesure du taux cortisol).

Résultats 

Une augmentation significative et comparable des taux de cortisol a été observée immédiatement après la manipulation et la mobilisation cervicale (p <0,001).

L’incapacité au cou s’est améliorée de façon similaire dans les groupes de manipulation et de mobilisation cervicales lors du suivi une semaine (p <0,001). 

La douleur au cou a été réduite immédiatement après la manipulation cervicale (p <0,001), la mobilisation cervicale (p = 0,001) et la manipulation factice (p <0,001). 

Il n’y a eu aucun changement significatif dans la plupart des amplitudes après l’un ou l’autre traitement. 

Aucune interaction significative n’a été observée pour les seuils de douleur à la pression. 

Conclusions 

La manipulation et la mobilisation cervicales ont entraîné une augmentation similaire des concentrations de cortisol immédiatement après le traitement chez les personnes souffrant de cervicalgie chronique. 

Les mécanismes supra-spinaux peuvent donc jouer un rôle dans les effets hypoalgésiques survenant après l’application des deux interventions.

Intérêt clinique 

  • Brutaliser un cou sans douleur, ça fait peur. 
  • On peut le faire n’importe comment.
  • Peut être que le cerveau du patient en conclut que si le cou résiste à cette agression, c’est qu’il n’y a pas de raison de le mettre au repos par la douleur.

Références bibliographiques 

Valera-Calero A, Lluch E, Gallego-Izquierdo T, Malfliet A, Pecos-Martín D. Endocrine response after cervical manipulation and mobilization in people with chronic mechanical neck pain: a randomized controlled trial. Eur J Phys Rehabil Med. 2019 Jan 8. doi: 10.23736/S1973-9087.19.05475-3. Article en pré-publication.

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