1- Généralités sur le rachis thoracique

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Posé sur le rachis locomoteur, le rachis thoracique permet l’orientation du cou, de l’épaule et sert de soutien aux forces nécessaires aux actions du membre supérieur.

Avec le thorax, il offre un soutien et une protection structurelle pour les organes vitaux internes. La rotation axiale est son mouvement majeur.

Amplitudes

Amplitudes de la région thoracique selon Heneghan [29] 

Mouvement Amplitudes moyennes
Rotation en bilatéral 85.15°
Flexion  32°
Extension 25.8°
Inclinaison latérale en bilatéral 53°

Moyennes des amplitudes mesurées par analyse quantifiée du mouvement de broches fichées dans les processus épineux de C7 à L1 sur sujets sains, lors de la marche et de la course [35]

Plan Marche (écart-type)  Course (écart-type)
Sagittal 2.5(0.3)° 6.3(1.2)°
Frontal  4.3(1.9)° 5.7(3.6)°
Transverse 8.9(2.6)° 15.7(3.7)°

Insertion d’origine de la plupart des muscles extrinsèques de la région cervicale, il  s’avère être la région à traiter préférentiellement et préalablement en présence d’une cervicalgie. 

Définition 

La dorsalgie 

Sa définition est topographique. Il s’agit d’une douleur située verticalement entre les processus épineux de T1 à T12 et latéralement entre les bords les plus latéraux des muscles extenseurs du rachis. Les douleurs plus latérales doivent être considérées comme des douleurs postérieures de la cage thoracique et ne pas être considérées comme des dorsalgies [1]. 

Fréquence

La région thoracique est la moins étudiée des régions vertébrales. Elle est plus rigide et moins fréquemment douloureuse que les régions sus et sous-jacentes.  

Touchant deux femmes pour un homme, les dorsalgies prédominent chez les teenagers et les femmes âgées et coexistent avec les autres rachialgies dans plus de 35% des cas [29]. La majoration du temps passé assis devant des écrans de tous types risque d’augmenter la fréquence de ces troubles.

A priori thérapeutiques

Le rachis thoracique apparait impliqué à la fois dans les souffrances de l’appareil d’orientation et de préhension comme dans les névralgies hautes de l’appareil locomoteur. 

La preuve par le traitement 

Les traitements thoraciques sont mieux étudiés que les évaluations. Ainsi, des preuves sont depuis longtemps en faveur d’un abord thoracique dans les traitements dédiés aux cervicalgies et lombalgies et quelques autres pourraient encourager son emploi dans les scapulalgies. Même dans les épicondylalgies, quelques pistes font état d’une majorité de patients souffrant du coude présentant des dorsalgies comparativement à peu de sujets contrôles [6], ce qui devrait rendre nécessaire le traitement thoracique même dans ces souffrances périphériques. 

La manipulation vertébrale thoracique des régions thoraciques supérieure et moyenne est une option thérapeutique reconnue dans les troubles du quadrant supérieur, en partie à cause de sa relative inocuité comparativement à la manipulation vertébrale cervicale. 

Plausibilités 

Biomécanique 

Le traitement d’une région thoracique souvent asymptomatique aboutit à une réduction des douleurs cervicales et/ou brachiales pour des raisons encore obscures. 

Biomécaniquement, une diminution du mouvement dans une région peut entrainer des symptômes dans un autre : ainsi, majorer la cyphose thoracique place la scapula en bascule antérieure, le cou en plus grande flexion :

  • Pour un même mouvement d’élévation du bras, de plus grandes contraintes s’exercent sur la fragile scapulo-humérale. 
  • Pour un regard porté à la même hauteur, une extension supplémentaire de la région cervicale est nécessaire.

Neuro-physiologique 

La réponse des centres supérieurs à ce qui peut être vécu comme une agression physique dépend de leur interprétation et du contexte dans lesquels «l’agression» se déroule. Une inhibition descendante des informations indiquant la présence d’un danger  régional est une réponse possible, si le cerveau n’estime pas ce danger réel. 


Références bibliographiques 

[1] Australian Acute Musculoskeletal Pain Guidelines Group. Evidence-based Management of Acute Musculoskeletal Pain. A Guide for Clinicians. Australian Academic Press. PTY LTD. 2004

[6] Bisset LM, Bill Vicenzino B. Physiotherapy management of lateral epicondylalgia. Journal of physiotherapy. October 2015. Volume 61, Issue 4, Pages 174–181

[29] Heneghan NR, Rushton A, Understanding why the thoracic region is the ‘Cinderella’ region of the spine, Man Ther. 2016 Feb;21:274-6

[35] MacWilliams BA et al. Three-dimensional lumbar spine vertebral motion during running using indwelling bone pins. Spine (Phila Pa 1976). 2014 Dec 15;39(26):E1560-5 

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