5- Mesures de la statique lombo-pelvienne

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Photo de Snapwire sur Pexels.com

Destinées à prendre date à la première séance, de comparer en avant/après à la dernière séance, ces mesures doivent être compatibles avec le temps imparti à cette séance tout en restant fiables et valides.

Mesures sur photographie de la posture dans le plan sagittal 

1

Procédure

Réaliser un gabarit à l’aide d’une croix de bois fixée au sol, en regard d’un mur blanc muni d’un fil à plomb. Photographier le patient à l’aide d’un appareil numérique fixé sur un support stable. Le sujet est placé talons calés, membres inférieurs en rotation libre, de profil par rapport à l’appareil photo. On veille à ce que les cheveux ne cachent pas les oreilles, afin de repérer le tragus. Consigne est donnée au sujet de regarder droit devant lui, sans prendre la position du garde-à-vous.

Mesures réalisées 

1°- L’angle entre tragus – partie haute du pli postérieur thoraco-brachial /verticale

2°- L’angle entre partie la plus postérieure des scapula – partie la plus postérieure du bassin / verticale

3°- L’inclinaison du tibia par rapport à la verticale. 

Variante 

2
Calques de profil avant et après prise en charge

L’outil « calques » de Photoshop ® permet la superposition des prises de vues successives, une vue avant-après prise en charge. Les macro-commandes permettent un traitement automatique, donc rapide, de l’image. Le filtre « photocopie » permet de réaliser un détourage précis du patient.

Mesures sur photographie de la posture dans le plan frontal 

3

Utiliser préférentiellement les vues de dos et de profil, méconnues du patient, très informatives et plus anonymes qu’une vue de face. Cette dernière, connue du patient, est susceptible d’être gênante pour le patient ; une posture artificielle peut être adoptée.

Procédure 

Photographier le sujet de dos, face à un mur doté d’un fil à plomb, les pieds placés sur un gabarit afin de comparer des épreuves successives.

Après avoir reproduit la ligne verticale du fil à plomb, il est possible d’utiliser quelques points remarquables pour mesurer les déports du sujet vu de dos :

  1. La base du cou
  2. Le pli thoraco-brachial postérieur 
  3. La taille
  4. La partie la plus large du bassin.

boussoleValidité 

La majorité des sujets jeunes et sains présentent, sur une vue de dos, une asymétrie mesurée de tout ou partie du corps par rapport à la projection de la verticale [10]. Ces asymétries sont la règle et non l’exception, ce qui est désormais admis [8, 13].

Le fait que l’épaule apparaît plus basse à droite chez les droitiers est fréquemment évoqué dans la littérature [23, 18, 11], mais c’est une conviction qui nécessite de disposer d’une cohorte importante de sujets pour pouvoir statistiquement la confirmer.

boussoleFiabilité 

Ces mesures photographiques, chez le sujet scoliotique, après placement de marqueurs cutanés, apparaissent d’une fiabilité moyenne à bonne [12].

4Mesure des courbures rachidiennes à l’aide d’une règle flexible 

Matériel 

Elle nécessite une règle souple et déformable de type Flexicurve ®. 

Procédure 

Le sujet est invité à se tenir en position debout relâchée. L1 et S2 sont repérées, à partir des crêtes iliaques pour L1 (comptage des épineuses à partir de L4) et des EIPS pour S2. La règle souple est appliquée sur la peau puis sa forme reproduite sur une feuille de papier.

Pour la cyphose thoracique, C7 et T12/L1 servent de marqueurs de départ et la procédure est identique. 

Une ligne h est tracée à partir des deux points extrêmes de la courbe. Une perpendiculaire L à la ligne h est tracée à la hauteur du point de la courbe le plus éloigné de la ligne h. L’angle de courbure θ est déterminé par la formule θ = 4 arc tan 2 h / L

boussoleValeurs

Une lordose lombaire de l’ordre de 35°± 12° est retrouvée chez les sujets féminins, de 22°± 10° chez les sujets masculins. La différence est significative. La cyphose thoracique est de l’ordre de 23°± 7°. La fiabilité inter-examinateurs est bonne à excellente selon les études analysées [2]. 

Inclinométrie de l’antéversion du bassin

5L’utilisation d’un compas indiquant la dénivellation entre deux points en la situant par rapport à l’horizontale permet de comparer les hauteurs respectives des EIPS et EIAS. 

Matériel

Le Palm (Palpation Meter ®), instrument peu diffusé en France, permet de déterminer la hauteur respective de ces deux points.

boussoleValeurs 

Il n’existe pas de norme comme le proposait Huc (équidistance entre ombilic-EIPS et EIPS-EIAS chez le sujet équilibré) [28], ni de différence liée au sexe chez des sujets jeunes et sains mesurés avec cette méthode [17]. 

Fiabilité 

La fiabilité intra-examinateur est forte (coefficient de corrélation intra-classes à 0.87), la plus petite différence détectable étant de l’ordre de 2.5° [17]. 


Références bibliographiques 

[2] Barrett E et al. Reliability and validity of non-radiographic methods of thoracic kyphosis measurement: a systematic review. Man Ther. 2014 Feb; 19(1):10-7.

[8] Danis CG. Krebs DE. Relationship between standing posture and stability. Physical Therapy. 1998 ; 78 : 502-517

[10] Estrade JL. Convergences et disparités lors de l’examen clinique et stabilométrique du sujet sain. Mémoire en vue de l’obtention du D.I.U. de posturologie clinique. Paris V. 2005

[11] Fecteau P. Influence de la latéralité et du sexe sur la bascule des épaules et la tendance varisante des pieds. Québec, Centre Bien-être et posture, 1996.

[12] Fortin C et al. Reliability of a quantitative clinical posture assessment tool among persons with idiopathic scoliosis. Physiotherapy. 2012 Mar;98(1):64-75

[13] Gagey P-M. Weber B. Posturologie. Régulation et dérèglements de la station debout. 3° édition. Masson. 2005

[17] Herrington L. Assessment of the degree of pelvic tilt within a normal asymptomatic population. Man Ther. 2011 Dec;16(6):646-8.

[18] Kendall HO. Les muscles. Bilan et étude fonctionnelle. Maloine. Paris 1983

[23] Magee D. L’évaluation clinique en orthopédie. Edisem Maloine 1988

[28] Péninou G. Laroudie F. Le test de « Huc » : vrai ou faux ? Annales de Kinésithérapie tome 14 n°7-8 p 373-5 1987

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