7- Évolutions & pronostic d’une cervicalgie

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Comment évolue une cervicalgie, globalement ?

À un an, seuls un tiers des patients se déclarent guéris et 40% évoluent vers la chronicité, de façon plus marquée chez les patients souffrant de cervicalgie attribuée à un fléau cervical.

Les patients cervicalgiques peuvent présenter plusieurs altérations du contrôle moteur et de la mobilité articulaire par rapport à des sujets sains, mais ces altérations peuvent simplement être une conséquence des ajustements dûs à la douleur. 

Il semble qu’une évolution favorable se produise rapidement, suivie de changements minimes à long terme.

Devenus chroniques, les patients cervicalgiques s’améliorent faiblement mais habituellement au cours de l’année suivante [Rasmussen 2015].

Les facteurs prédictifs d’une évolution défavorable sont plus comportementaux que physiques. Des patients plus facilement inquiets, souffrant aussi d’autres rachialgies ou scapulalgies, moins actifs, se considérant en moins bonne santé feront partie plus volontiers des chroniques [Childs JOSPT 2008].

Comment évolue une cervicalgie traitée en kinésithérapie ?

L’impact du kinésithérapeute sur l’évolution naturelle de la cervicalgie reste encore à préciser.

  • Les différentes méthodes proposées aux patients apparaissent d’une efficacité similaire.
  • Les tailles d’effet rapportés dans les études interventionnelles peuvent être parfois comparables à l’évolution naturelle de l’affection.
  • L’application de règles de prédiction clinique ne semble pas avoir la même portée que dans la lombalgie. 

Objectivement 

Il n’est pas souvent possible de mesurer rigoureusement cette évolution. Les outils cliniques sont souvent fiables, mais de précision insuffisante pour mesurer de subtiles mais réelles modifications. L’arrivée sur le marché de capteurs inertiels pouvant être fixés sur le crâne, le thorax et le bassin permettra à la fois de quantifier les amplitudes actives, la proprioception comme la stabilité. 

Un tiers des patients est susceptible d’améliorer ces indicateurs sous 15 jours, les deux-tiers des patients à deux mois lorsqu’ils bénéficient de différentes méthodes de kinésithérapie, dont aucune n’apparaît avoir avantage thérapeutique supérieur aux autres. 

Les améliorations concernant le contrôle moteur comme les amplitudes articulaires surviennent précocément, avant 15 jours de traitement. La réduction des douleurs est associée avec l’augmentation des amplitudes dans le plan sagittal, seule variable accompagnant à la fois l’amélioration des douleurs et des déficits [Meisingset 2015].

Cela correspond à ce que l’on peut retrouver lors de l’évaluation comparative de sujets sains et de cervicalgiques similaires par ailleurs : la mobilité du cou est moins ample dans le groupe de cervicalgiques, la vitesse de leurs déplacements est aussi plus lente et en rapport avec leur kinésiophobie. 

Proprioception et stabilité posturale n’ont pas ces avantages discriminatifs [Meisingset 2015].

Quel diagnostic poser pour ces cervicalgies, aujourd’hui ?

Une fois avoir pris connaissance ou éliminé les contre-indications relatives à sa pratique et avoir évalué passivement et activement le patient, le kinésithérapeute sera confronté à quatre types de cervicalgies non-spécifiques, difficilement rattachées à un élément anatomique mais aisément classables en fonction des symptômes [Childs JOSPT 2008] :

  • Cervicalgie avec déficits de mobilité 
  • Cervicalgie avec maux de tête 
  • Cervicalgie avec douleurs irradiantes
  • Cervicalgie avec perturbations motrices.

Elles sont développées dans les prochains chapitres.


Références bibliographiques 

[Childs JOSPT 2008] Childs JD et al. Neck Pain: Clinical Practice Guidelines Linked to the International Classification of Functioning, Disability, and Health From the Orthopaedic Section of the American Physical Therapy Association. J Orthop Sports Phys Ther 2008;38(9):A1-A34

[Meisingset 2015] Meisingset I et al. Evidence for a general stiffening motor control pattern in neck pain: a cross sectional study. BMC Musculoskelet Disord 2015;16(1):56

[Rasmussen 2015] Rasmussen H et al. In a secondary care setting, differences between neck pain subgroups classified using the Quebec task force classification system were typically small – a longitudinal study. BMC Musculoskelet Disord. 2015 Jun 16;16:150

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