La rotation médiale passive de hanche est limitée 

L’attitude d’un patient qui souffre favorise la rotation médiale, mais c’est l’un des premiers secteurs, combiné avec l’adduction horizontale, qui se perd lors du début d’une coxarthrose.

Torsion tibiale externe

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Une attitude en rotation latérale prononcée (bords latéraux des pieds en contact avec la table) peut se voir sur un patient en décubitus, traduisant une habitude, un entraînement (danseurs), ou une torsion tibiale externe trop prononcée. Il ne s’agit pas d’une limitation passive de rotation médiale.

Dysplasie fémorale

Une dysplasie de la tête fémorale survenant chez le sujet jeune peut être à l’origine d’une rotation latérale majorée. La retroversion de la tête fémorale induite par la station assise prolongée entraîne des contraintes verticales sur la tête fémorale, allant dans le sens de sa rétroversion. 

Elle favoriserait le glissement dorsal du noyau épiphysaire de la tête fémoral lorsque celui-ci peut se désolidariser de la partie distale de l’extrémité supérieure du fémur. Cela se traduit par une limitation structurelle de la rotation médiale. Le même processus peut être à l’origine d’une abduction diminuée si le glissement du noyau épiphysaire s’est réalisé en position debout (composante de varisation de la tête fémorale).

Observations & signes cliniques 

Perte du secteur médial lors de la circumduction passive 

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Procédure 

Patient en décubitus, hanche et genou à 90° maintenues par le kinésithérapeute qui imprime un mouvement de circumduction ; la perte du secteur d’adduction horizontale rotation médiale est généralement considérée comme précédant la perte de la flexion et de la rotation latérale dans une coxarthrose débutante. 

Il est aussi évoqué parfois une perte du glissement postérieur de la tête fémorale comme facteur inaugural de cette limitation. 

Mise en évidence d’une tonicité «anormale» des pelvis-trochantériens

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Procédure 

Patient en décubitus, kinésithérapeute à ses pieds, empaumant les deux talons. Imprimer une rotation médiale bilatérale rapide et sèche en veillant au relâchement des membres inférieurs du patient. Apprécier la limitation. 

Demander au patient s’il ressent un côté moins souple que l’autre. Il est préférable de ne tenir compte que des limitations franches et ressenties par le kinésithérapeute et le patient.

Comparaison des rotations médiales patient assis

Le patient est assis en bord de table, une serviette roulée glissée entre les genoux. Il est invité à maintenir la serviette des genoux et à amener les talons en direction du plafond en gardant le tronc vertical. Le kinésithérapeute assis face au patient majore l’élévation des pieds et compare l’angle formé entre les jambes et la verticale. 

Une angulation diminuée doit accompagner un inconfort ressenti par le patient. 

La même manoeuvre peut être réalisée en décubitus bout de table, en veillant à ce que les deux EIAS restent dans le plan frontal de départ.

Mobilisations passives 

Les mobilisations dans le plan transversal utilisent souvent les mêmes techniques pour la rotation médiale et pour la rotation latérale, aussi nous ne développerons pas toutes les techniques dans les deux sens. Elles ont quasiment toutes l’inconvénient d’interposer un genou fléchi, ce qui n’est pas problématique lorsqu’il est sain.

Mobilisation par roulement sur la table

Le sujet est couché sur le dos, les membres allongés au repos. Le kinésithérapeute se place latéralement au côté à mobiliser; il applique ses deux mains, l’une sur la face antérieure de la cuisse, l’autre sur la face antérieure de la jambe. Le mouvement consiste à faire rouler le membre vers le dehors pour la rotation latérale et vers le dedans pour la rotation médiale. Une prise bi-manuelle sur le grand trochanter peut être utilisée.

Mobilisation en glissement inférieur de la tête fémorale

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Elle a pour inconvénient d’interposer le genou.

Procédure 

Le patient est en décubitus, la hanche et le genou fléchis, pied sur la hanche du kinésithérapeute. Celui-ci est homolatéral à la hanche à traiter. Une traction en direction latérale est réalisée à l’aide des deux mains croisées, ces derniières entourant la racine de la cuisse du patient. Le praticien peut réaliser un contre-appui face médiale du condyle médial.

Mobilisation par le trochanter en procubitus 

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Elle a pour inconvénient d’interposer le genou. 

Procédure 

Patient en procubitus, genou maintenu fléchi par le kinésithérapeute, placé controlatéralement à la hanche à traiter. Le membre est amené et maintenu en rotation médiale par le pied, le kinésithérapeute à l’aplomb du grand trochanter réalise un appui vertical répété sur sa face postérieure.

Mobilisation en décubitus ventral 

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Procédure 

Le sujet est en décubitus ventral, le genou fléchi. Le thérapeute placé latéralement empaume la cheville et se sert du levier jambier pour réaliser la rotation ; ce mouvement entraîne une élévation du bassin qui doit être bloqué à l’aide de l’autre main en appui pelvien, l’avant-bras étant vertical pour assurer l’appui. Pour le mouvement de rotation latérale, le pied bascule vers le dedans et l’appui pelvien est homolatéral. Pour le mouvement de rotation médiale, c’est l’inverse.

Mobilisation en latérocubitus homolatéral

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Procédure 

Le sujet est en décubitus latéral, la hanche et le genou du côté à mobiliser fléchis ; le membre controlatéral est étendu, le pied reposant par son bord médial sur la table. Le thérapeute, de face, soutient le segment jambier d’une main ; de l’autre, il stabilise le bassin et lui évite de rouler vers l’avant ou vers l’arrière. Le mouvement de rotation latérale consiste à soulever la jambe en tournant autour de l’axe fémoral. La compensation par bascule du bassin est évitée grâce à la tension de la hanche controlatérale dont la position maintient l’abaissement pelvien.

Mobilisation en latérocubitus controlatéral 

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Procédure 

Le membre inférieur infralatéral du patient est sur la table, étendu. Pour réaliser l’adduction passive qui maintient le bassin, un coussin est placé sous le genou et la jambe. Le membre à traiter est en flexion de hanche et de genou. Le poids de la cuisse est porté par le thérapeute grâce à une prise soutenant le genou ; l’autre main du thérapeute, appliquée au niveau jambier, réalise le mouvement. La rotation latérale (le segment jambier pendant dans le vide en débord antérieur de la table) est facilitée ou freinée par la prise jambière. La compensation par bascule latérale du bassin est évitée par la position du sujet sur la table. Pour la rotation médiale, la jambe est soulevée par le coude du membre supérieur distal, la main distale venant reposer sur la face latérale de la cuisse. Le kinésithérapeute peut régler les amplitudes de flexion et abduction pour rechercher les secteurs de plus grande contrainte en rotation.

Étirements musculaires 

Technique myotensive des rotateurs de hanche en latérocubitus 

La position est inspirée des techniques de Mitchell sur le bassin [15].

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Procédure 

Le patient est initialement en procubitus, la tête tournée vers le kinésithérapeute. Le kinésithérapeute doit réaliser le placement du patient.

Le côté à posturer en rotation latérale doit être placé en supralatéral. Le côté à posturer en rotation médiale doit être placé en infralatéral. Le kinésithérapeute fléchi les jambes du sujet, tracte les genoux vers lui tout en repoussant la hanche. 

Le patient se retrouve en procubitus thoracique, le bassin en latérocubitus. Les deux hanches sont ensuite fléchies jusqu’à approximativement l’angle droit, une amplitude plus importante pouvant être nécessaire chez des sujets plus souples.

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Le kinésithérapeute s’assoit sur le bord de la table afin de permettre un appui non douloureux de la face latérale de cuisse infralatérale du patient sur la table par l’interposition de sa cuisse crâniale. Hanches et genoux fléchis à angles droits, les pieds sont amenés en direction du sol. 

Le praticien demande au patient de lever les deux pieds vers le zénith puis de relâcher. La contraction est isométrique contre-résistance manuelle. L’amplitude de rotation maximale est obtenue par l’abaissement des pieds vers le sol. 

La manoeuvre est répétée jusqu’à sensation d’une gêne dans le pli de l’aine, plutôt articulaire, d’une tension postérieure dans la fesse, plutôt musculo-aponévrotique. 

Contre-indications 

La PTH est une contre-indication absolue de la manoeuvre. La prothèse de genou ne l’est pas. 

Étirement du piriforme

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Procédure 

Le kinésithérapeute est controlatéral à la hanche à traiter, qu’il fléchit (hanche et genou). La prise s’effectue sur le condyle fémoral latéral, avec les deux mains croisées. Réaliser une adduction horizontale passive avec poussée en direction de la diaphyse fémorale. 

Gagner en contracté-relâché. Le patient doit ressentir un étirement au niveau de la fesse, dans l’alignement du fémur. La diminution relative de la flexion de hanche permet d’éviter un conflit inguinal douloureux.

Massage-étirement du piriforme par l’un des frères Dalton, dans son ranch

Auto-étirements

Auto-étirement du piriforme sujet assis 

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«Asseyez vous sur le sol, jambe du côté du muscle à étirer en crochet, le pied posé à la face latérale du genou opposé. Tournez vous en direction du côté à étirer, en repoussant du coude le genou plié. Vous devez ressentir un étirement au niveau de la fesse».

Auto-étirement du piriforme en décubitus

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«Couchez-vous sur le dos, jambes en crochet, pieds au sol. Posez la jambe du côté du membre à étirer sur le genou opposé. Attrapez à deux mains la cuisse au dessus de ce genou et fléchissez la hanche de ce côté en vous aidant de la traction des mains. Vous devez ressentir une tension à la face latérale de la cuisse du membre opposé. Maintenir la flexion de hanche une dizaine de secondes et reposer le pied sur le sol. Réalisez cette manoeuvre plusieurs fois lors de la journée lorsque vous y pensez et que les conditions matérielles s’y prêtent.»

Auto-posture en étirement des rotateurs latéraux, sujet debout

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«Placez-vous face à une table et posez la jambe et si possible le pied du côté à étirer couchés sur la table. Penchez vous en avant en vous couchant sur cette jambe et maintenir la position. Vous devez ressentir une tension forte dans la fesse lors de l’étirement de ce muscle.».

A noter 

La position paradoxale en rotation latérale pour étirer le piriforme s’explique par le fait que dans cette position, l’origine de ce muscle le place dans une position de rotateur médial.

Cet auto-étirement n’est pas réalisable par tous. Moi, j’y arrive en cassant un os.


Bien pauvres références bibliographiques 

[15] Mitchell Jr F. The muscle energy manual. The Pelvis. Volume three. MET Press. 2005

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