Pour mieux étirer les ischios, tremper la main dans de l’eau glacée


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L’effet de l’étirement sur l’amplitude articulaire est bien documenté et est principalement lié aux modifications de la tolérance à l’étirement, mais les mécanismes sous-jacents à ce changement sont encore largement inconnus. 

Le but de cette étude était d’étudier l’influence d’un stimulus distant et douloureux sur la tolérance à l’étirement. 

Méthodes 

Trente-quatre sujets masculins en bonne santé ont été recrutés et assignés au hasard à un groupe de douleur expérimental (n = 17) ou à un groupe contrôle (n = 17). 

L’extension passive du genou, l’amplitude de mouvement, l’activité des muscles ischio-jambiers et le couple de résistance passif ont été mesurés sur les sujets en position assise, ficelés comme des rôtis sur un appareil d’isocinétisme (Biodex). L’appareil mobilisait passivement le genou à la vitesse de 5°/s jusqu’à ce que le sujet déclare la douleur d’étirement insupportable.

Trois mesures consécutives ont été effectuées avec un intervalle de 5 minutes. Un protocole d’étirement statique a été utilisé dans les deux groupes pour examiner l’effet de l’étirement et les différences de tolérance à l’étirement entre les groupes. 

Après cela, les sujets du groupe expérimental ont trempé leur main ouverte jusqu’au poignet dans de l’eau froide (entre 1 et -4°C), l’y laissant pendant 2 minutes. a effectué un test de pression à froid qui est connu pour engager le système inhibiteur de la douleur endogène, après quoi les mesures ont été répétées. 

Résultats 

Une augmentation significative de l’amplitude de mouvement d’extension du genou a été observée dans le groupe de la douleur par rapport aux témoins (ANCOVA: p <0,05). 

Aucune différence n’a été trouvée dans l’activité musculaire ou le couple de résistance passive entre les groupes (ANCOVA p> 0,091). 

Conclusions 

L’extension passive du genou suite à l’étirement augmente après un stimulus douloureux et distant, potentiellement en liaison avec les systèmes endogènes inhibiteurs de la douleur. 

Les résultats indiquent un lien entre une tolérance accrue à l’étirement et une inhibition de la douleur endogène. 

Implications 

Les résultats actuels peuvent avoir des implications pour la pratique clinique car ils indiquent qu’un stimulus douloureux distant peut influer sur l’amplitude des mouvements chez les individus en bonne santé. On va enfin pouvoir les cogner avec un argument thérapeutique.


Références bibliographiques 

s18778879Støve MP, Hirata RP, Palsson TS. Muscle stretching – the potential role of endogenous pain inhibitory modulation on stretch tolerance. Scand J Pain. 2019 Apr 24;19(2):415-422. doi: 10.1515/sjpain-2018-0334.

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