Le Hare Traction Splint : une traction instrumentale continue coxo-fémorale

Traction instrumentale de hanche

Le Hare Traction Splint est un arceau permettant la mise sous traction d’un fémur fracturé. Le membre est tracté entre un appui ischiatique et une prise sus-malléolaire.

Une étude américaine a cherché à savoir si l’on pouvait l’utiliser aussi pour mieux dégager l’interligne articulaire coxo-fémoral lors d’imageries médicales.

93 sujets ont été examinés au scanner (104 épreuves). 68 présentaient une dysplasie de hanche, 11 avaient bénéficié d’une ostéotomie péri-acétabulaire, 25 avait une anatomie de hanche considérée comme normale.
15 à 25 ml de produit de contraste et de lidocaïne ont été injectés dans leurs coxo-fémorales.

Une traction instrumentale à l’aide du Hare Traction Splint a été réalisée lors du scanner. L’association entre la force de traction et la hauteur de l’interligne a été évaluée qualitativement par fluoroscopie. La géométrie du cartilage a été reconstruite à partir des clichés obtenus chez 30 sujets. L’interligne articulaire maximal sous traction a été mesuré.

Résultats :

Sous traction, l’espace intra-articulaire et les limites du cartilage peuvent être clairement définis sur tout le pourtour de l’articulation ; le labrum acétabulaire était également visible.

Une augmentation de l’effort de traction produit un élargissement correspondant de l’interligne articulaire. Avec les tractions imposées lors de l’étude, la largeur maximale de l’espace intra-articulaire joint a varié de 0,98 à 6,7 mm, soit une moyenne de 2,46 ± 1,16 mm.

Pratiquement, quelle force de traction est nécessaire ?

Des études précédentes indiquaient la nécessité de tracter entre 6 et 25 kgs pour obtenir une séparation visible. Une étude utilisait 6 kg, ce qui a été jugé insuffisant par ailleurs.

Dans l’étude présente, la force de traction nécessaire était fonction de l’anatomie sous-jacente. 5 à 6 kg suffisaient pour les hanches laxes et les hanches dysplasiques, 10 à 15 kgs étaient nécessaires pour les hanches normales ou souffrant d’impingement fémoro-acétabulaire.

Pour la réalisation du scanner, des forces importantes pouvaient être appliquées moins de 30 secondes. Une application plus longue induit des relâchements qui peuvent créer des artéfacts radiologiques (mais qui peuvent être recherchés par ailleurs, en thérapie…).
6 à 9 kgs de traction peuvent être utilisés pour des acquisitions d’image longues, 10 kg de traction sont tolérables durant 10 minutes.

Conclusion :

L’utilisation du Hare Traction Splint est une méthode simple, économique, pour augmenter l’interligne articulaire coxo-fémoral ; il permet de faire varier la décompression en fonction de l’intensité de la traction.


Références bibliographiques 

Henak CR, Abraham CL, Peters CL, Sanders RK, Weiss JA, Anderson AE. Computed tomography arthrography with traction in the human hip for three-dimensional reconstruction of cartilage and the acetabular labrum. Clin Radiol. 2014 Oct;69(10):e381-91. doi: 10.1016/j.crad.2014.06.009.

Résumé de l’article disponible en ligne

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