Il faut dire aux cervicalgiques qu’ils ont une IRM de sujets sains


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Cette revue systématique et méta-analyse a comparé les observations des IRM de 2323 sujets indolores avec celles de sujets souffrant d’une cervicalgie non spécifique (n = 715) ou attribuée à un fléau cervical (n = 994).

Résultats 

Au total, 31 études ont été incluses (8 comparant une cervicalgie attribuée à un fléau cervical aux contrôles, 14 comparant la cervicalgie attribuée à un fléau cervical chronique à des groupes contrôles, 12 comparant la cervicalgie chronique non spécifique aux contrôles). Cela correspond à 4032 sujets. 

A part une amyotrophie du rectus capitis remarquée dans deux études par rapport aux sujets témoins, les comparaisons de méta-analyses restantes n’ont montré aucune différence de groupe dans les résultats de l’IRM. La qualité des preuves était généralement faible en raison de la petite taille des échantillons et de la grande hétérogénéité.

Conclusions

Bien sûr, cela ne concerne que les cervicalgies non-spécifiques, soit l’immense majorité d’entre elles. 

Bien dire à votre prescripteur favori que, compte tenu des preuves généralement de faible qualité, il est impossible de tirer à l’heure actuelle des conclusions définitives sur la présence d’anomalies à l’IRM chez les personnes souffrant de cervicalgie attribuée à un fléau cervical ou non, par rapport aux témoins sans douleur. Et donc, il faut qu’il arrête de raconter des fadaises à toutes les cervicalgies attribuées à un fléau cervical qui passent dans son cabinet, parce que nous, derrière, on rame.

Commentaire privé

Je connais quelqu’un qui passe des heures et des heures à mesurer les infiltrations graisseuses des petits muscles profonds du cou. Faut pas qu’il s’arrête malgré la chaleur, mais ça ne doit pas être facile : les muscles sont petits et même pour les sections, il semble difficile de faire des mesures précises. Les auteurs :

  • Doutent quant à une section plus petite des multifides,
  • Considèrent que les ligaments alaires sont identiques dans la cervicalgie attribuée à un fléau cervical et chez un sujet sain, et
  • Ne se prononcent pas quant à l’infiltration des muscles profonds parce que seules quatre études (Elliott 2006, 2014, Karlsson 2016, Abbott 2015) se sont penchées sur le sujet, avec des méthodes différentes, ce qui ne permet pas de mettre en commun les observations.

Courage…


Références bibliographiques 

jmri.v49.6.coverFarrell SF, Smith AD, Hancock MJ, Webb AL, Sterling M. Cervical spine findings on MRI in people with neck pain compared with pain-free controls: A systematic review and meta-analysis. J Magn Reson Imaging. 2019 Jun;49(6):1638-1654. doi: 10.1002/jmri.26567.

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