Avant, voire aussi après vous être fait opérer du sciatique, allez voir le kiné pour qu’il vous explique la neuro-physiologie de la douleur


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Avant. Photo de Pixabay sur Pexels.com

Environ 20% des patients opérés d’une radiculopathie lombaire développent une douleur chronique après l’opération, ce qui entraîne un fardeau socio-économique élevé.

Les interventions péri-opératoires actuelles, notamment l’éducation et la réadaptation, ne permettent pas toujours de prévenir efficacement la douleur et l’invalidité post-opératoires prolongées ou chroniques.

Les auteurs de l’article proposent un changement dans les interventions éducatives d’un modèle biomédical vers une approche bio-psycho-sociale.

L’enseignement des neurosciences de la douleur (PNE) vise à diminuer la valeur de menace de la douleur en la reconceptualisant et en augmentant les connaissances de celle-ci auprès du patient.

Ce document fournit une perspective clinique pour l’ajout de l’information sur la neuro-physiologie de la douleur en péri-opératoire, spécifiquement développé dans le cadre de la radiculopathie lombaire opérable.

De quoi il retourne ?

Les auteurs proposent deux séances d’une heure, avant et après chirurgie, implémentée d’un document fourni au patient et basé sur les travaux des auteurs habituels (Moseley & Butler, Nijs, Louw, …)

Elles sont la plupart du temps réalisées par des kinés.

Je supposais qu’elles étaient basées sur ce que l’on doit tous raconter peu ou prou aux patients, à savoir qu’il existe une hypersensibilité neurale auto-entretenue par une facilitation centrale.

Je suppose que plus aucun d’entre nous n’évoque aujourd’hui d’histoire de nerfs coincé, comprimé, étiré, déplacé, … ? Perso quand ça m’échappe, je me fouette le dos 50 fois à l’aide d’une élingue de pouliethérapie lestée par des haltères de 500 grammes, mais je suis un être faible.

Apparemment, les auteurs évoquent encore ces notions anatomiques et anatomo-pathologiques auprès du patient. Ca ne doit pas être facile de retomber sur ses pattes après…

Le concept-clé est de diminuer l’anxiété des patients, ce qui est un véritable challenge puisque les kinés n’ont pas encore le droit de proposer du cannabis thérapeutique à leurs patients en thérapie de groupe (dire qu’on paie si cher une cotisation à l’Ordre qui ne se polarise que sur les anti-nicotiniques et les aiguilles qui prétendent faire du bien alors qu’il n’y a rien dedans…).

Least but not last, les patients peuvent poser des questions sur leur état et non uniquement sur les dépassements d’honoraires du chirurgien, de l’anesthésiste, de la panseuse et du type qui amène le journal dans la chambre.

La première séance, en individuel, doit se faire la première semaine. 14 jours plus tôt il aura oublié, la veille, ça va le faire flipper.

Elle peut se faire au domicile du patient et comporte l’accord final ou non du patient de se faire opérer.

La seconde est aussi en individuel. Elle vient renforcer le message.

La documentation fournie peut être complétée voire remplacée par l’exxxxcellent site Retrain Pain, of course.

Pour les patients « qui coincent », le kiné peut se faire aider par un psychologue.

L’usage des opioïdes est de plus en plus fréquent dans les hypersensibilités neurales. Ce point doit être abordé au cours de la séance le cas échéant (noter que Retrain Pain possède un module consacré à ce problème).

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Après. Photo de Pixabay sur Pexels.com
Commentaire

Excellente idée ces deux heures consacrées à la neuro-physiologie de la douleur ! D’autant qu’un kiné performant devrait pouvoir dissuader le patient de se faire opérer, s’il n’a pas d’actions dans la clinique et qu’il ne fait pas partie du même team de golf que le chirurgien 🙂


Références bibliographiques

m_coverGoudman L, Huysmans E, Ickmans K, Nijs J, Moens M, Putman K, Buyl R, Louw A, Logghe T, Coppieters I. A Modern Pain Neuroscience Approach in Patients Undergoing Surgery for Lumbar Radiculopathy: A Clinical Perspective. Phys Ther. 2019 Jul 1;99(7):933-945. doi: 10.1093/ptj/pzz053.

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