Faire bouger la tête de la fibula ? Pourquoi ?


Oldies but goldies, quelques notes passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Je profite de l’été pour ce retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Samedi 22 Décembre 2012

Vous mobilisez peut être consciencieusement la «tête du péroné» à chaque fois que vous devez gagner en flexion dorsale de cheville. C’est mieux que si on ne le fait pas ? 

Vous avez peut être appris que la fibula, comme la clavicule, le cuboïde, est un os-clé, quasiment un os magique qui permet de guérir à distance (mais sur le même patient et en le touchant quand même). Vous y croyez ? 

Je me souviens avoir assisté à une dissection réalisée par Michel Dufour sur un membre inférieur de cadavre «frais». Nous nous étions posé la question de la mobilité fibulaire en ascention lors de la flexion dorsale de cheville. Or, ce cadavre écorché, le nez sur le genou, une flexion dorsale forcée ne permettait pas de voir ce mouvement. Ne parlons donc pas du sens de rotation ou du baillement. 

L’un d’entre nous à eu l’idée de poser l’index sur le sommet de la fibula et nous sommes tombés d’accord sur le fait que la fibula s’élevait bien, mais de façon infra-millimétrique (étonnant ce que l’on peut sentir sous les doigts !)

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Radiographie de profil d’une articulation tibio-fibulaire supérieure

Toujours est-t’il que, pour des conformations anatomiques comme celle ci-contre, il ne faut pas espérer autre chose qu’une impaction…

Il n’y a aucune preuve formelle qu’une tête fibulaire puisse être sub-luxée vers l’avant ou l’arrière, ou simplement limitée dans un sens particulier. 

Une recherche dans Medline «tibiofibular AND manual therapy» ne ramène aucune occurrence concernant les mobilisations de la «tête du péroné», juste quelques article de Manual Therapy sur l’utilité de la mobilisation de la tibio-fibulaire INFÉRIEURE dans les entorses de cheville. C’est donc pas là que nous allons trouver des pistes… 

Bien sûr, elle bouge, mais… 

Il faut impérativement respecter une direction antéro-externe à postéro-interne pour ressentir la mobilité. Elle ne se fait pas dans un plan sagittal strict. 

Classiquement, en mobilisation passive : 

Le patient est en décubitus, jambe en crochet. Le praticien est homolatéral à la région à traiter, assis sur la table, face au patient. Passant la main sous le genou du patient, il vient contacter la tête fibulaire par une prise tri-digitale et, limitant le glissement du tibia de l’autre main, effectue des mouvements de glissement antéro-latéral et postéro-médial de la tibio-fibulaire supérieure. 

Il faut veiller à la douceur de la prise : la région est naturellement douloureuse, le nerf fibulaire (SPE des vieux) contourne le col fibulaire. 

Penser : 

  • À interposer le matelas du gatrocnémien latéral pour un appui postérieur confortable
  • À tester avec la pulpe du pouce de la main libre les mouvements de la partie antérieure de l’articulation.

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D’autres positions de test : 

Une autre façon de ressentir le mouvement de la fibula en décharge et en charge est illustrée par cette vidéo (oubliez l’application bizarroïde de pommade sur la tête fibulaire avec un instrument métallique…) 

Un florilège de techniques 

Un thrust anti-physiologique, à l’indienne, susceptible de faire craquer l’articulation, bien classique, dit pour un péroné postérieur. Limite soins vétérinaires. 

Une autre façon, plus douce, dans laquelle on retrouve la nécessité de respecter le plan de l’articulation, mais avec toujours la tentation de «remettre en place» cette foutue tête postérieure. 

Notre professeur favori, dans la même «lésion» un modèle de diction didactique, anciennement organiste des Sparks, et tellement british…un must. Il thruste le tibia en rotation médiale, lui. 

Un désencastreur de fibula, sans commentaire sur le recentrage des muscles, mais peut être que rien ne vaut une bonne claque au bon endroit ? 

Un thrust par un physiothérapeute optim(iste ?) en latéro-cubitus, a essayer… 

Le même, thrustant sujet en décubitus, mais la jambe en rotation latérale… 

Une auto-mobilisation par un adepte du trail qui s’imagine que ce foutu tractus ilio-tibial le faisant souffrir dès le 50° km s’insère sur la fibula. 

Par un comique, une technique myo-tensive nébuleuse, et pas uniquement à cause de l’accent… 

Donc, il est possible d’apprécier sa mobilité, et de la mobiliser, voir d’y provoquer un craquement articulaire. Mais dans quel but ?

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