Kiné en maison de retraite : que font les autres pays ?


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Photo de Matthias Zomer sur Pexels.com

Cette revue systématique en accès libre  a fait le point sur le sujet. 

Recours aux soins d’un kinésithérapeute

La proportion moyenne de clients ayant eu recours aux services de physiothérapie dans les maisons de retraite variait d’un pays à l’autre, allant de 10% au Royaume-Uni à 67% aux Pays-Bas. 

La majorité des études ont révélé que moins de 25% des patients utilisaient les services d’un physiothérapeute. 

Le pourcentage d’EHPAD utilisant des services de physiothérapie est de 44% aux États-Unis, de 76% au Royaume-Uni et de 99% aux Pays-Bas.

Durée et fréquence de la prise en charge en physiothérapie

Trois études ont rapporté le nombre de minutes par semaine où les clients utilisaient les services d’un kinésithérapeute. Aux États-Unis et aux Pays-Bas, le temps moyen hebdomadaire va de 40 (± 81) à 80 (± 134) minutes. 

Selon une étude canadienne, la fréquence et la durée d’utilisation des services de physiothérapie dans ce pays est de l’ordre de 45 minutes sur trois jours ou 150 minutes sur cinq jours. Elle a révélé que 2 à 7% des clients avaient utilisé des services de physiothérapie plus de 45 minutes trois jours par semaine et moins de 1% avaient utilisé plus de 150 minutes de services de physiothérapie cinq jours par semaine.

Type de physiothérapie 

Les physiothérapeutes australiens évoquent du temps passé à traiter les phénomènes douloureux (46%), les autres autres problèmes (25%) ou à s’atteler à des tâches administratives et rédactionnelles (27%). 

Soixante et onze pour cent des physiothérapeutes de l’Arizona déclarent passer habituellement du temps à combattre les conséquences cutanées de l’immobilisation.

Les modalités de traitement les plus courantes sont les bains bouillonnants, les ultrasons, l’électrothérapie, la vacuothérapie.

Qui paie ?

Au Royaume-Uni (à l’exception de l’Irlande du Nord), les services de physiothérapie réguliers sont plus souvent financés par le secteur privé (18%) que par le National Health Service (7%). 

75% des patients bénéficient de physiothérapie prescrite par un médecin généraliste. 41% des maisons de retraite examinées dans l’étude menée dans la région du sud-est de l’Angleterre utilisaient uniquement des physiothérapeutes du NHS, 22% utilisaient uniquement des physiothérapeutes privés, 12% utilisaient les deux et 24% n’en utilisaient pas.

Les facteurs liés à l’utilisation de la physiothérapie 

Plusieurs dizaine de facteurs sont recensés. Dans plus d’une étude, seuls quatre facteurs (sexe, importance de l’EHPAD, durée du séjour depuis l’admission, lieu géographique) ont été pris en compte. 

Un recours accru aux services de physiothérapie est associé avec une admission en réadaptation, une PTH, les besoins en soins combinés (somatiques et psycho-gériatriques), et principalement à une perte de mobilité et d’autonomie. 

Formes d’utilisations

Parmi les pays étudiés, ce sont les Pays-Bas qui ont le plus recours aux kinésithérapeutes. Et, contrairement à de nombreux autres pays, les EHPAD néerlandais ne sont pas forcément le dernier lieu de vie des patients, puisque 44% d’entre eux rentrent à domicile. 

L’augmentation du recours aux services de physiothérapie peut s’expliquer par le choix sociétal d’un apport des services paramédicaux considéré comme essentiel. Aux Pays-Bas, le financement n’est pas un obstacle, puisque toutes les dépenses des patients en EHPAD sont prises en charge quelles que soient leurs ressources financières personnelles.

Aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, au Danemark, en Islande, en Italie et au Japon, le recours aux services de physiothérapie est faible, en moyenne (12% des patients) dans les 60% d’EHPAD ayant recours aux services de physiothérapie. 

Certains établissements au Canada, au Royaume-Uni, au Danemark, en Italie et au Japon n’ont jamais recours aux services de physiothérapie. 

Alors que les maisons de retraite aux Pays-Bas emploient des médecins spécialement formés (un médecin à temps plein pour 100 lits), le nombre de médecins généralistes et le niveau de fréquentation varient considérablement dans d’autres pays, ce qui peut entraîner une réduction du nombre de prescriptions à des services externes tels que la physiothérapie. 

La faible utilisation des services de physiothérapie dans certains pays laisse penser que de nombreux patients pourraient ne pas bénéficier de soins utiles, ce qui entraînerait de moins bons résultats pour la santé. 

Les directives européennes recommandent un programme d’exercices multimodal personnalisé au moins deux fois par semaine, d’une durée de 35 à 45 minutes par séance, pour chaque adulte âgé vivant dans une maison de retraite et n’ayant pas de contre-indications à l’exercice. 

Cette revue systématique ne permet pas de savoir si les services de physiothérapie respectent ces recommandations (ou des recommandations similaires), ni si les services de physiothérapie utilisés sont cliniquement efficaces.

Seules deux études permettent de mieux comprendre le type de pratiques. Une étude australienne a fourni de très larges catégories (par exemple, gestion de la douleur, gestion des troubles autres et temps rédactionnel administratif), tandis qu’une étude américaine a rapporté des modalités spécifiques de prise en charge aux ulcères de pression. 

Dans l’étude australienne, l’accent est mis sur les prises en charge de la douleur, et cela se traduit par des pratiques basées sur le massage et l’électrothérapie, malgré le fait que ces stratégies ne soient pas approuvées par les recommandations actuelles fondées sur des preuves.

L’étude américaine s’est concentrée sur la gestion des ulcères de pression, qui est un service principalement pratiqué par des physiothérapeutes aux États-Unis. 

Parmi les rares études qui ont pris en compte la durée des services de physiothérapie dans les maisons de retraite, la durée hebdomadaire était inférieure à celle recommandée par les guides cliniques.

Commentaire 

Etonnamment, les soins passifs semblent plus fréquents que les exercices actifs dans les autres pays. La rééducation à la marche, une spécialité française ? Ou alors, elle est assurée par des aides-physios, le physio se réservant les tâches nobles, comme poser les électrodes avec une précision chirurgicale, tourner le bouton et aller remplir les scores sur l’ordinateur du service ?


Références bibliographiques 

Sans titreBrett L, Noblet T, Jorgensen M, Georgiou A. The use of physiotherapy in nursing homes internationally: A systematic review. PLoS One. 2019 Jul 11;14(7):e0219488. doi: 10.1371/journal.pone.0219488.

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