Tractions cervicales


Jugée utile pour diminuer les douleurs lorsqu’un rétrécissement du trou de conjugaison entraîne une compression radiculaire, pour diminuer la pression exercée sur les capsules des articulaires postérieures, la traction cervicale a fait l’objet d’un consensus professionnel [1], mais des méta-analyses anciennes ne se prononçaient cependant pas clairement en faveur ou en défaveur de cette prise en charge, manuelle ou instrumentale, du fait de nombreux biais méthodologiques [48, 33] 

Les tractions peuvent être manuelles ou mécaniques.

Validité 

BoussoleL’intensité de la traction nécessaire pour observer un effet physique serait de l’ordre de 12 kgs [10], une traction de l’ordre de 5 kg n’ayant pas d’effet significatif sur l’espace intervertébral [26]. 

Elle n’altèrerait pas le flux artériel vertébral de sujets sains, avec ou sans rotation [44].

Traction manuelle du rachis cervical inférieur 

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Position des mains pour une traction cervicale

Procédure 

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Patient en décubitus la tête sur la table, kinésithérapeute assis en bout de table. Les mains ouvertes, paumes vers le haut, sont placées l’une sur l’autre, sous le cou du patient. Installer les mains confortablement afin de pouvoir réaliser longtemps la manœuvre. Tracter doucement en direction crâniale et maintenir la traction. Le relâchement se manifeste par une décompression unilatérale, alternée, à l’image d’un tiroir coincé qui s’ouvre grâce à des mouvements latéraux. 

Remarques

  • La région cervicale doit être d’un abord précautionneux et doux ; les patients ne confient pas facilement cette région à un thérapeute, même en l’absence de douleur.
  • Glisser un coussin sous les genoux du patient afin de ne pas entraîner d’inconfort lombaire.
  • Ne pas hésiter à recouvrir le buste de la patiente d’un pull, afin de préserver sa pudeur et d’éviter une sensation de refroidissement, fréquente lors de ce type de traitement. Laisser la tête du patient sur la table vous permettra d’interrompre la séance (téléphone) en conservant le relâchement obtenu.

Variante 

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À la serviette.

Traction manuelle du rachis cervical supérieur 

Procédure 

Patient en décubitus, le kinésithérapeute assis en bout de table, soutient la tête du patient, paumes des mains vers le haut, les doigts en flexion métacarpienne et en extension des IPP et IPD en contact avec la zone sous-occipitale. La force correctrice est constituée par le poids de la tête du patient qui vient reposer doucement dans les paumes du praticien au fur et à mesure du relâchement. Lorsque la tête repose dans les paumes du kinésithérapeute, tracter doucement en direction crâniale.

Tractions intermittentes instrumentales cervicales 

Procédure 

Les tractions sont appliquées à l’aide d’un Saunders 3D ActiveTrac ® ou d’une table Chattanooga Triton (DJO ®). Le patient est en décubitus. La traction à la tête du patient, se fait selon un angle de 15° de flexion, pouvant être modifié en fonction du confort du patient.  

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Saunders 3D ActiveTrac ®

Des tractions intermittentes de 60 secondes sont entrecoupées de 20 secondes de relaxation. 

  • Une force initiale de 5,5 kg est imposée, ajustée en fonction de la tolérance du patient et de la réponse des symptômes douloureux. 
  • La centralisation et la réduction maximales des symptômes sont recherchées. 
  • La force imposée lors de la phase de relaxation est de 50% de la force de traction. 
  • Chaque séance de traction dure 15 minutes, le patient restant au repos 2 minutes en décubitus après la séance. Elle peut être réalisée avant ou après les exercices. 

Posologie 

10 séances réparties sur 4 semaines de traitement, à raison de 3 séances par semaine les premiers 15 jours, 2 séances par semaine les 15 derniers jours. Chaque séance dure au total 30 à 45 minutes.   

Valeurs 

BoussoleSur des patients d’âge moyen, l’ajout de tractions cervicales instrumentales permet à 6 mois une différence de 13 IC95% [6 – 21] points au Neck Disability Index comparativement à un traitement par exercices isolés (renforcement isométrique des extenseurs, fléchisseurs du cou, muscles scapulaires). Elle reste significative à 12 mois  [16]. 

Auto-traction cervicale à domicile 

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Chattanooga Overdoor Traction Device ®

Procédure 

Le patient, chez lui, dispose le Chattanooga Overdoor Traction Device (DJO, LLC) au faît d’une porte. Il est assis immédiatement en dessous du dispositif. Une traction initiale de 3 à 5 kg est appliquée. En fonction de la tolérance et de l’absence de douleurs ressenties par le patient, elle est augmentée jusqu’à un maximum de 9 kg (maximum de litres d’eau que supporte le dispositif).

Posologie 

15 minutes par jour quotidiennement, sur un mois. Le patient reste assis 2 minutes après traitement. 

Valeurs 

BoussoleL’ajout de tractions à domicile permet à 6 mois une différence de 8 IC95% [1 ; 15] points au Neck Disability Index comparativement à un traitement par exercices isolés (renforcement isométriques des extenseurs, fléchisseurs du cou, muscles scapulaires) [16]. 


Références bibliographiques 

[1] ANAES / Service des recommandations professionnelles. Masso-kinésithérapie dans les cervicalgies communes et dans le cadre du « coup du lapin ». Mai 2003

[10] Cocton S. Le Roux P. Evaluation des effets des tractions sur le rachis cervical. Annales de Kinésithérapie tome 23 n°6 p 281-6 1996

[16] Fritz JM et al. Exercise only, exercise with mechanical traction, or exercise with over-door traction for patients with cervical radiculopathy, with or without consideration of status on a previously described subgrouping rule: a randomized clinical trial. J Orthop Sports Phys Ther. 2014 Feb;44(2):45-57

[26] Le Roux P, Dupas B. Evaluation radiologique des effets des tractions cervicales de faible intensité. Annales de Kinésithérapie tome 23 n°7 p 305-9 1996

[33] Philadelphia panel evidence-based clinical practice guidelines on selected rehabilitation interventions for neck pain. Physical therapy. Vol 81. N° 10. 2001

[48] Van der Heijden GJMG et al.The efficacy of traction for back and neck pain: a systematic, blinded review of randomized clinical trial methods. Phys Ther. 1995;75:93-104