Mise en évidence d’une lombalgie dans le plan sagittal, sujet debout


Une proposition d’une fiabilité modérée à bonne pour déterminer le schéma «lésionnel» de vos patients

Benjamin Hidalgo était l’un des orateurs des derniers JFK. Dans cet article récent [1], il propose un examen apparemment rigoureux en comparant l’examen d’un novice avec celui d’un professionnel accompli.

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Recherche d’une douleur lombale en position debout

En flexion : 

Le patient debout est invité à réaliser un maximum de dix flexions antérieures, en gardant les genoux en extension. Si aucune douleur ne survient, il est invité a maintenir la position de flexion une dizaine de secondes ou jusqu’à ce que la douleur survienne. Si aucune douleur ne survient, le kinésithérapeute majore la flexion lombale par un appui bi-manuel. 

En extension : 

Les mêmes procédures sont réalisées en extension. 

Lors de mouvements combinés : 

En l’absence de douleur dans le plan sagittal strict, des mouvements combinés sont induits, avec l’ajout d’une composante d’inclinaison latérale : flexion avec inclinaison latérale G, flexion avec inclinaison latérale D, extension avec inclinaison latérale G, extension avec inclinaison latérale D. 

Valeurs retrouvées : 

A la fin de l’examen, le praticien détermine quel est le mouvement entrainant le plus de douleur. Un syndrome en flexion signifie que la douleur survient lors du mouvement de flexion. 

Moins de 10% des sujets sains présentent une douleur en extension, aucun ne présente de douleur en flexion. 60% des sujets lombalgiques présentent une douleur en extension, 20 % ont une douleur en flexion. 

BoussoleFiabilité inter-opérateurs : 

Elle apparaît modérée à bonne, avec un kappa entre 0.63 et 0.74 pour déterminer un schéma de flexion ou d’extension, respectivement.

Recherche d’une douleur lombale segmentaire en procubitus

Procédure : 

Trois positions de procubitus sont testées : un procubitus strict, un procubitus en extension (patient en appui sur les coudes), un procubitus en flexion relative, un gros coussin étant glissé sous le ventre du patient. 

Sur chaque étage vertébral lombaire, des pressions postéro-antérieures sont réalisées, sur l’épineuse, sur chaque articulaire postérieure, ainsi que sur les côtés D & G de l’épineuse, à une intensité correspondant à un grade III / IV de Maitland. Le patient est interrogé sur la présence ou non d’une douleur lors du mouvement. Il n’y a pas d’appréciation concernant un défaut de mobilité ou une hypermobilité. 

Valeurs retrouvées : 

Les vertèbres lombaires inférieures sont plus fréquemment douloureuses que les supérieures. 

Fiabilité en inter-opérateurs : 

BoussoleElle apparait modérée sur les sujets lombalgiques, bonne sur les sujets sains. 

A noter que les auteurs utilisent à la fois le coefficient de kappa et le PABAK (prevalence-adjusted bias-adjusted kappa) pour mesurer la concordance entre les examinateurs et que ces deux valeurs sont loin d’être identiques ; ainsi, un kappa à 0,21 (à peine mieux qu’en tirant à pile ou face) correspond à un PABAK à 0,76 (presque excellent). 

Ces discordances sont remarquables dans la population de sujets sains et s’estompent chez les lombalgiques, qui sont plutôt les gens que nous soignons habituellement, donc ces différences sont peut être marginales. Quelqu’un a un avis ? Un article [2] semble évoquer le sujet.

Déterminer le schéma lésionnel en flexion ou extension

Le praticien, à la suite de ces examens, doit pouvoir déterminer si le patient est lombalgique ou non selon trois conditions : 

1°- Il existe un mouvement actif en charge douloureux (+ : flexion ou extension / – : pas de mouvement douloureux) 

2°- Il existe au moins deux étages vertébraux adjacents douloureux lors des tests de mobilisation passive en procubitus (0 ou 1) 

3°- Les étages douloureux se retrouvent lors de mobilisations passives appliquées sur une région lombale placée dans le même mouvement retrouvé douloureux en charge (+ : concordance / – : discordance) 

BoussoleValidité : 

La sensibilité et la spécificité de cette batterie de tests pour différentier un sujet lombalgique d’un sujet sain est respectivement de 0.87 à 0.82 pour un praticien expérimenté et de 0.67 à 0.85 pour un novice. 


Oldies but goldies, quelques études passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le  le Jeudi 19 Février 2015


Références bibliographiques : 

[1] Benjamin Hidalgo, Toby Hall, Henri Nielens, Christine Detrembleur. Intertester Agreement and Validity of Identifying Lumbar Pain Provocative Movement Patterns Using Active and Passive Accessory Movement Tests. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, Volume 37, Issue 2, February 2014, Pages 105-115 

Résumé de l’article disponible en ligne 

[2] Chen G et al. Measuring agreement of administrative data with chart data using prevalence unadjusted and adjusted kappa. BMC Medical Research Methodology 2009, 9:5 

Article disponible en ligne

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