Prise en charge bio-psycho-sociale de la lombalgie subaiguë 


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Le but de cette étude était de comparer la pratique clinique habituelle avec l’efficacité d’une intervention multidisciplinaire biopsychosociale pour réduire le handicap, la gravité de la douleur et améliorer la qualité de vie dans une population active de patients atteints de lombalgie subaiguë (entre 2 & 12 semaines), non spécifique.

Méthodes 

Il s’agissait d’une étude contrôlée randomisée multicentrique (39 centres de soins de santé primaires de Barcelone), avec des patients âgés de 18 à 65 ans (n ​​= 501, dont 239 dans le groupe témoin et 262 dans le groupe expérimental). 

Le groupe témoin a reçu les soins cliniques habituels. 

Le groupe d’intervention a reçu les soins cliniques habituels ainsi qu’une intervention multidisciplinaire biopsychosociale (médecin ou infirmière, physiothérapeute et psychologue), qui comprenait de la physiothérapie, une thérapie cognitivo-comportementale et des médicaments. 

Indicateurs 

Les principaux résultats ont été les modifications du Roland Morris Disability Questionnaire (RMDQ) pour des différences minimales cliniquement importantes. 

Les résultats secondaires étaient des changements dans les questionnaires de McGill sur la douleur (MGPQ) et la qualité de vie (SF-12). 

L’évaluation a été réalisée au départ, 3 et 12 mois. 

L’analyse a été effectuée en intention de traiter et l’évaluateur était en aveugle des groupes.

Procédures 

Un tableau les résume dans l’article. C’est du hands-off dans les deux cas apparemment…

Résultats 

Sur les 501 patients inscrits, 421 (84%) ont fourni des données à 3 mois et 387 (77,2%) à 12 mois. L’âge moyen était de 46,8 ± 11,5 ans et 64,7% étaient des femmes. 

Les deux groupes présentaient une différence minimale cliniquement importante, majorée de façon significative dans le groupe expérimental.

Pour l’indicateur RMDQ, l’amélioration du groupe d’intervention était plus importante que celle du groupe témoin à 3 mois (- 1,33 point, p = 0,005) et à 12 mois (- 1,11 point, p = 0,027). 

Le groupe expérimental a présenté des différences significatives dans le questionnaire de McGill sur la douleur ainsi que l’EVA à 3 mois. Aucune différence statistiquement significative n’a été trouvée dans les domaines physique et mental analysés par le SF-12.

Conclusion des auteurs 

Une intervention biopsychosociale multidisciplinaire dans une population active souffrant d’une lombalgie subaiguë non spécifique a un faible impact positif sur le handicap et sur le niveau de la douleur, principalement à court terme, mais ne permet aucune différence significative sur l’amélioration de la qualité de vie.

Commentaire

Pour le coup, je les trouve très modestes sur les résultats. Peut être simplement parce que la kiné contrôle était franchement old school et que les catalans n’aiment pas toucher les gens, who knows ?

J’attend la battle biopsychosocial versus thérapie manuelle et explication sur la douleur. Dès que je trouve, je vous dis quoi. 


Références bibliographiques 

espagneMas RR, López-Jiménez T, Pujol-Ribera E et al. Effectiveness of a multidisciplinary BIOPSYCHOSOCIAL intervention for non-specific SUBACUTE low back pain in a working population: a cluster randomized clinical trial. BMC Health Serv Res. 2019 Dec 12;19(1):962. doi: 10.1186/s12913-019-4810-x.

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2 commentaires

  1. Il n’y a pas « battle », la TM est très loin derrière…pour avoir un peu potassé le sujet des prises en charge BPS dans le cadre des Education Thérapeutique du Patient, en France c’est…pauvre…j’en étais médusé. Un des problèmes principaux c’est que ça demande une prise en charge assez lourde, donc des moyens, etc…et contrairement au diabète, à l’asthme, etc…, ça ne tue pas, et comme c’est encore difficilement quantifiable en termes de coût, et bien ça bouge peu, sauf dans quelques établissements où certains professionnels se démènent pour utiliser l’ETP.
    Dommage.
    Pour pondérer, on parle ici de lombalgie « subaigüe », mon discours s’applique sans doute mieux à la lombalgie « chronique »…

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  2. Pour moi, la thérapie manuelle n’est pas un médicament, mais de la communication non verbale.

    Or, je n’ai pas vu passer d’études comparant thérapie manuelle + discours informatif sur les neurosciences versus thérapie manuelle isolée et/ou discours isolé sur les lombalgies. Cela a été fait sur les épicondylalgies et c’est plutôt en faveur du cumul des deux pratiques. A suivre !

    https://kinotes.fr/2019/12/06/joindre-la-parole-au-geste-dans-le-traitement-de-lepicondylalgie/

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