
Dans les six premiers mois de la vie, les déformations du crâne qui se manifestent comme un aplatissement uni ou bilatéral de l’occiput sont souvent sujettes à diagnostic différentiel et débats concernant le traitement.
Dans cette revue [Linz 2017], les auteurs résument la compréhension actuelle des facteurs de risque pour cette condition et l’état actuel de l’évaluation diagnostique pertinente et des options de traitement.
Méthodes :
Les recommandations données dans cette revue sélective de la littérature reposent sur les études actuelles et sur les lignes directrices existantes sur la prévention de la mort subite du nourrisson, les recommandations de la Société allemande pour la neurologie pédiatrique (Deutsche Gesellschaft für Neuropädiatrie) et les directives américaines sur le traitement de la plagiocéphalie positionnelle dans la petite enfance.
Résultats :
Les facteurs de risque préalables, au moment et après l’accouchement, peuvent contribuer au développement de déformations postérieures du crâne.
Ces déformations peuvent être diagnostiquées et classées en fonction de leurs caractéristiques cliniques, complétées lors de cas peu évidents par ultrasonographie des sutures crâniennes.
La relation putative entre les déformations postérieures du crâne et le retard de développement est actuellement débattue.
La principale mesure préventive et thérapeutique est l’éducation des parents pour favoriser les bonnes habitudes de positionnement (passage du nourrisson au côté moins favorisé, positionnement propice en cas d’éveil) et la stimulation bénéfique du nourrisson (pour favoriser le placement sur le côté moins favorisé).
Si les amplitudes des mouvements cervicaux sont d’un intérêt limitée, la physiothérapie est cependant une mesure supplémentaire efficace. Dans les cas graves ou réfractaires, un casque amovible destiner à modeler le crâne peut être utile.
Conclusion :
Les parents d’enfants atteints de déformation postale du crâne devraient être informés de manière exhaustive des mesures préventives et thérapeutiques nécessaires. Le traitement devrait être initié tôt et fourni de manière graduelle, selon le degré de gravité du problème.
La préoccupation des parents à l’égard de la déformation ne doit pas permettre de rejeter la recommandation raisonnable d’une position de sommeil en décubitus.
Commentaire :
Une description des altérations retrouvées, de l’évolution naturelle, du pronostic sont utiles pour que nous utilisions une thérapie efficace et peu coûteuse : l’information des parents, qui modifie l’évolution.
Et l’ostéopathie ? Aucune trace. Serait-ce une habitude uniquement hexagonale ?
Et les casques orthopédiques, ça donne quoi ?
La brachycéphalie aurait plusieurs effets délétères potentiels, notamment la malocclusion dentaire, l’apnée du sommeil et une posture anormale. Quel est l’intérêt du casque comme stratégie de traitement ?
Cette étude rétrospective [Choi 2020] a analysé les dossiers de 207 nourrissons âgés de 3 à 14 mois qui ont reçu un traitement par casque et qui ont bien respecté le protocole de traitement.

La gravité de la brachycéphalie (p < 0,001), l’asymétrie (p < 0,001) et l’âge (p < 0,001) sont des facteurs affectant la durée du traitement.
Le traitement par casque pourrait être efficace pour les nourrissons atteints de brachycéphalie modérée à sévère, à condition que le protocole soit bien respecté. En outre, un âge plus précoce au début du traitement et une brachycéphalie moins grave et moins asymétrique réduisent considérablement la durée du traitement.
Références bibliographiques
Hyehoon Choi, Seong Hoon Lim, Joon Sung Kim, Bo Young Hong. Outcome Analysis of the Effects of Helmet Therapy in Infants With Brachycephaly. J Clin Med. 2020 Apr 19;9(4):E1171. doi: 10.3390/jcm9041171.
(article en accès libre)
Linz C, Kunz F, Böhm H, Schweitzer T. Positional Skull Deformities. Dtsch Arztebl Int. 2017 Aug 7;114(31-32):535-542. doi: 10.3238/arztebl.2017.0535.
Le PDF est aussi en allemand pour les lecteurs peu familiarisés avec l’anglais.
