
Selon le résumé de cette étude, les auteurs ont voulu vérifier l’hypothèse que la musique modifierait les impacts du pied au sol lors de la course. Ils l’ont fait en en testant les effets de l’écoute de musique à différentes intensités pendant la course à différentes vitesses.
Méthodes :
Cinquante volontaires en bonne santé, avec un ratio de 22 femmes pour 8 hommes (?) de 23 ± 2 ans ont effectué des relais de 2 minutes dans trois conditions aléatoires (80 dB, 85 dB de musique, « sans musique »), à trois vitesses (8, 10, 12 km/h). Les participants ont couru sur un tapis roulant équipé de capteurs qui ont enregistré la réaction du sol pendant tous les essais.
Résultats :
L’écoute d’une musique de 85 dB a permis d’obtenir un impact plus important à 8 (p = 0,0005) et 10 km/h (p = 0,04) mais pas à 12 km/h (p = 0,35) et pas avec un volume de 80 dB.
Les analyses basées sur le sexe ont révélé des interactions significatives entre la condition × le sexe uniquement pour la musique de 85 dB par rapport à « aucune musique ».
Les comparaisons après correction de Bonferroni ont révélé des augmentations significatives des impacts induites par la musique uniquement chez les hommes à 8 km/h (+ 4,1 kg/cm2, p < 0,0005 ; femmes : + 0,8 kg/cm2, p = 0,47) et à 10 km/h (+ 3,3 kg/cm2, p = 0,004 ; femmes : + 0,8 kg/cm2, p = 0,51) mais pas à 12 km/h.
Conclusion des auteurs :
Chez les hommes actifs, le fait d’écouter de la musique forte en courant entraîne une augmentation des impacts, alors qu’aucun effet n’a été observé chez les femmes.
L’absence d’effet de la musique chez les femmes peut être liée à des facteurs structurels, tels qu’un rapport largeur de hanche/longueur fémorale plus important, ce qui peut entraîner des schémas de charge différents.
Les présentes conclusions préliminaires introduisent l’écoute de musique à haut volume comme nouveau facteur de risque potentiel de blessure chez les jeunes coureurs.
Commentaire
Toujours étonnante cette notion de largeur de bassin arrivant dans la conclusion comme un cheveu sur la soupe… la destinée des femmes serait donc de rester forcément à la maison pour élever des petits hommes sensibles à la musique forte pour pouvoir marcher plus tard aller marcher en rythme ?
Références bibliographiques

Andrea Manca, Lucia Cugusi, Luca Pomidori, Michele Felisatti, Giorgio Altavilla , Eleonora Zocca, Martina Zocca, Francesco Bussu, Zeevi Dvir, Franca Deriu. Listening to Music While Running Alters Ground Reaction Forces: A Study of Acute Exposure to Varying Speed and Loudness Levels in Young Women and Men. Eur J Appl Physiol. 2020 Apr 10. doi: 10.1007/s00421-020-04371-z.
Et pour améliorer la marche après un AVC ?
Les auteurs ont cherché à savoir si la musique à tempo irrégulier (musique arythmique), par sa possible influence sur l’attention, induit une neuromodulation et améliore la marche de ces patients.
L’étude a été menée sur 12 patients ayant subi un AVC et 12 témoins, pendant la marche sur tapis roulant, dans 3 conditions alternées de façon aléatoire : sans musique, avec une mélodie agréable, avec des sons électroniques aléatoires désagréables.
Références bibliographiques

Iseline Peyre, Berthe Hanna-Boutros, Alexandra Lackmy-Vallee, Claire Kemlin, Eléonore Bayen, Pascale Pradat-Diehl, Véronique Marchand-Pauvert. Music Restores Propriospinal Excitation During Stroke Locomotion. Front Syst Neurosci. 2020 Apr 9;14:17. doi: 10.3389/fnsys.2020.00017.
(Article en accès libre)
