Contre-indications & boiteries de hanche


On se place dans le cas de figure désormais de plus en plus habituel d’un patient venant consulter en première intention voir « le kiné », dans l’impossibilité de consulter son médecin traitant… Sans y toucher, dès la salle d’attente, il est possible de se « faire une idée » à propos de ses souffrances.

Contre-indications absolues & relatives

first aid case on wall

Les contre-indications absolues sont traumatiques, septiques, tumorales.

Esquive majeure de l’appui du membre inférieur 

Une impossibilité totale de l’appui sur le membre douloureux nécessite un avis médical et/ou radiologique préalable. C’est une contre-indication absolue. Il faut interroger le patient sur l’existence d’un traumatisme récent.

La luxation d’une prothèse de hanche, une fracture du col entrainent une impotence complète et sortent du cadre clinique usuel. Par contre, un patient soufrant d’un descellement prothétique, de la fracture d’une branche ilio-pubienne peuvent se déplacer pour demander un avis au kinésithérapeute.

L’appui douloureux mais possible doit permettre un examen de la mobilité articulaire en décubitus et une palpation des différentes structures anatomiques.

Les autres articulations du membre inférieur peuvent aussi ne pas supporter l’appui pour des raisons médicales ou traumatiques. Une souffrance sciatique majeure, une fasciite plantaire peuvent être exacerbées chez un patient très sensible.

Schéma capsulo-synovial de hanche 

Une limitation douloureuse dans plusieurs secteurs angulaires ne cadre pas avec une souffrance dégénérative et/ou arthrosique, mais peut se voir lors d’affections médicales de la capsule et/ou de la synoviale, réalisant ce que Troisier, reprenant la terminologie de Cyriax, appelle un schéma capsulo-synovial, avec une limitation essentiellement dans les secteurs de flexion, d’abduction et de rotation médiale [17]. 

Le patient se place volontiers en demi-flexion de hanche, dans une position de moindre contrainte articulaire. Les mouvements passifs comme actifs sont douloureux, sans direction préférentielle. Il présente une esquive d’appui, il pointe du du doigt le milieu du pli de l’aine.

En dehors d’un contexte traumatique, la présence d’un corps étranger, fragment de cartilage intra-articulaire, une arthrite (septique ou poussée rhumatismale), se manifesteront aussi par ces symptômes. C’est l’intensité des symptômes douloureux qui conduira à ré-adresser le patient à son médecin traitant, puisque certains de ces signes peuvent être présents dans une atteinte dégénérative banale.

Une polyarthrite rhumatoïde, une maladie de Paget, sont des contre-indications relatives d’une prise en charge en thérapie manuelle. Elles nécessitent beaucoup de précautions dans les prises et les forces pratiquées par le kinésithérapeute. Leur abord nécessite un avis médical préalable pour tenir compte de l’état général du patient.

L’ostéonécrose aseptique de la tête fémorale se manifeste par une esquive d’appui, une douleur centrée sur la tête fémorale, des mouvements passifs douloureux aussi en décharge, en abduction notamment. Elle est liée à une altération de la vascularisation de la tête fémorale ; une corticothérapie prolongée, l’alcoolisme, une infection à VIH sont fréquemment retrouvés dans les antécédents autres que traumatiques. Un avis médical est nécessaire.

Description de la douleur de hanche par le patient 

Pour le patient, la hanche ne se limite pas à la coxo-fémorale. Lorsqu’il lui est demandé de décrire le trajet de sa douleur : 

  • S’il pointe du doigt le pli de l’aine, la souffrance est vraisemblablement coxo-fémorale, articulaire ou péri-articulaire. 
  • S’il décrit un trajet provenant de la charnière thoraco-lombaire et allant jusqu’au pli de l’aine, il faut envisager une douleur projetée de provenance rachidienne (radiculopathie L2-L3),
  • S’il pointe du doigt le milieu de la fesse, il peut s’agir d’une douleur coxo-fémorale en butée en extension et/ou rotation latérale,
  • S’il décrit un trajet descendant provenant du rachis lombaire bas et irradiant dans la fesse ou dans la cuisse, l’origine lombaire est vraisemblable,
  • S’il pointe du doigt la face latérale du grand trochanter, une déficience ou une souffrance des stabilisateurs latéraux sont envisageables,
  • S’il se tient à deux mains le bas-ventre en unilatéral dans une douleur vive, un avis médical est nécessaire pour une plainte qui peut être d’origine viscérale,
  • S’il place la main à plat sur le trigone fémoral, il faudra vérifier la présence de ganglions lymphatiques, qui ne sont pas palpables ni douloureux chez le sujet sain. 

La présence d’une PTH / une hanche non consolidée

Ce sont des contre-indications relatives, voire absolues pour certaines techniques, les tractions coxo-fémorales évidemment, mais aussi beaucoup de techniques de thérapie manuelle lombaires, qui impliquent de se servir du levier cuisse.

Les boiteries de hanche 

Des étiologies peuvent être supposées dès les premiers pas dans la salle d’attente.

Découvrez la suite de ce contenu dès aujourd’hui en vous abonnant au blog.