Être sûr de soi ou pas ? Le phénomène de l’imposteur chez les étudiants chiropraticiens


neige homme gens femme
Photo de Vicki Yde sur Pexels.com

Pas facile d’être un métier de santé en étant soi-même le principe actif… Autrefois, j’étais super content quand un patient revenait en me disant «je n’ai plus du tout mal depuis votre dernière séance», malheureux comme une pierre quand il affirmait que «c’est toujours pareil comme au début». Aujourd’hui, je m’en fous. Il va mieux, je suis content pour lui, c’est pire, je suis ben désolé. Et quelle tranquillité !

Le phénomène de l’imposteur s’exprime par des sentiments de doute de soi.

Les personnes qui le vivent s’estiment incompétentes et attribuent souvent leurs succès à d’autres facteurs que leur propre capacité à gérer une situation. La formation ne permet pas de dissiper les doutes, mais il a été démontré qu’il existe une corrélation étroite avec les capacités intellectuelles. 

Il a été retrouvé des sentiments d’imposture chez des personnes introverties, anxieuses, ayant besoin de paraître intelligent aux yeux des autres, pouvant éprouver de la honte et vivant dans un contexte familial conflictuel et non favorable.

Le phénomène de l’imposteur (PI) a été décrit à l’origine comme étant le fait de femmes très performantes (NDR : une étude faite par des hommes ?), et plusieurs études ont montré qu’il est plus répandu chez les femmes dans diverses professions, y compris les soins de santé. 

Le sentiment d’être un imposteur conduit à une peur chronique de ne pas pouvoir atteindre ou maintenir le succès dans son domaine d’études, ce qui entraîne un stress, une inquiétude, une anxiété et une dépression supplémentaires. 

La maîtrise des connaissances, le peu de temps consacré aux activités personnelles, la compétition entre pairs et les longues heures de travail contribuent à augmenter les niveaux d’anxiété et de stress. 

La présence du PI chez les étudiants en soins de santé s’est révélée être un prédicteur utile de la détresse psychologique chez les étudiants en médecine, en dentisterie, en soins infirmiers et en pharmacie. Il est également associé à une anxiété et une dépression accrues chez les étudiants de premier cycle et les internes en médecine, ainsi qu’à plusieurs composantes de l’épuisement professionnel chez les étudiants en médecine américains, à savoir l’épuisement, le cynisme, l’épuisement émotionnel et la dépersonnalisation. 

Les étudiantes en soins de santé semblent être plus susceptibles d’expérimenter la PI, puisqu’elle existerait chez près de la moitié des étudiantes en médecine et qu’elle est plus de deux fois plus fréquente chez les étudiantes et internes en médecine que chez leurs homologues masculins. 

Il est suggéré que le fait d’être marié puisse avoir un effet protecteur contre le PI. 

L’objectif de cette recherche était de décrire la prévalence du phénomène d’imposteur chez les étudiants inscrits dans un programme de doctorat en chiropratique et d’évaluer les différences entre hommes et femmes.

Méthodes : 

Enquête anonyme transversale en ligne auprès de tous les étudiants inscrits à un programme de doctorat en chiropratique dans deux campus d’un collège de chiropratique. 

Indicateurs :

Prévalence ponctuelle du phénomène d’imposteur en utilisant le χ2 pour évaluer les différences entre hommes et femmes. 

Évaluation des différences entre les groupes pour 4 autres facteurs démographiques censés influencer le phénomène des imposteurs.

Résultats : 

406 réponses reçues à l’enquête (taux de réponse de 34 %). 

Le phénomène d’imposteur a été signalé par 39 % des étudiants ayant répondu à l’enquête. 

Environ 46 % de toutes les femmes et 32 % de tous les hommes répondaient aux critères du phénomène d’imposteur, et les femmes avaient des taux significativement plus élevés (p = 0,005). 

Les variables suivantes n’étaient pas associées au phénomène d’imposteur : 

  • Année d’inscription des étudiants, 
  • État civil, 
  • Première carrière en chiropratique ou non 
  • Type d’expérience clinique de l’étudiant.

Bien que le PI puisse prévenir les revers associés à une confiance excessive dans le milieu de travail, la littérature actuelle montre qu’il est associé à plusieurs caractéristiques qui contribuent à réduire la réussite professionnelle. 

De nombreux chiropracteurs choisissent d’ouvrir des cabinets privés, ce qui pose des problèmes à la fois commerciaux et cliniques. Et la résilience pour surmonter les revers est essentielle pour la réussite de l’entreprise… 

Conclusion : 

Les résultats montrent que plus d’un tiers des étudiants inscrits dans un programme de doctorat en chiropratique remplissaient les critères du phénomène d’imposteur, et que les femmes étaient nettement plus susceptibles de le vivre. 

Les résultats de cette enquête sont similaires à ceux rapportés dans d’autres établissements d’enseignement médical.


Références bibliographiques 

usaKelly A Kimball, Christopher B Roecker, Katie Hoyt Impostor phenomenon among US chiropractic students. J Chiropr Educ. 2020 Oct 9. doi: 10.7899/JCE-19-10. 

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre. 

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