VR et cervicalgie : une fausse bonne idée


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Photo de Burst sur Pexels.com

Annelies Pool-Goudzwaard & Michel Coppieters ne sont pas des perdreaux de l’année pour les recherches sur les troubles musculo-squelettiques. Leurs conclusions sont sans appel. C’est ballot : juste au moment où Flight Simulator 2020 vient de passer au VR, même pas moyen de déduire honnêtement mon PC d’ultra-gaming et son Oculus.

Contexte : 

Sur la base des théories de l’apprentissage associatif, on suppose que la douleur pourrait être une réponse conditionnée. Chez les personnes souffrant de douleurs musculo-squelettiques, l’apparition d’une douleur induite par un mouvement pourrait être une réponse protectrice, influencée par des indices visuels suggérant que la personne s’approche d’une position douloureuse. 

Cette étude visait à déterminer :

  1. Si l’amplitude de mouvement sans douleur augmentait et diminuait lorsque le feedback visuel sous-estimait ou surestimait la rotation réelle chez les personnes souffrant de douleurs cervicales, 
  2. Si cet effet était plus prononcé si la douleur était chronique.

Méthode : 

Les personnes souffrant de douleurs cervicales non spécifiques subaiguës et chroniques portaient un casque de réalité virtuelle et tournaient leur tête vers la gauche et la droite jusqu’à l’apparition de la douleur. Le retour visuel sur la quantité de mouvement était soit égal, soit inférieur ou supérieur de 20 % à leur rotation réelle. 

L’amplitude maximale sans douleur a été mesurée à l’aide des capteurs du casque VR. Les données ont été analysées à l’aide d’une analyse de variance.

Résultats : 

Il n’y a eu aucun effet de la manipulation de la rétroaction visuelle sur l’amplitude sans douleur (p=0,13) et aucun effet d’interaction entre la condition de rétroaction visuelle et la durée de la douleur (p=0,86).

Bon, après peut être que d’autres facteurs jouent sur l’acceptabilité de la technique si :

  1. Un patient sur trois ressent de la nausée 😀  : «During the VR submersion, the participants experienced no symptoms (51%), mild symptoms but no nausea (7%), severe symptoms but no nausea (10%), mild nausea (31%) or severe nausea (1% 
  2. L’expérience peut être douloureuse : «Another finding in the current experiment was that the reported pain intensity increased slightly during the experiment» 

Discussion : 

L’incapacité à influencer les amplitudes sans douleur en manipulant le feedback visuel chez les personnes souffrant de douleurs cervicales subaiguës ou chroniques ne soutient pas les théories d’apprentissage associatif pour la perception de la douleur cervicale.


Références bibliographiques 

australiehollandebelgiqueMaaike Kragting, Stefan F Schuiling, Lennard Voogt, Annelies L Pool-Goudzwaard, Michel W Coppieters. Using visual feedback manipulation in virtual reality to influence pain-free range of motion in people with non-specific neck pain. Pain Pract. 2020 Nov 30. doi: 10.1111/papr.12971.

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