Imagerie motrice graduelle et douleurs du membre fantôme 


Sans titre

Bon, d’accord, ça fait un peu publi-information, mais franchement, y’avait la kiné avant et il y a la kiné après Butler & Moseley, non ?

Objectif : 

Étudier si l’imagerie motrice graduelle (GMI) est efficace pour réduire la douleur du membre fantôme (PLP pour phantom limb pain) chez les personnes ayant subi une amputation d’un membre.

Conception : 

Une étude contrôlée randomisée en simple aveugle.

Paramétrage : 

Services de physiothérapie ambulatoire dans trois hôpitaux de niveau secondaire au Cap, en Afrique du Sud.

Participants : 

Vingt et un adultes ayant subi une amputation unilatérale d’un membre supérieur ou inférieur et ayant déclaré que leur PLP persistait au-delà de trois mois.

Interventions : 

Un programme de GMI de 6 semaines a été comparé à une physiothérapie de routine. Les résultats de l’étude ont été évalués au départ, à 6 semaines, 3 mois et 6 mois.

Procédure globale :

Avant le début du traitement, le clinicien traitant a brièvement expliqué au participant que la PLP est un état pathologique associé à des changements fonctionnels dans le cerveau. Il a expliqué que la représentation corporelle du membre inférieur est envahie par des zones corporelles adjacentes et que la GMI est une stratégie de traitement qui permet de réduire la PLP par un entraînement du cerveau dans un processus en plusieurs étapes. 

Chaque étape du programme GMI s’est déroulée sur plusieurs semaines, au cours desquelles le participant a reçu un traitement de 30 minutes, puis a continué avec un programme d’exercices structurés à domicile pendant toute la première et la deuxième semaine (rappel au téléphone et tenue d’un agenda par le patient).

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Travail de la latéralité

Les deux premières semaines du programme GMI ont été consacrées à la formation sur les latéralités gauche/droite. Le clinicien a utilisé le logiciel Recognise du NOI pendant les séances de traitement. 

Les participants ont été invités à accomplir ces tâches pendant 10 minutes de 9h00 à 21h00 tous les jours (12 séances par jour). 

Mouvements imaginés 

La deuxième semaine du programme GMI a été consacrée à la formation et aux mouvements imaginés. A partir d’une collection de photos prises sur l’application logicielle Recognise, les participants ont montré une image de leur jambe qui correspondait à celle de leur propre jambe. Ils ont été invités à imaginer un mouvement lent et régulier de leur jambe, de la position dans laquelle ils ont le sentiment d’être, aux positions qu’ils ont prises au cours de leur vie, et à imaginer leur retour à leur position d’origine. 

Les participants ont été explicitement invités à s’imaginer en train de réaliser le mouvement au lieu de s’imaginer que quelqu’un d’autre le réalise. Les tâches liées aux mouvements imaginés ont été répétées, en utilisant trois images pour chaque séance de traitement de 30 minutes. 

Pour le programme d’exercices à domicile, les participants ont reçu trois images imprimées ou trois images sur leur téléphone portable et ont été invités à suivre les instructions de la séance de traitement pendant 10 minutes chaque matin de 9h à 21h tous les jours (12 séances par jour).

Thérapie miroir 

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Les deux dernières semaines du programme GMI y ont été consacrées. Pendant la thérapie par miroir, le membre affecté était caché dans un miroir (300 mm x 300 mm), le membre controlatéral étant confortablement positionné devant le miroir. Pour le programme d’exercice à domicile, les participants ont reçu un miroir et il leur a été conseillé de reproduire les instructions de la séance de traitement à l’aide des mêmes photos pendant 10 minutes par heure, de 9h00 à 21h00 tous les jours (12 séances par jour).

Mesures des résultats : 

L’échelle de gravité de la douleur du Brief Pain Inventory (BPI) a été utilisée comme indicateur principal. 

L’échelle d’interférence de la douleur du BPI et l’EuroQol EQ-5D-5L ont été utilisés pour évaluer les résultats secondaires (interférence de la douleur avec la fonction et la qualité de vie liée à la santé respectivement).

Résultats : 

BoussoleLes participants du groupe expérimental ont connu une amélioration de la douleur significativement plus importante que le groupe de contrôle à 6 semaines et 6 mois. 

De plus, les participants du groupe expérimental ont connu des améliorations significativement plus importantes que le groupe de contrôle en ce qui concerne l’interférence de la douleur à tous les points de suivi. 

Il n’y a pas eu de différence entre les groupes pour l’interférence de la douleur sur la qualité de vie. 

Conclusion : 

Les résultats de la présente étude suggèrent que la GMI est plus efficace que la physiothérapie de routine pour réduire la PLP. 

Compte tenu de la réduction significative de la PLP et de l’interférence de la douleur chez les participants qui ont bénéficié de la GMI et de sa facilité d’application, la GMI pourrait être un traitement viable pour traiter la PLP chez les personnes qui ont subi une amputation d’un membre.


Références bibliographiques 

afriquedusudKatleho Limakatso, Victoria J Madden, Shamila Manie, Romy Parker. The effectiveness of graded motor imagery for reducing phantom limb pain in amputees: a randomised controlled trial. Physiotherapy. 2020 Dec;109:65-74. doi: 10.1016/j.physio.2019.06.009. 

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre. 

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