Rééduquer les multifides et les abdos des astronautes


astronaute sur la planete

Julie Hides poursuit sa quête du multifide en berne dans les lombalgies sur des astronautes.

Contexte général : 

Après un vol spatial, l’atrophie des muscles posturaux, dont les spinaux et abdominaux est établie. Des exercices sont effectués à bord de la Station spatiale internationale (ISS) pendant et après un vol pour remédier à ces effets. 

Objectif : 

Cette étude avait pour but d’examiner les changements de taille et de fonction des muscles multifidus lombaires (MF) et des muscles abdominaux antérolatéraux :

  • En réponse à une exposition à 6 mois de microgravité sur l’ISS et 
  • En réponse à un programme de reconditionnement de 15 jours sur Terre.

Conception : 

Série longitudinale prospective.

Échantillon de patients : 

Les données ont été recueillies auprès de cinq astronautes qui ont effectué sept missions de longue durée sur l’ISS.

Mesures : 

Mesures échographiques de la section du multifide (MF) en L2 à L5, des transverse (TrA), oblique interne (IO) et externe (EO) au repos et en contraction.

Méthodes : 

Avant & après le vol, au milieu du reconditionnement et après celui-ci. 

Résultats : 

La section des MF a diminué de l’ordre de 10% à tous les niveaux vertébraux lombaires (sauf en L2), en réponse à l’exposition à la microgravité.

L’épaisseur du transverse a diminué de l‘ordre de 35 %, celle des obliques a diminué de l’ordre de 15 % entre avant et après le vol. Elle a augmenté après, pendant la période de reconditionnement. 

La comparaison avec les mesures effectuées avant le vol a indiqué qu’il n’y avait pas de changements résiduels dans la taille et la fonction des muscles après la période de postconditionnement, à l’exception de la section du MF en L2, qui est restée 15 % plus grande que les valeurs avant le vol (ce peut être lié au comportement d’un des astronautes influant les résultats globaux).

Conclusions : 

L’entrainement lors du vol spatial atténue mais n’empêche pas un degré d’atrophie. Le reconditionnement après le vol restitue les capacités originelles des muscles.

Les abdominaux aussi sont touchés ?

Les données sont contradictoires (parce qu’il est difficile d’être précis dans la mesure de la section de ces plan musculaires en échographie ?). Arguments :

  • Transverse et obliques internes sont recrutés lors de la mise en charge sur Terre.
  • Les lombalgiques contractent plutôt de manière excessive leurs muscles IO en réponse aux tâches de mise en charge. 
  • Une étude sur l’alitement prolongé a plutôt retrouvé une augmentation de taille des transverse et obliques qu’une atrophie.
  • En microgravité, une étude animale a montré que la taille du transverse ne diminuait pas alors que les droits et obliques externes s’atrophiaient. 
  • Les muscles rectus abdominis et EO ont montré des signes significatifs d’atrophie après une exposition prolongée à la microgravité. 
  • Un astronaute ayant passé 6 mois dans l’ISS  a vu l’épaisseur de son transverse diminuer, celle de son oblique interne augmenter en réponse à la microgravité. 

Quels exercices ils ont utilisés pour maintenir leur musculature ?

Sur l’ISS, les astronautes effectuaient deux heures d’entraînement par jour. 

Chaque astronaute a suivi un programme d’entraînement complet et personnalisé sur bicyclette ergométrique, tapis roulant et squats (Advanced Resistive Exercise Device). Ils ont été suivis en téléconsultation par le physiothérapeute et le scientifique du sport de l’ESA sur Terre.

Et après, pour la récupérer ?

La première phase de reconditionnement comprenait 21 jours de séances d’exercice quotidiens durant 2 heures. 15 jours de physiothérapie, puis une transition vers une prise en charge APA, parfois commencée plus tôt.

Les exercices comprenaient à la fois un entraînement du contrôle moteur et des exercices de mise en charge, l’accent étant mis sur le réentraînement de la force et de l’endurance afin de rétablir un alignement postural normal par rapport à la gravité. 

À la fin de la phase de reconditionnement, le protocole d’entraînement était d’une intensité et d’une complexité similaires à celles des exercices effectués avant le vol. 


Références bibliographiques 

australieallemagneJulie A Hides, Gunda Lambrecht, Christopher T Sexton, Casey Pruett , Nora Petersen, Patrick Jaekel, André Rosenberger, Guillaume Weerts. The effects of exposure to microgravity and reconditioning of the lumbar multifidus and anterolateral abdominal muscles: implications for people with LBP. Spine J. 2021 Mar;21(3):477-491. doi: 10.1016/j.spinee.2020.09.006. 

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