L’apnée du sommeil : une mission pour SuperKiné !


photo en niveaux de gris du masque a gaz

Vous vous imaginez dormir toutes les nuits avec un masque à gaz ? Avec le plus ou moins discret chuintement de l’appareil délivrant l’oxygène salvateur ? Et l’éventuel ronflement du partenaire ? Après avoir porté un FFP2 toute la journée au boulot ? Il y a moyen de faire intervenir là aussi SuperKiné pour que ces sévices corporels cessent, c’est sûr.

Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) constitue un problème de santé publique, avec diverses conséquences systémiques qui peuvent augmenter la morbidité et la mortalité cardio-vasculaires ainsi que les dépenses de santé. 

Cette revue examine le bien-fondé et les effets de l’utilisation de l’exercice physique général, des exercices oro-pharyngés et de l’entraînement des muscles respiratoires comme traitement d’appoint pour les patients souffrant d’apnée du sommeil. 

Le traitement recommandé pour le SAOS est l’utilisation d’une pression positive continue sur les voies respiratoires, une thérapie qui prévient les épisodes d’apnée en maintenant les voies respiratoires ouvertes. 

Au cours de la dernière décennie, des traitements co-adjuvants visant à favoriser la perte de poids (y compris le régime alimentaire et l’exercice physique) et les exercices oro-pharyngés ont été proposés pour abaisser l’indice d’apnée/hypopnée (IAH) chez les patients atteints de SAOS. 

Sur la base des preuves disponibles, les professionnels de la santé pourraient décider d’intégrer ces stratégies thérapeutiques pour prendre en charge les patients souffrant d’apnée du sommeil.

Pourquoi faire de l’exercice ?

On sait que ça marche mais on ne sait pas vraiment pourquoi. Les mécanismes possibles sont liés à des régulations endocriniennes de l’activité hormonale du tissu adipeux et d’autres organes endocriniens majeurs, l’augmentation de la sécrétion d’hormone de croissance liée à la réduction de la graisse abdominale chez les adultes, les puissantes propriétés anti-inflammatoires de l’exercice, l’amélioration de la sensibilité à l’insuline, et la réduction des triglycérides et du cholestérol total, la réduction de la masse grasse.

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Quelles posologies ?

Il a été montré (Desplan et al.) qu’un programme de réadaptation en milieu hospitalier de 4 semaines, comprenant 24 séances d’exercices supervisés (15 min d’échauffement des muscles, 45 min d’entraînement d’endurance au cyclo-ergomètre, 30 min de renforcement musculaire avec entraînement en résistance, 15 min d’étirements et 15 min d’exercices posturaux et d’équilibre) permettait une diminution de l’indice de masse corporelle (IMC), de la circonférence du cou, de la masse grasse, du glucose à jeun et de la pression artérielle diastolique. Avec en outre, une amélioration de la somnolence, de l’anxiété, de la dépression et de la qualité de vie. 

Un exercice d’intensité modérée (une augmentation progressive de 50 min/semaine à 150 min/semaine) plus un entraînement en résistance pendant 12 semaines (Kline et al.) pour des adultes âgés de 18 à 55 ans ayant un IMC ≥ 25 kg/m2 et un SAOS modérément sévère non traité est aussi significativement bénéfique, avec aussi une réduction significative de l’IHA, indicateur principal de ce trouble. 

Une diminution de la masse graisse ciblée en viscéral

L’exercice physique est susceptible de réduire le dépôt de graisse dans les structures anatomiques entourant les voies respiratoires et la langue, d’entraîner d’importantes réductions de l’adiposité abdominale, indépendamment de la perte de poids (l’accumulation de graisse viscérale abdominale nuit à l’excursion diaphragmatique et l’obésité de la paroi thoracique nuit à l’expansion de la cage thoracique). Ce mécanisme est médié par la libération des catécholamines, qui ont une plus grande action lipolytique dans la graisse viscérale que dans la graisse sous-cutanée.

D’autres facteurs 

Il a été démontré que le liquide qui s’accumulait dans les jambes pendant la journée (en raison de la gravité et de la diminution de l’activité de la pompe musculaire en se couchant la nuit) est redistribué crânialement. Cette redistribution pendant la nuit, en particulier vers le cou et le thorax, peut jouer un rôle dans la pathogenèse du SAOS. 

La redistribution du liquide dans le cou peut augmenter la pression sur le tissu entourant les voies respiratoires supérieures, réduisant sa taille et augmentant sa collapsibilité, ce qui est une prédisposition à l’AOS. 

Les interventions qui réduisent l’accumulation de liquide dans les jambes, telles que les diurétiques et le port de bas de compression, peuvent être bénéfiques. 

Effets des exercices oropharyngés

clockssleep-03-00013-g002Les exercices oropharyngés ciblent la langue, le palais mou, le visage et visent à améliorer les muscles qui maintiennent les voies respiratoires supérieures ouvertes. Voir dans l’article les modalités.

Voir une kinote précédente sur le sujet

La kinésithérapie respiratoire 

Elle vise à renforcer le diaphragme, les intercostaux externes et les muscles respiratoires accessoires. Voir dans l’article ses modalités. 


Références bibliographiques 

chiliespagneRodrigo Torres-Castro, Luis Vasconcello-Castillo, Homero Puppo, Ignacio Cabrera-Aguilera, Matías Otto-Yáñez, Javiera Rosales-FuentesJordi Vilaró. Effects of Exercise in Patients with Obstructive Sleep Apnoea. Clocks Sleep. 2021 Mar 3;3(1):227-235. doi: 10.3390/clockssleep3010013.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

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