Triceps contracturé du triathlète : le doigt ou l’aiguille ?


groupe de personnes faisant le marathon

Vous suivez un groupe de fondus qui vous consultent le soir de l’épreuve avec des triceps en béton ? Vous hésitez entre dry needling et compression ischémique ?

Il manque toujours un bras dans ces études : le groupe témoin « boire une bière en terrasse avec les potes ». Maintenant, si vous tenez à faire quelque chose et que vous n’êtes plus très sûr du trajet du nerf saphène, un bon gros pouce musclé, ça le fait aussi. 

Après, vous lirez la différence significative qu’ont trouvé les auteurs entre les traitements des triathlètes rapides et des autres. Ca me semble un petit peu capillo-tracté l’affaire, juste là pour mettre en évidence une différence…

Contexte 

Plusieurs études ont montré que le gastrocnémien est fréquemment blessé chez les triathlètes. Les causes de ces blessures sont similaires à celles qui provoquent l’apparition du syndrome de douleur myofasciale (SPM). La technique de compression ischémique (ICT) et le dry needling (DN) sont considérés comme deux des principales méthodes de traitement du MPS dans les points gâchettes myofasciaux (MTrP) latents. 

Population-cible

Triathlètes de moyenne distance ((1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21 km de course à pied) de 3 ans et plus d’expérience de participation à des triathlons avec un entrainement de 15 à 20 h hebdomadaires. Ils ont été sélectionnés par l’investigateur principal sur la présence dans le gastrocnémien de points-gâchettes latents dans les endroits déterminés par Travell et Simons comme les plus communs et symptomatiques.

Méthodes 

Dans cette étude, l’activité électro-myographique (EMG) superficielle des gastrocnémiens latéraux et médiaux de triathlètes présentant des points gâchettes myofasciaux latents a été mesurée avant et immédiatement après un traitement par DN ou ICT. 

En tenant compte de l’activité EMG superficielle des gastrocnémiens latéraux et médians, l’efficacité immédiate de la DN et de l’ICT sur les MTrP latents a été comparée. 

Un total de 34 triathlètes a été divisé au hasard en deux groupes. Le premier et le second groupe (n = 17 dans chaque groupe) n’ont subi qu’une seule séance de DN et d’ICT, respectivement. 

Procédure pour la compression ischémique

Il s’agit simplement de réaliser un appui renforcé du pouce sur le point-gâchette, classiquement décrit jusqu’à la sensation de douleur maximale ressentie par le praticien et durant ici 60 secondes. Dire que ça fait 40 ans que je fais de la compression ischémique sans le savoir…

Procédure pour le DN

Une seule séance de DN pour laquelle des aiguilles jetables en acier inoxydable (0,3 × 50 mm) ont été utilisées. Ces aiguilles ont été introduites dans le MTrP après sa localisation dans la contracture (taut band), selon la technique « fast in, fast out ».

La technique DN a été appliquée pour un nombre maximum de 8 à 10 insertions ou jusqu’à la limite de la tolérance du patient.

Elle a déjà fait l’objet d’une KINote à lire ici.

 Résultats 

La mesure EMG du gastrocnémien a été évaluée avant et immédiatement après le traitement. Des différences statistiquement significatives (p = 0,037) ont été montrées pour une réduction des différences de mesures EMG superficielles (%) du groupe expérimental (DN) par rapport au groupe d’intervention (ICT) à une vitesse de 1 m/s immédiatement après les deux interventions, mais pas à des vitesses de 1,5 m/s ou 2,5 m/s. 

Un modèle de prédiction par régression linéaire statistiquement significatif a été montré pour les différences de mesure des résultats EMG à V1 (vitesse de 1 m/s) qui n’était prédit que pour le groupe de traitement (R2 = 0,129 ; β = 8,054 ; F = 4,734 ; p = 0,037) montrant une réduction de cette différence sous traitement DN. 

L’administration du DN requiert de l’expérience et une excellente connaissance anatomique. Selon les résultats, immédiatement après le traitement des MTrP latents, la DN pourrait être conseillée aux triathlètes qui s’entraînent à une vitesse inférieure à 1 m/s, tandis que l’ICT pourrait être une technique plus conseillée que la DN pour les entraînements ou les compétitions à des vitesses supérieures à 1,5 m/s.

Et la vitesse d’écoulement de la bière dans les gosiers ?


Références bibliographiques 

espagneMaría Benito-de-Pedro, César Calvo-Lobo , Daniel López-López, Ana Isabel Benito-de-Pedro, Carlos Romero-Morales, Marta San-Antolín, Davinia Vicente-Campos, David Rodríguez-Sanz. Electromyographic Assessment of the Efficacy of Deep Dry Needling versus the Ischemic Compression Technique in Gastrocnemius of Medium-Distance Triathletes. Sensors (Basel). 2021 Apr 21;21(9):2906. doi: 10.3390/s21092906. 

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

Sur le même sujet ce mois-ci, pour savoir si le DN marche mieux avec de la tchatche

The Influence of Verbal Suggestion on Post-Needling Soreness and Pain Processing after Dry Needling Treatment: An Experimental Study

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