Comment établir les meilleures relations thérapeutiques possibles avec le patient ?


Sur les réseaux sociaux, paradoxalement, on peut lire à la fois :

  • Des discussions sur « que faire quand le patient ne vient pas à ses séances sans prévenir ? », des patients qui portent plainte envers le kiné pour mauvais soins (ils font chier avec leurs envies de massages), …, des plaintes sur le manque de respect du patient, … des formulations viriles sur « moi le patient, je lui impose 10 x 10 dead lifts et ça le calme », ….et…
  • Des demandes de renseignements concernant les meilleures techniques, les meilleures méthodes, le meilleur formateur, …

Et si c’était plus simple que ça la relation thérapeutique ?

Les exemples et les ressources présentés dans cet article sont accessibles et peuvent être mis en œuvre immédiatement, sans frais pour le praticien et avec le vaste potentiel d’améliorer les soins, les relations thérapeutiques et les résultats pour les patients. 

Il est important pour cela que :

  • Les professionnels de santé et les chercheurs dans tous les domaines de pratique et à tous les niveaux d’expérience évaluent régulièrement leurs compétences psychosociales. 
  • Les voix des patients et de leurs accompagnants soient au centre de ce processus. 

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est pexels-photo-6156939.jpeg

Ce qu’il faut faire / ne pas faire, morceaux choisis

Je vous laisse trouver tout seul, parmi ceux que j’aime bien

  • Discuter et écouter pour identifier les obstacles et trouver des solutions au lieu de qualifier le patient de « non conforme ». Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est pexels-photo-2017111.jpeg
  • Expliquer au patient que des notes seront prises sur votre PC, puis relire ces notes pour que le patient les corrige. 
  • Faire preuve de sollicitude et de chaleur dans sa voix, son attitude et son langage corporel. 
  • Parler du patient à des collègues, sans inclure le patient dans la conversation 
  • Utiliser le jargon médical pour discuter des résultats avec un patient sans lui donner d’explications supplémentaires. 
  • Faire des déclarations qui suggèrent que le patient n’est qu’un patient parmi d’autres, minimisant ainsi son importance, par exemple : « Nous devons conclure, mon prochain patient est là ». 

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est fashion-man-wristwatch-model.jpg

  • Taper des documents en tournant le dos au patient 
  • Parler d’un patient comme d’une « PTG » au lieu d’utiliser  « Personne qui a bénéficié d’une prothèse du genou ». 
  • Communiquer de manière positive sur les capacités de décision du patient.
  • S’enquérir des antécédents du patient et reconnaître sa situation particulière.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est pexels-photo-1569076.jpeg

  • Orienter le patient vers un praticien plus qualifié lorsque l’état de santé nécessite une formation avancée.
  • Respecter l’opinion et les préférences du patient sur un pied d’égalité avec les vôtres.
  • Offrir des encouragements amicaux lorsque le patient rencontre des difficultés ou des défis.
  • Dire au patient quelles sont les interventions qu’il doit effectuer, sans écouter ses préoccupations ni lui proposer d’autres options.
  • Fixer les mêmes objectifs pour chaque patient qui se présente après un événement similaire, comme après une chirurgie orthopédique. 
  • Aborder chaque patient avec le même style d’interaction, au lieu de modifier le style d’interaction pour chaque patient.
  • Expliquer tous les exercices en une seule fois, puis laisser le patient seul pour les réaliser au lieu d’être présent pour expliquer chaque exercice séparément et les objectifs des différentes interventions.
  • Ne pas protéger l’intimité du patient et ne pas l’informer avant les interventions de thérapie manuelle
  • Parler au patient en le prenant de haut, comme s’il était un bébé ou un enfant qui ne peut pas comprendre.
  • Ne pas tenir compte des croyances et des interprétations de l’état de santé lorsque le patient a un statut socio-économique ou un niveau d’éducation inférieur.

Bien questionner ou le faire n’importe comment. Morceaux choisis

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est pexels-photo-4098169.jpeg

Utiliser des questions simples

  • Quelles sont vos préoccupations aujourd’hui ?
  • Poser plusieurs questions à la suite sans laisser au patient le temps de répondre et l’interrompre avant qu’il ne termine sa réflexion.

Fermer la boucle, donnez-lui la possibilité de s’exprimer

  • « Pour être sûr que je vous ai donné des instructions claires, pouvez-vous me dire ce que vous comprenez de… »
  • « Pour être sûr que vous avez compris, laissez-moi vous faire une nouvelle démonstration ».

 Offrez des choix

  • « Vous semblez aimer le jardinage. Une activité importante pour vous ? »
  • « Le mouvement et l’activité sont sont bons pour vous, vous devriez donc faire des promenades quotidiennes. »

 Veiller à ce que le patient participe à la définition des objectifs

  • « Vous avez dit que vous n’aviez pas eu le temps de faire vos exercices la semaine passée. Cette semaine, pourriez-vous essayer de vous fixer comme objectif de les faire ? Cela vous paraît compatible avec vos autres activités ? Combien de fois pensez-vous pouvoir atteindre cet objectif la semaine prochaine ? »
  • « Veillez à effectuer les exercices à domicile tous les jours de la semaine prochaine. Choisissez un moment qui vous convient chaque jour. »

Identifier les barrières, les solutions et les obstacles

  • « Qu’est-ce qui pourrait vous empêcher d’utiliser le vélo d’appartement cette semaine ? ». « Réfléchissons aux moyens de surmonter ces obstacles ».
  • « Même s’il est difficile de trouver du temps pour faire un quart d’heure de vélo d’appartement, c’est important pour votre santé de faire du vélo tous les jours. »

Fournir un journal de réadaptation, assurer un suivi et proposer un contact

  • Fournissez un journal ou un registre pour garder la trace des exercices à domicile si le patient ou la famille est intéressé et discuter d’un calendrier de suivi clair.
  • Ne pas fournir un moyen pour la famille de vous contacter pour poser des questions, comme un courriel, un portail en ligne, un numéro de téléphone, etc.

Posez des questions ouvertes

  • « Quelles sont vos préoccupations concernant votre mobilité ? »
  • « Avez-vous des préoccupations concernant votre mobilité ? »

Posez des questions sur les avantages et les inconvénients du comportement

  • « Quels sont les bons et les moins bons côtés de l’augmentation de votre activité physique ? ».
  • « J’ai besoin que vous augmentiez votre activité physique car elle présente de nombreux avantages. »

L’écoute réflexive

  • « On dirait que vous dites… Est-ce exact ? »
  •  » Selon vos dires… nous devrions faire ceci « , sans préciser que vous comprenez correctement le point de vue du patient.

   Regarder vers l’avant,  Évaluez l’importance

  • « Si vous pouviez commencer à marcher systématiquement tous les jours une demi-heure, à quoi ressemblerait votre vie dans cinq ans ? Et si vous décidiez d’arrêter toute activité physique ? »
  • « Si vous ne perdez pas de poids, le risque pour vos genoux c’est de finir avec deux prothèses »

    Attendre avant de donner des conseils à moins qu’ils soient demandés

  • « Êtes-vous prêt à parler de l’assise en grenouille ? Voulez-vous que je passe en revue les preuves actuelles et que nous en parlions ? »
  • « S’asseoir en grenouille pourrait être mauvais pour l’intégrité des articulations de la hanche de votre fils à l’avenir. »

   Échanger des informations

  • Prévoyez suffisamment de temps pour la discussion et fournissez un outil d’aide à la décision.
  • « Nous sommes tellement occupés aujourd’hui ! » Le fait de paraître trop occupé ou pressé décourage les patients de poser des questions, et les patients peuvent mettre fin aux conversations de manière anticipée si les salles d’attente sont pleines.  

Affirmer et mettre en œuvre la décision

  • Expliquer les options et les résultats en utilisant une terminologie simple.
  • Ne pas fournir d’aide à la décision écrite
  • Ne pas fournir de support de décision écrit au patient ou ne pas obtenir le support de décision des soignants ou des membres de la famille.

Le reste des comportements praticiens à développer est dans l’article


Références bibliographiques 

Shailen Singh, Julie M Orlando, Zainab S Alghamdi, Katherine A Franklin, Michele A Lobo. Reframing Clinical Paradigms: Strategies for Improving Patient Care Relationships. Phys Ther. 2021 Jul 1;101(7):pzab095. doi: 10.1093/ptj/pzab095.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s