Électro-myographie des spinaux du lombalgique


Les auteurs de cet article ont trouvé que l’activité électro-myographique semble différente entre les lombalgiques chroniques et les « occasionnels », ce qui est anecdotique. Par contre, cette étude vous permettra de repérer où les auteurs placent leurs électrodes de surface, dès fois que vous vouliez observer qui du grand dorsal, des spinaux superficiels et des multifides « sonnent » lors de l’extension en position de gargouille. Cliniquement, c’est un peu compliqué de s’en servir comme mesure, mais savoir où placer les électrodes pour que votre patient puisse faire joujou avec le biofeedback, ça ne peut pas nuire.

Contexte : 

L’altération de l’activité des muscles lombaires est proposée comme un facteur contribuant à la réapparition et à la chronicité de la lombalgie (LBP). Cette étude a comparé l’activité des muscles lombaires pendant l’extension du tronc chez des patients souffrant de lombalgie chronique continue (LBP), de lombalgie non-continue, de lombalgie récurrente (RLBP) et chez des sujets sains.

Méthodes : 

Chez 75 sujets (16 lombalgies chroniques continus, 15 lombalgies chroniques non continus, 23 lombalgies récurrents, 21 témoins sains), l’activité électromyographique de surface (EMG) de l’erector spinae (ES), du multifidus (MF), du latissimus dorsi (LD) et du gluteus maximus (GM) a été enregistrée pendant les phases concentrique, de maintien et excentrique d’un exercice de Biering Sorensen modifié.

Procédure 

Placement des électrodes (photo provenant de l’article)

Les électrodes sont été placées sur le grand dorsal (LD) (1 cm latéral et inférieur de l’angle scapulaire inférieur), des spinaux superficiels (ES) (au niveau L1), du multifide (MF) (au niveau L5 sur la ligne tracée de l’épine iliaque inférieure postérieure à l’espace intervertébral entre le niveau L1-L2) et du grand fessier (GM) (au point médian entre l’épine iliaque inférieure postérieure et la tubérosité ischiatique), le patient étant en position couchée sur le ventre.

Avant la mise en place des électrodes de surface (Ambu A/S, Danemark), la peau est rasée, gommée et nettoyée à l’alcool.

Après la mise en place des électrodes, 8 amplificateurs ont été fixés sur la peau à proximité du site de mesure (?). Ces amplificateurs capturaient et amplifiaient le signal électrique avant de le transmettre au récepteur de bureau.

Noter l’adresse du site de référence pour l’électro-myographie de surface, le SENIAM project (pour Surface ElectroMyoGraphy for the Non-Invasive Assessment of Muscles).

Déterminer la contraction maximale volontaire

Avant l’exécution des exercices d’extension, 3 essais de contraction volontaire maximale (CVM) d’une durée de 4 s, avec 30 s de repos entre chaque essai, sont capturés par groupe musculaire.

Tous les essais ont été réalisés avec le patient en position de procubitus.

Les CVM du LD et du GM sont mesurés en bilatéral.

Pour obtenir la CVM du LD, les participants sont allongés avec les bras en rotation médiale tandis qu’une résistance maximale est appliquée à proximité des coudes contre l’extension du bras. Pour mesurer la CVM du GM, les sujets sont placés avec une flexion de 90º du genou du côté testé et la jambe opposée était attachée à la table. Ensuite, l’extension de la hanche fait l’objet d’une résistance maximale au niveau proximal du genou.

Pour la mesure du CVM des ES et du MF, les jambes des sujets sont attachées à la table au milieu des mollets. Les sujets plaçent le dos de leurs mains sur leur front tandis que la résistance maximale pour l’extension du tronc était donnée sur les angles inférieurs des deux scapulae.

Prise des données

Les sujets font un exercice d’extension statique-dynamique à 40 % de la 1RM. 

La position de départ est au début de la phase concentrique (et la fin de la phase excentrique) ; 

A la phase de maintien, les sujets sont en décubitus ventral, avec une flexion du tronc de 45°. Les jambes sont attachées à la table et les mains du sujet sont placées sur les épaules ipsilatérales. 

Ils soulèvent le haut du corps en 2 s, le maintiennent pendant 5 s en position horizontale et abaissent le haut du corps à la position de départ en 2 s. 

La performance est ajustée grâce au feedback tactile de l’évaluateur et un métronome est utilisé pour assurer un timing approprié (60 battements/minute). 

Le volume et la charge de l’exercice est fixés à 10 répétitions de 40 % du maximum personnel d’une répétition (1RM) des sujets. 

Le 1RM est déterminé indirectement à partir de la quantité maximale d’extensions du tronc effectuée avec le poids du haut du corps des sujets, qui a été évaluée au moins 2 heures avant la mesure EMG afin d’éviter la fatigue musculaire. 

Le diagramme de Holten a été utilisé pour calculer le poids d’exercice correspondant aux 40 % personnels du 1RM. 

Le poids de l’exercice est inférieur au poids du tronc du sujet. Par conséquent, un système de poulie aide à réaliser les extensions du tronc en utilisant l’assistance d’un poids. 

Traitement du signal EMG

A lire dans le texte…

Résultats : 

Les patients CLBP continus ont montré une activité EMG plus élevée dans les muscles ES et MF par rapport aux contrôles sains dans la phase concentrique (p = 0,011, p = 0,009 respectivement) et la phase de maintien (p = 0,015, p = 0,013). 

Une activité EMG plus élevée a été observée dans le CLBP continu par rapport au RLBP dans les muscles ES et MF dans la phase de maintien (p = 0,035, p = 0,037), et dans le MF dans la phase concentrique (p = 0,046), mais pas dans le ES (p = 0,062). 

Aucune différence dans l’activité musculaire n’a été établie dans les phases concentrique, de maintien et excentrique pour les muscles LD et GM. Aucune différence n’a été constatée entre le CLBP non continu et les autres groupes.

Conclusions : 

Une activité musculaire accrue des muscles lombaires pendant la phase concentrique et la phase de maintien a été observée pendant l’extension du tronc chez les patients atteints de CLBP continue par rapport aux patients atteints de RLBP et aux sujets sains. Aucune différence entre les groupes n’est présente dans les muscles GM et LD pendant les phases concentrique et de maintien et pour tout muscle dans la phase excentrique.

Commentaire 

Moi, ce que je voulais voir c’est s’ils trouvaient une différence entre spinaux superficiels et profonds. Apparemment non : « No differences in ES or MF muscle activity were found between healthy controls and RLBP, between healthy controls and non-continuous CLBP, between RLBP and non-continuous CLBP and between non-continuous CLBP and continuous CLBP ». S’ils y arrivent pas avec leur matériel de pointe, ça ne me sert à rien de la chercher avec mon joujou de biofeedback.


Références bibliographiques :

Balasch-Bernat Mercè, Willems Tine, Danneels Lieven, Meeus Mira, Goubert Dorien. Differences in myoelectric activity of the lumbar muscles between recurrent and chronic low back pain: a cross-sectional study. BMC Musculoskelet Disord. 2021 Sep 3,22(1):756. doi: 10.1186/s12891-021-04623-9.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

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