Stimulation transcrânienne et marche robotisée, la rééducation 2.0 de l’AVC ?


La stimulation trans-crânienne à courant continu (STCC) est une méthode de stimulation cérébrale non invasive capable de moduler l’activité neuronale après un AVC. 

L’objectif de cette revue systématique était de déterminer si la stimulation transcrânienne directe combinée à la marche robotisée (RT) améliore la fonction des membres après un AVC, par rapport à la RT seule.

Méthodes : 

Une recherche d’essais contrôlés randomisés publiés avant le 15 juillet 2021 a été effectuée. 

Le résultat principal était la fonction évaluée par l’évaluation motrice de Fugl-Meyer pour les membres supérieurs et le test de marche de 10 m (10MWT) pour les membres inférieurs. 

Comme résultats secondaires, la force a été évaluée avec le Motricity Index (MI) ou l’échelle du Medical Research Council (MRC), la spasticité avec l’échelle d’Ashworth modifiée (MAS), l’indépendance fonctionnelle avec l’indice de Barthel (BI) et les paramètres cinématiques.

La marche robotisée 

C’était des séances de 20 à 60 minutes, avec différents robots (Gait Trainer, Lokomat, Walkbot).

La rééducation du MS robotisée

Là aussi, plusieurs matériels (Bi-Manu Track, Armeo® Spring, REO Therapy System, InMotion wrist robot, REAplan robot, MIT Manus, InMotion WRIST robot).

La stimulation transcrânienne (rendre plus excitable une zone saine ?)

Résultats : 

Dix études ont été incluses dans l’analyse (n = 368 participants inscrits). Les résultats ont montré un effet non significatif de la STCC combinée à la RT pour améliorer la fonction des membres supérieurs [différence moyenne standardisée (SMD) = – 0,12, intervalle de confiance à 95 % (IC) : – 0,35-0,11)]. 

Cependant, un effet positif de la thérapie combinée a été observé dans la fonction des membres inférieurs (SMD = 0,48, IC à 95 % : – 0,15-1,12). 

Aucun résultat significatif en faveur de la STCC combinée à la RT n’a été trouvé en ce qui concerne la force (SMD = – 0,15, IC 95 % : – 0,4-0,1), la spasticité [différence moyenne (MD) = – 0,15, IC 95 % : – 0,8-0,5)], l’indépendance fonctionnelle (MD = 2,5, IC 95 % : – 1,9-6,9) ou la vitesse de mouvement (SMD = 0,06, IC 95 % : – 0,3-0,5) avec un niveau de recommandation  » modéré  » ou  » faible  » selon les directives GRADE.

Conclusions : 

Les résultats actuels suggèrent que la STCC combinée à la RT n’améliore pas la fonction, la force, la spasticité, l’indépendance fonctionnelle ou la vitesse de mouvement des membres supérieurs après un AVC. Les paramètres de la STCC et le stade ou le type de lésion cérébrale pourraient être des facteurs cruciaux qui déterminent l’efficacité de cette thérapie.

Des guides cliniques récents ont montré que lorsque la STCC était associée à d’autres thérapies dans le traitement des accidents vasculaires cérébraux subaigus et chroniques, les patients présentaient des améliorations, et que la STCC renforçait les effets de la thérapie adjuvante. 

Ce n’est pas ce que suggère cette étude. 

Explications proposées dans la discussion :

Actuellement, les preuves de l’efficacité de la STCC dans les revues systématiques et les essais cliniques précédents sont contradictoires.

Cela peut dépendre du type et du stade de la lésion, qui peuvent affecter l’évolution de l’AVC. Ainsi, les une étude a montré que lorsque deux patients avaient la même gravité neurologique basale, le même handicap fonctionnel, le même âge et le même sexe, les patients victimes d’un AVC hémorragique avaient un meilleur pronostic que les patients ischémiques.

De même, plusieurs études ont montré des améliorations plus importantes avec la rééducation au stade subaigu (avant 6 mois) qu’au stade chronique (après 6 mois). Ces avantages peuvent être liés à la récupération spontanée, qui est généralement observée plus de trois mois après le début de l’AVC. 

Les modalités d’exécution de la STCC (taille et l’emplacement des électrodes, durée de la stimulation, nombre de séances) peuvent également affecter l’efficacité de l’intervention. 

La densité de courant a été décrite comme l’un des principaux paramètres qui déterminent l’efficacité de la STCC. Elle détermine l’intensité du champ électrique, qui dépend de l’intensité du courant et de la taille des électrodes. Des densités de courant plus élevées ou des électrodes plus petites sont associées à une plus grande efficacité de la STCC, ce qui signifie une pénétration plus profonde du courant dans le cuir chevelu, modifiant l’excitabilité des neurones sous l’électrode. 

Traditionnellement, des intensités comprises entre 1 et 2 mA sont utilisées dans les études humaines. À ce jour, les effets des densités de courant supérieures à 0,08 mA/cm2 sont inconnus.

Il y a peu ou pas d’effets indésirables.


Références bibliographiques 

Natalia Comino-Suárez, Juan C Moreno, Julio Gómez-Soriano et al. Transcranial direct current stimulation combined with robotic therapy for upper and lower limb function after stroke: a systematic review and meta-analysis of randomized control trials. J Neuroeng Rehabil. 2021 Sep 26,18(1):148. doi: 10.1186/s12984-021-00941-0.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

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