L’extension active du genou est limitée. Tests, mesures & normes


Une méta-analyse portant sur 13 893 participants issus de 411 études vient de paraître pour donner des références normatives à l’extension isométrique dans diverses populations. Elle permet de compléter utilement cette ancienne note.

Observations & signes cliniques

Recherche du réflexe rotulien 

La percussion sèche du tendon rotulien au marteau à réflexe doit montrer une extension du genou. Le réflexe est aboli lors d’une atteinte périphérique.

Évaluation du verrouillage actif du genou 

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Procédure 

Le thérapeute place son genou sous le genou du patient, l’avant-bras en berceau sous la jambe du patient, afin de prévenir tout dérobement intempestif et douloureux. Il réalise un appui de la main de l’autre membre supérieur sur la face antérieure de jambe et compare son impression avec le côté opposé et celle ressentie par le patient.

Précautions liées à une ligamentoplastie récente

Les squats en charge seraient préférables en présence d’une fragilité ligamentaire :  les contraintes ligamentaires sont généralement moins importantes qu’en chaine ouverte, le croisé antérieur subit plus de contraintes entre 10 et 50° de flexion qu’entre 50 à 100°. Cependant, des mouvements antérieurs trop importants (genoux en avant des orteils, talons décollés du sol) majorent a contrario les contraintes ligamentaires [Escamilla 2012].   

Évaluation manuelle du quadriceps à 90° de flexion

2

Un quadriceps peut être stable en extension et ne pas l’être à 90° de flexion. Il importe de le tester dans les deux amplitudes [Troisier 1990]. 

Procédure 

Patient en décubitus. Le thérapeute latéral à lui s’agrippe à la table, donnant un appui de son aisselle à la face antérieure de la jambe. Un sphygmomanomètre gonflé à 20 mmHg glissé entre creux axillaire et crête tibiale améliore le confort du praticien et permet une estimation chiffrée et comparable de la pression développée par le quadriceps.

Test de proprioception passive du genou 

Population-cible 

Sujets sains et gonarthrosiques.

Procédure 

Ce test mesure la capacité du sujet à reproduire activement un positionnement passif de la jambe. Le patient est assis en bord de table, le kinésithérapeute lui fait face. Le kinésithérapeute étend passivement le genou de la position de repos (flexion de 90 °) à l’une des trois positions de test : flexion de 70 °, 45 ° ou 20 ° (angle de référence)

Le sujet maintient et visualise mentalement cette position pendant cinq secondes. Après être revenu à la position de repos et s’être relâché pendant trois secondes, le sujet est invité à reproduire activement & précisément l’angle de référence et à le maintenir pendant cinq secondes (angle reproduit). Aucun commentaire n’est fourni. 

Après familiarisation (une répétition), le sujet effectue ce test deux fois dans chacune des trois positions dans un ordre aléatoire.

Un inclinomètre de type Rippstein est fixé sur la face antéro-médiale de jambe.

La différence absolue entre l’angle de référence et l’angle reproduit, soit l’erreur de repositionnement, en degrés, mesure la précision proprioceptive du sujet. 

Valeurs 

BoussoleL’erreur de repositionnement moyenne des six tests ensemble (trois positions de test reproduites deux fois) est de l’ordre de 6°(3°).  Elle ne semble pas différente entre sujets sains et gonarthrosiques. 

Fiabilité 

La fiabilité inter-examinateurs est bonne à très bonne (ICCs de 0,70-0,95 chez les patients, ICCs de 0,65-0,85 chez les témoins sains). Une erreur de mesure de 2 ° (SEM 1 °) a été rapportée lors de la mesure du KJPS dans plusieurs positions de test et lors du calcul de l’erreur moyenne de repositionnement. Un changement minimal détectable supérieur à 4 °est nécessaire pour considérer un changement réel. 

Références bibliographiques  Population Moyenne Écart-type ICC mini ICC max ESM CMD
Baert 2018 Gonarthrosiques /sujets sains 0,7 0,95

Test de proprioception active du genou (Knee force sense test ou KFST)

Population-cible 

Sujets sains et gonarthrosiques.

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2 commentaires

  1. Test de proprioception active du genou (Knee force sense test ou KFST)

    Il est noté différence clinique significative de 20° [10°]

    Il s’agit de force donc 20 %?

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  2. Les tests de proprioception passif comme actif sont réalisés dans la même étude. Je suppose qu’il s’agit de proprioception passive, parce qu’en actif, la marge d’erreur de mesure est trop grande pour s’en servir : selon les auteurs « Based on our results, we do not recommend the use of KFS test to clinicians. Calculated SEMs range from 4.8N to 22.3N, indicating that clinicians can only be confident that a change in reproduction error in KOA patients (pre and post therapy measurement) is true change when it exceeds 49.5N. » En gros, on ne peut tenir compte des différences que lorsqu’elles excèdent 5 kgs.

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