C’est la faute de mère nature


Cette revue systématique et méta analyse avait pour but de déterminer si une combinaison de gènes était responsable de trois composantes de la condition physique : la condition cardiovasculaire, la force musculaire et la puissance anaérobie.

Les données actuelles montrent que l’aptitude cardiovasculaire, la force musculaire et la puissance anaérobie jouent un rôle essentiel dans la réussite de ses performances lors d’événements sportifs (Gineviciene V et al, Hautala A.J. et al, Metzl J., Metzl J. et al, Ratamess NA).

La condition cardio respiratoire est un facteur important pour améliorer la capacité à maintenir un effort (Midgley AW).

La puissance anaérobie est la capacité du système neuromusculaire à produire la plus grande action possible dans un laps de temps donné et est nécessaire pour les mouvements explosifs rapides et l’agilité (Cometti G).

Des études antérieures montrent qu’une composante génétique, dans la réponse à l’entraînement physique, peut expliquer jusqu’à 80 % de la variabilité des adaptations aérobies, de la force et de la puissance (Hautala A.J et al, Bouchard C, Huygens W et al, Spurway N et al).

Y a-t-il des phénotypes favorisant les capacités à l’exercice ?

Méthode

Une recherche  a été effectuée sur Scopus, Web of Science, PubMed et SportDiscus, entre juin et juillet 2020.

24 études ont été retenues pour la méta-analyse, comprenant un total de 3 012 participants (hommes n = 1 512 ; femmes n = 1 239 ; non déclaré n = 261 ; âge 28 ± 9 ans)

Une liste de contrôle COnsensus-based Standards for the selection of health status Measurement INstruments (COSMIN) a été mise en œuvre pour évaluer la transparence et le risque de biais des études, en mesurant la qualité méthodologique.

Résultats

13 gènes candidats et leurs allèles associés ont été identifiés, qui étaient associés aux phénotypes d’intérêt.

Cette analyse a établi que la variabilité génétique expliquait une proportion significative des différences d’adaptation chez les participants après l’entraînement.

Pour les passionnés de génétiques, les tableaux avec les différents gênes sont présents dans l’article en accès libre.

Conclusion

Eh oui mère nature influence nos performances. Les auteurs concluent qu’à l’avenir le génotype d’une personne pourrait être analysé pour adapter les entrainements afin d’améliorer ces performances. Après la médecine prédictive… la kinésithérapie prédictive, cela ne fait pas forcement rêver sans parler de toutes les dérives que ce genre d’informations pourrait amener sur la sélection des futurs athlètes en fonction de leur potentiel hypothétique.

En même temps, cela peut faire une excuse aux patients qui ne veulent pas faire leurs exercices si leur potentiel génétique ne leur permet pas. 

Vivement que le transhumanisme arrive pour que tous nos patients soient améliorés….

Références bibliographiques

Chung HC, Keiller DR, Roberts JD, Gordon DA. Do exercise-associated genes explain phenotypic variance in the three components of fitness? a systematic review & meta-analysis. PLoS One. 2021 Oct 14;16(10):e0249501. doi: 10.1371/journal.pone.0249501. PMID: 34648504; PMCID: PMC8516263.

Bouchard C. Genomic predictors of trainability. Experimental physiology. 2012 Mar;97(3):347–52. pmid:21967902

Cometti G, Maffiuletti NA, Pousson M, Chatard JC, Maffulli N. Isokinetic strength and anaerobic power of elite, subelite and amateur French soccer players. International journal of sports medicine. 2001;22(01):45–51. pmid:11258641

Gineviciene V, Jakaitiene A, Aksenov MO, Aksenova AV, Astratenkova AD, Egorova ES, et al. Association analysis of ACE, ACTN3 and PPARGC1A gene polymorphisms in two cohorts of European strength and power athletes. Biology of sport. 2016 Sep;33(3):199. pmid:27601773

Hautala A.J., Kiviniemi A.M., Mäkikallio T.H., Kinnunen H., Nissilä S., Huikuri H.V., et al, 2006. Individual differences in the responses to endurance and resistance training. European journal of applied physiology, 96(5), pp.535–542. pmid:16369817

Huygens W, Thomis MA, Peeters MW, Vlietinck RF, Beunen GP. Determinants and upper-limit heritabilities of skeletal muscle mass and strength. Canadian Journal of Applied Physiology. 2004 Apr 1;29(2):186–200. pmid:15064427

Metzl J. ACSM Blogs. 2017 May 16. [Cited 1 December 2020] In: ACSM Blogs [internet]. American college of sports and exercise 2020 – [Exercise guidelines]

Midgley AW, McNaughton LR, Polman R, Marchant D. Criteria for determination of maximal oxygen uptake. Sports medicine. 2007 Dec 1;37(12):1019–28. pmid:18027991

Peterson MD, Rhea MR, Alvar BA. Applications of the dose-response for muscular strength development: areview of meta-analytic efficacy and reliability for designing training prescription. The Journal of Strength & Conditioning Research. 2005 Nov 1;19(4):950–8.

Ratamess NA. ACSM’s foundations of strength training and conditioning. Wolters Kluwer Health/Lippincott Williams & Wilkins; 2012.

Spurway N, Wackerhage H. Genetics and molecular biology of muscle adaptation. Elsevier Health Sciences; 2006.

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