Même 10 minutes de course à pied, ça fait du bien à la tête


La course à pied n’est pas seulement un exercice qui favorise la santé physique en améliorant l’endurance cardio-vasculaire, en renforçant les muscles et l’ossature, mais elle a également une implication dans la réduction de la charge de la santé mentale. 

Autrefois, l’indice de bonheur induit par la course à pied était mesuré en comptant le nombre d’insectes écrasés sur les dents du coureur après un semi-marathon. Aujourd’hui, avec les ravages liée aux insecticides, les chercheurs sont obligés de passer à des méthodes d’évaluation plus compliquées.

La course à pied c’est mieux

Que le vélo ?

Pour exécuter le mouvement approprié, la course à pied nécessite des réponses neuronales de contrôle descendant aux informations sensorielles multimodales afin de coordonner les mouvements et l’équilibre. Le cortex pré-frontal, une région du cerveau impliquée dans la cognition et la régulation de l’humeur, est partiellement impliqué dans la course, en particulier lorsqu’il y a une demande d’action coordonnée. 

Cela permet d’avancer que la course à pied puisse avoir des effets bénéfiques plus importants sur l’humeur et la fonction exécutive liés à l’activation préfrontale par rapport à d’autres formes d’exercice qui ne nécessitent pas autant de coordination, comme le pédalage. 

Que le head banging des amateurs de heavy metal ?

En outre, il a été démontré que l’impact mécanique de chaque coup de pied pendant la course augmente la circulation sanguine périphérique et centrale, ce qui peut avoir des effets bénéfiques sur l’activation du cerveau. Des études animales montrent que l’accélération verticale de la tête pendant la course induit un effet sur les récepteurs de la sérotonine dans le cortex préfrontal, améliorant ainsi les émotions et le contrôle cognitif. 

Sur la base de ces propriétés de la course à pied, les auteurs ont émis l’hypothèse que la course à pied avait le potentiel d’améliorer l’humeur et la fonction exécutive avec une large activation préfrontale.

En une séance ?

Peu d’études ont rapporté qu’une seule séance de course à pied influençait le contrôle inhibiteur, une fonction exécutive essentielle qui implique la capacité de contrôler son attention, son comportement, ses pensées et ses émotions pour passer outre de fortes contraintes externes. 

Objectifs de l’étude 

Les auteurs ont cherché à déterminer l’effet immédiat d’une seule séance de course à pied à intensité modérée, la condition la plus répandue, sur l’humeur et la fonction exécutive ainsi que sur leurs chemins neuronaux dans le cortex préfrontal (CPF). 

Méthodes 

Vingt-six participants en bonne santé ont effectué une séance de course de 10 minutes sur un tapis roulant à une fréquence cardiaque modérée (du style 141.35 ± 11.31 bpm à la dernière minute de course). Ils ont été mesurés avant et après la course, avant et après une situation de contrôle de temps équivalent. L’ordre des séquences (expérimental / contrôle) était déterminé par tirage au sort.

Indicateurs 

La fonction exécutive a été évaluée à l’aide du temps d’interférence Stroop de la tâche Stroop d’appariement couleur-mot (CWST) et l’humeur a été évaluée à l’aide de l’échelle d’humeur bi-dimensionnelle, avant et après les deux séances. 

La tâche Stroop d’appariement des mots et des couleurs (CWST) est largement utilisée dans des contextes expérimentaux et cliniques pour mesurer cet aspect de la fonction exécutive localisé dans le cortex préfrontal. 

Le CWST se compose de trois conditions, à savoir neutre, congruente et incongruente, allant de la demande la plus faible à la plus forte de la fonction exécutive. Le test demande aux participants de nommer la couleur dans laquelle un mot est écrit plutôt que de lire le mot lui-même aussi rapidement que possible. Sur la base de preuves précédentes, les auteurs ont émis l’hypothèse qu’une seule course d’intensité modérée serait associée à des temps d’interférence plus courts (c’est-à-dire la différence entre les temps de réponse dans la condition neutre et la condition incongruente), ce qui pourrait refléter une amélioration de la fonction exécutive.

Les changements hémodynamiques préfrontaux pendant la réalisation de la CWST ont été étudiés par spectroscopie fonctionnelle dans le proche infrarouge (?). 

Résultats 

La course à pied a entraîné une augmentation significative du niveau d’excitation et de plaisir par rapport à la situation contrôle. 

La course à pied a également entraîné une réduction plus importante du temps d’interférence de Stroop et une augmentation des activités hémodynamiques. 

Conclusion 

Une course à pied d’intensité modérée induit une humeur positive et améliore les fonctions exécutives coïncidant avec une activation corticale dans les sous-régions préfrontales impliquées dans le contrôle inhibiteur et la régulation de l’humeur. 


Références bibliographiques 

Chorphaka Damrongthai, Ryuta Kuwamizu, Kazuya Suwabe, Genta Ochi , Yudai Yamazaki, Takemune Fukuie, Kazutaka Adachi, Michael A Yassa, Worachat Churdchomjan, Hideaki Soya. Benefit of human moderate running boosting mood and executive function coinciding with bilateral prefrontal activation. Sci Rep. 2021 Nov 22;11(1):22657. doi: 10.1038/s41598-021-01654-z.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

Photo de RUN 4 FFWPU sur Pexels.com

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