Peut-on prescrire n’importe quel exercice dans les scapulalgies ou cervicalgies ?


La réponse est mi-chèvre, mi-chou. Et s’il suffisait de bouger ?

Un total de neuf études éligibles, représentées dans 13 articles, ont été identifiées dans cette revue systématique, avec un risque considérable de biais. 

Ce qu’avance cette revue systématique :

  • Un article a étudié l’effet aigu d’une seule séance d’exercice sur la douleur et a signalé une réduction immédiate de la douleur après un exercice non spécifique. 
  • Sept des neuf études n’ont trouvé aucune différence de douleur entre les interventions, avec des résultats incohérents dans deux autres études, sur les effets à court terme.
  • En ce qui concerne les effets à long terme, si la réduction de la douleur semble être favorisée par des exercices spécifiques (deux articles sur quatre), la meilleure façon de faire n’est toujours pas définie. 
  • Sur la base des effets à court terme, une seule séance d’exercices non spécifiques semble être une meilleure option pour soulager la douleur chez les patients souffrant de douleurs chroniques au cou ou à l’épaule. 
  • Pour les effets à court terme, il n’y a pas de différence de douleur entre les exercices spécifiques et non spécifiques. 
  • En ce qui concerne les effets à long terme, les exercices spécifiques semblent être la meilleure option. Néanmoins, d’autres études sont nécessaires.

Vous êtes formateur spécialisé dans l’épaule ou le rachis cervical et vous avez envie de vous petit suicider ? Attendez un peu

 

Il existe de nombreuses preuves de la réduction de la douleur après un programme d’exercices, spécifiques ou non, à court et à long terme. 

Pour le court-terme cela reste à prouver, pour le long-terme, on a quelques preuves en faveur d’une technologie un peu plus élaborée, même si ces résultats sont en accord avec une revue systématique Cochrane évaluant l’utilisation du contrôle moteur comme stratégie d’exercice spécifique parmi une population de cervicalgiques chroniques. 

L’étude a suggéré que les exercices spécifiques de contrôle moteur n’étaient pas supérieurs aux stratégies d’exercice plus généraux. On ne retrouve pas non plus de preuves de la supériorité d’un type d’exercice pour les douleurs musculo-squelettiques chroniques. Par conséquent, le type d’exercice pourrait être moins important que le fait de faire de l’exercice. 

Il y a peut être une autre façon d’interpeler le cerveau du patient que de tout miser sur la technologie

Peut être que les facteurs psychologiques et/ou neuro-physiologiques communs à toutes les approches de l’exercice ont de plus grands effets sur la douleur que le type d’exercice. 

Du coup, si les changements de la douleur et de l’incapacité se produisent sans changements de la fonction physique, alors les modalités spécifiques de l’exercice et leur dosage semblent être moins pertinents dans la douleur musculo-squelettique chronique. 

Si l’exercice peut effectivement désensibiliser le système nerveux central, cela induit de communiquer efficacement avec le cerveau du patient. 

Cette hypothèse a récemment été soutenue par un examen des preuves actuelles sur les mécanismes centraux qui sous-tendent la douleur et l’analgésie induites par l’exercice. Il y a des preuves soutenant l’hypothèse selon laquelle les résultats des interventions d’exercice peuvent être optimisés lorsqu’ils sont destinés aux bonnes personnes et adaptés à la présentation de l’individu. 

A chaque pot son couvercle

Tout ceci doit se nicher dans le ressenti du patient et cela dépasse les débats sur la nécessaire obligation technologique. Tel patient doit apprécier le praticien qui semble aguerri en biomécanique, tel autre se sent bien dans un gymnase entouré d’autres patients…

Les auteurs délivrent une conclusion en demi-teinte en indiquant que «l’exercice supervisé, la thérapie individualisée et les techniques d’autogestion peuvent contribuer à la réussite d’un programme de réadaptation». 

Peut être la solution consiste à débuter en individuel quelques séances pour bien faire sentir au patient que les professionnels c’est nous, et orienter les réfractaires vers un gymnase collectif où les patients peuvent apporter des chocolats, arroser l’anniversaire du petit dernier, s’apostropher d’un box à l’autre ? Vous avez besoin de lire KINotes pour apprendre çà ?


Références bibliographiques 

Lirios Dueñas, Marta Aguilar-Rodríguez, Lennard Voogt, Enrique Lluch, Filip Struyf, Michel G C A M Mertens, Kayleigh De Meulemeester, Mira Meeus. Specific versus Non-Specific Exercises for Chronic Neck or Shoulder Pain: A Systematic Review. J Clin Med. 2021 Dec 18,10(24):5946. doi: 10.3390/jcm10245946.

Article en accès libre en cliquant sur le lien du titre 

Photo de Allan Mas sur Pexels.com

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