Genou douloureux : une première intention pour le kinésithérapeute 


 

Après la cheville et les lombaires, le genou. Il va falloir bientôt définir quelle région doit être impérativement vue par un médecin d’abord, ça ira plus vite. La problématique n’est pas que française, comme d’habitude.

Contexte 

Au cours de la prochaine décennie, le nombre de consultations pour gonarthrose devrait augmenter. Les physiothérapeutes peuvent être considérés comme tout aussi qualifiés que les médecins pour évaluer les patients souffrant d’arthrose du genou, cependant, les évaluations économiques de ce modèle de soins n’ont pas encore été décrites. 

Pour déterminer si les physiothérapeutes en tant qu’évaluateurs primaires pour les patients soupçonnés d’arthrose du genou dans le cadre des soins primaires sont une alternative rentable par rapport aux soins traditionnels dispensés par les médecins, les auteurs ont effectué une analyse coût-efficacité parallèlement à un essai pragmatique contrôlé et randomisé.

Méthodes : 

Les patients ont été randomisés pour être évalués et traités d’abord par un physiothérapeute ou un médecin dans le cadre des soins primaires. Une analyse coût-efficacité a comparé les coûts et les effets en années de vie ajustées sur la qualité (QALY) pour les différents modèles de soins. 

Les analyses ont été appliquées en intention de traiter.

Résultats : 

69 patients ont été randomisés pour recevoir d’abord un physiothérapeute (n = 35) ou un médecin (n = 34). 

Les coûts des visites chez le médecin et des radiographies étaient significativement plus élevés dans le groupe des médecins (p < 0,001 et p = 0,01). 

Les deux groupes ont amélioré leur qualité de vie liée à la santé 1 an après l’évaluation par rapport à la situation de départ. Il n’y avait pas de différences statistiquement significatives entre les groupes en termes de QALYs ou de coûts totaux. 

Le rapport coût-efficacité différentiel pour le physiothérapeute par rapport au médecin était une économie de 24 266 €/QALY perdue (perspective sociétale) et de 15 533 €/QALY perdue (perspective des soins de santé). 

Il y a une probabilité de 72 à 80 % que la prise en charge par un physiothérapeute en premier lieu pour les patients présentant une suspicion d’arthrose du genou soit moins coûteuse et diffère de moins de ±0,1 en QALY par rapport à la prise en charge traditionnelle par un médecin.

Conclusion : 

Ces résultats suggèrent que le modèle de soins dirigé par un physiothérapeute pourrait réduire les coûts des soins de santé et entraîner une diminution marginale des QALY, mais les intervalles de confiance étaient larges et ne recouvraient aucune différence. Les conséquences sur la santé en fonction de la profession du premier évaluateur de l’arthrose du genou semblent être comparables pour les physiothérapeutes et les médecins. 

L’accès direct au physiothérapeute dans le cadre des soins primaires semble entraîner une diminution des consultations médicales et des radiographies. Cependant, des essais cliniques de plus grande envergure et des études qualitatives pour évaluer la perception de ce modèle de soins par les patients sont nécessaires.


Références bibliographiques 

Chan-Mei Ho-Henriksson, Mikael Svensson, Carina A Thorstensson, Lena Nordeman. Physiotherapist or physician as primary assessor for patients with suspected knee osteoarthritis in primary care – a cost-effectiveness analysis of a pragmatic trial. BMC Musculoskelet Disord. 2022 Mar 17;23(1):260. doi: 10.1186/s12891-022-05201-3.

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Photo de ROCKETMANN TEAM sur Pexels.com

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