La perte de la rotation médiale de jambe, l’un des trois signes majeurs de gonalgie


Genu-valgum en charge unipodal

Observations

Le genu-valgum limite les déplacements latéraux du centre de gravité lors de la marche, assurant un quasi-parallélisme des tibias [5]. Il permet donc une marche plus économique qu’un membre inférieur aligné. Cependant, il entraine une plus grande laxité du genou. Celle-ci est plus féminine et susceptible de traumatismes lors de la fatigue engendrée par le sport. 

Le genu-valgum s’accompagne d’une rotation latérale de jambe. Cela majore les contraintes fémoro-patellaires, par l’augmentation de l’angle entre tendon patellaire et tendon quadricipital. Cela se traduit par une contrainte patellaire plus importante sur la joue latérale de la trochlée fémorale. 

1°- Statique du genu-valgum : 

Demander au patient debout de joindre les membres inférieurs. Les genoux vont être les premiers en contact. 

Observer sur le sujet de face l’angle Q soit l’angle entre EIAS / centre de la patella / tubérosité tibiale antérieure. Il est ouvert en dehors et matérialise les lignes de traction du quadriceps et du tendon patellaire. Il est de l’ordre de 10° chez l’homme, 15° chez la femme. Il augmente avec la pronation du pied, la torsion tibiale externe, l’antétorsion fémorale. 

2°- Comportement du genou à l’accroupissement : 

Demander au sujet de s’accroupir et l’observer de face. Le condyle médial du genou doit, dans un plan frontal, rester à l’aplomb de l’hallux. Un déport médial de ce condyle traduit la tendance à la rotation latérale de jambe. Un torsion osseuse tibiale externe plus prononcée peut être à l’origine de ce comportement. 

3°- Comportement du genou lors du saut en contrebas : 

Demander au sujet de sauter en contrebas d’un marche pied. Lors de réception, l’objectivation clinique lors du saut, plutôt fiable, peut être la cause d’entorses médiales. 

Recherche d’une torsion tibiale externe :

La maturation du squelette osseux du membre inférieur se fait en rotation latérale, grâce à la diminution de l’angle d’antétorsion fémorale, l’abduction du pied et la torsion tibiale externe. 

Sujet debout : 

Le «too-much-toes sign» des anglo-saxons décrit la vision d’un plus grand nombre d’orteils du côté de la torsion majorée, sur un sujet debout vu de dos. 

Sujet assis en bout de table : 

Les genoux joints, les jambes pendantes, le pied côté torsion est plus abducté. 

Sujet en décubitus bout de table : 

Demander au patient de se placer le membre inférieur fléchi et tenu en controlatéral, pour mettre en évidence une torsion tibiale induite par un tractus ilio-tibial trop raide [Sahrmann 2011]. La jambe tombe en rotation latérale marquée. 

Sujet en décubitus : 

Sans titreUne apparente rotation latérale bilatérale excessive des membres inférieurs (bords latéraux des pieds pratiquement en contact avec la table) peut se rencontrer chez des individus laxes ou ayant travaillé leur souplesse (danseurs). Elle est aussi le témoin d’une torsion tibiale externe excessive. Placer les patella du patient au zénith en joignant les cuisses : l’absence de contact des bords médiaux des pieds est en faveur d’une torsion tibiale importante. Ce sont des sujets qui marchent ou courent «en canard». 

Concordance de ces observations : 

Shirley Sahrmann a proposé sept tableaux cliniques pour le genou [2]. Ils sont repris dans une étude de cas en accès libre [4]. 

180 patients souffrant de gonalgies, âgés de 18 à 65 ans ont été analysés [1], en reprenant ces tableaux cliniques, par trois kinésithérapeutes. 

Quatre facteurs en rapport avec trois de ces tableaux ont été mis en avant. Deux étaient en rapport avec la rotation tibio-fémorale, les deux autres avec la mobilité patellaire latérale et l’hypomobilité tibio-fémorale. La perte de rotation médiale tibiale semble donc être un des trois facteurs de gonalgies reconnus par les kinésithérapeutes. 

Fiabilité de ces observations : 

96 patients entre 18 et 65 ans souffrant de gonalgies ont été évalués par trois kinésithérapeutes et revus une semaine après pour déterminer la fiabilité intra-opérateur [3]. 

Les auteurs considèrent cette fiabilité acceptable en inter-opérateurs, les valeurs des coefficients de kappa étant cependant bien étendues en fonction des signes recherchés. La fiabilité intra-opérateur apparaît moins importante, les auteurs considérant que la fluctuation des signes nuit à leur reproductibilité de semaine en semaine. 


Références bibliographiques : 

[1] Kajbafvala M et al. Validation of the movement system impairment-based classification in patients with knee pain. Man Ther. 2016 Sep;25:19-26 

Résumé disponible en ligne 

[2] Sahrmann S. Diagnosis and Treatment of Movement Impairment Syndromes. Mosby Ed. 2001 

[3] Kajbafvala M et al. Intratester and intertester reliability of the movement system impairment-based classification for patients with knee pain. Man Ther. 2016 Aug 5;26:117-124 

Résumé disponible en ligne 

[4] Harris-Hayes M, Sahrmann SA, Norton BJ, Salsich GB. Diagnosis and management of a patient with knee pain using the movement system impairment classification system. J Orthop Sports Phys Ther. 2008 Apr;38(4):203-13 

Article disponible en ligne 

[5] Viel E. La marche humaine. Masson. 2000

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