Incontinence urinaire & abdominaux


Sans titre

 

 

Est-ce que les femmes souffrant d’incontinence urinaire peuvent faire des abdominaux en enroulement ? 

L’incontinence urinaire et les prolapsus pelviens touchent 3 à 5 femmes sur 10. Les abdominaux sont incriminés et plutôt non recommandés, comme toute activité entrainant une augmentation de la pression intra-abdominale. 

Celle de 30 femmes souffrant de troubles uro-gynécologiques a été mesurée lors de trois exercices abdominaux en enroulement et une toux maximale répétée trois fois. 

Procédure : 

Les patientes étaient âgées de 29 à 80 ans, (âge moyen à 56.2 ans), en léger surpoids, avec un IMC à 29.9 (5.2) kg/m2. Toutes souffraient d’incontinence urinaire et douze d’entre elles présentaient en plus un prolapsus. 

La pression intra-abdominale était une pression intra-vaginale, recueillie lors d’une cystométrie, selon le protocole habituel, mesure donnée valide et fiable par les auteurs. 

L’exercice sollicitant les abdominaux consistait, en décubitus, genoux fléchis pieds sur la table, bras croisés sur la poitrine, de relever le buste jusqu’à ce que les angles inférieurs des scapulas soient décollés du plan de la table d’examen. 

Résultats : 

Leur pression intra-abdominale a augmenté de façon significative (p < 0.001) entre le repos (19.6 cmH20) les abdos (50.3 cmH20) et la toux (78.4 cmH20). De plus grandes pressions se retrouvaient chez celles souffrant d’un prolapsus (p = 0.02). 

Mais les étendues de ces variations étaient importantes entre les patientes ( de 1.67 à 159.66 cmH20 pour la toux, de 4 à 81.67 cmH20 pour le travail des abdominaux). 

Du coup recommander de ne pas faire d’abdominaux peut être sans intérêt pour certaines patientes, utiles pour d’autres. Mais lesquelles ? 

Discussion présentée par les auteures : 

Les femmes obèses présentent une plus forte pression intra-abdominale à la fois au repos et lors de l’exercice, ce qui concorde avec d’autres études. Peut être que la rééducation de l’obésité chez la femme ne doit pas débuter par des exercices abdominaux, ce qui n’est cependant pas rare… 

L’échantillon n’est pas suffisant pour faire des stratifications de ces patientes par facteurs particuliers. 

Le placement de la sonde vaginale pourrait ne pas être parfait pour chaque sujet, expliquant les variations. 

L’utilisation d’un capteur vaginal à demeure pourrait illustrer un peu mieux les variations de pression abdominale lors des  activités de la vie quotidienne. 

En retenir pratiquement : 

Peut être pas une bonne idée d’encourager les patientes obèses d’aller « faire de la gym » pour maigrir et avoir des abdos hypertoniques… 


Référence bibliographique : 

Simpson S et al. Should women with incontinence and prolapse do abdominal curls? Int Urogynecol J. 2016 Oct;27(10):1507-12 

Résumé disponible en ligne 

Conversion des cmH20 en mmHg ou en pascals 

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