La flexion du cou joue sur le nerf à la hanche, mais de façon marginale…
Procédure
Pour le test du nerf fémoral droit, le patient est couché en latéro-cubitus gauche, en enroulement du rachis thoraco-lombaire et flexion cervicale. Le kinésithérapeute est en arrière de son bassin ; il maintient le genou droit à 90° de flexion pendant que le patient maintient son genou et sa hanche gauche fléchis sans aller jusqu’à la butée pour permettre une flexion lombaire.
Le kinésithérapeute réalise une extension de la hanche droite jusqu’à atteindre une tension douloureuse à la face antérieure de cuisse.
Valeurs
Lorsque l’extension de tête soulage les douleurs de cuisse, le test est positif.
Remarque
La mise en tension des nerfs périphériques est susceptible de provoquer des douleurs chez le sujet sain.
Ces douleurs doivent être distinguées de celles retrouvées lors de l’examen d’un patient souffrant de névralgies, dont les souffrances doivent être reproduites et modifiées par la variation de la mise en tension neurale lorsque le test est positif.
La plupart des sujets sains évoquent une tension inconfortable à la face antérieure de cuisse lors de la réalisation du test, diminuant lors de l’extension du cou en position neutre comme en flexion du tronc : l’extension du cou diminue la tension des racines lombales et permet une augmentation de l’angle d’extension coxo-fémorale avant survenue de la douleur.
Il semble difficile de comparer les amplitudes d’extension droite et gauche chez un même sujet de par la position de test (latéro-cubitus) et l’absence de symétrie ; l’amplitude articulaire ne peut donc pas servir d’indicateur.
La nécessaire répétition du test pour en accroître la précision limite les applications cliniques.
Validité
La flexion du cou en position de slump fémoral ne provoquerait pas de déplacement longitudinal (0.0 ± 0.3 mm; p = 0.55) ni ventral du nerf, juste une petite excursion médiale (1.1 ± 0.5 mm; p < 0.001), ce qui indique cependant l’impact de l’étirement neuro-méningé sur le nerf [1].
Des mesures de contraintes invasives ou d’élastographie in vivo sont nécessaires pour étudier plus en avant l’effet du mouvement du cou sur la biomécanique du nerf fémoral.
Les amplitudes d’extension coxo-fémorales lors du test sont similaires quel que soit le sexe, mais varient en fonction de la position du rachis thoraco-lombal et cervical. Elles sont indépendantes de la souplesse du sujet, souvent asymétriques. La flexion du cou, comme celle du tronc induit une diminution de l’extension coxo-fémorale. L’intensité de la douleur perçue chez ce sujet sain varie elle aussi significativement en fonction de la position du tronc et du cou [2].
Référence bibliographique
[1] Sierra-Silvestre, E., Bosello, F., Fernández-Carnero, Josué., Hoozemans, M.J.M., Coppieters, M.W., Femoral nerve excursion with knee and neck movements in supine, sitting and side-lying slump: An in vivo study using ultrasound imaging, Musculoskeletal Science and Practice (2018), doi: 10.1016/j.msksp.2018.06.007.
[2] Lai WH, Shih YF, Lin PL, Chen WY, Ma HL. Normal neurodynamic responses of the femoral slump test. Manual Therapy. Volume 17, Issue 2, Pages 126-132 (April 2012)

