
Lors de la flexion du cou, le moignon de l’épaule est mobilisé crânialement, ce qui autorise un glissement crânial des racines cervicales. Lors de l’extension, il est mobilisé caudalement, ce qui autorise leur glissement caudal. Les deux manoeuvres se font dans un plan frontal.
Variante bilatérale
Le patient assis est filmé avec son smartphone lorsqu’il réalise une flexion de cou en enroulement («regardez votre nombril») en haussant les deux épaules, une extension du cou («regardez le plafond»), en abaissant les deux épaules.
Auto-mobilisation neurale en glissement du nerf médian

Un glissement distal du nerf médian est permis par une extension du coude et du poignet et une inclinaison latérale homolatérale du cou, le glissement proximal est permis par une inclinaison latérale controlatérale du cou et une flexion du coude et des doigts. Ces techniques produisent des excursions majeures du nerf dans son interface avec des contraintes minimales.
Le patient est invité à les réaliser en abduction du bras à 90° sans rotation de tête. En présence de douleur lors de la réalisation, il lui est conseillé :
– De débuter en rotation controlatérale de tête coude et poignet fléchis (glissement proximal) et de finir en rotation homolatérale de tête coude et poignet en extension (glissement distal) et/ou
– De réaliser les glissements le bras en abduction inférieure à 90°.
Auto-mobilisation neurale par mise en tension du nerf médian
Elles visent à alterner ces deux positions qui pourraient être, en fin de progression :
– Une position de relâchement neural maximal en inclinaison latérale homolatérale de la tête, main sur la tête,
– Une position de mise en tension neurale maximale en inclinaison latérale contro-latérale de tête, abaissement du moignon de l’épaule, extension du coude, du poignet et des doigts.
Ces techniques ne doivent pas être douloureuses et peuvent être modifiées si nécessaire :
1°- À l’aide d’une rotation controlatérale de tête sans inclinaison latérale ou,
2°- En étant effectuées sans aucun mouvement du rachis et/ou,
3°- Avec une abduction d’épaule augmentée.
Le patient est invité à réaliser 10 à 15 répétitions de techniques de glissement et de mise en tension, trois fois par jour les jours où il ne bénéficie pas de prise en charge par un kinésithérapeute. Le jour de la séance, le kinésithérapeute vérifie que le patient sait réaliser convenablement les mouvements et ajuste la progression dans les exercices. La thérapie manuelle est réalisée en 4 séances sur 15 jours. Le patient est invité à rester actif.
L’augmentation des douleurs consécutives au traitement entraîne son arrêt.
Validité
Un mois après le début du traitement et comparativement à un groupe non-traité, les patients se déclarant améliorés sont 38%IC95%[16 – 60] fois plus nombreux, quels que soient les indicateurs (EVA, Neck Disability Index, Patient Specific Functional Scale, Global Rating of Change). Ce temps de latence d’un mois est retrouvé dans d’autres études [Wolny 2017]. Le number-needed-to-treat (NNT) est en deçà de 5 [Nee 2012].
Il n’a pas été retrouvé d’aggravation consécutive au traitement ou de preuves en faveur d’un effet nocif de ce traitement [Nee 2012].
Références bibliographiques
Nee R et al. Neural tissue management provides immediate clinically relevant benefits without harmful effects for patients with nerve-related neck and arm pain: a randomised trial. Journal of Physiotherapy. Volume 58, Issue 1, 2012, Pages 23–31
Wolny T et al. Efficacy of Manual Therapy Including Neurodynamic Techniques for the Treatment of Carpal Tunnel Syndrome: A Randomized Controlled Trial. J Manipulative Physiol Ther. 2017 Apr 8. Article en pré-publication.
