Traitement neurodynamique du membre supérieur II : Mobilisation cervico-scapulaire favorisant le glissement neural foraminal


Rédigé par le Samedi 2 Juin 2018




Traitement neurodynamique du membre supérieur II : Mobilisation cervico-scapulaire favorisant le glissement neural foraminal
Le kinésithérapeute, à la tête du patient en décubitus, invite le patient à réaliser des flexions / extensions actives crânio-cervicales avec une prise mentonnière, sans décoller la tête. L’autre main empaume le deltoïde et incite le patient à réaliser une alternance d’abaissement / élévation du moignon de l’épaule.

Lors de la flexion du cou, le moignon de l’épaule est mobilisé crânialement, ce qui autorise un glissement crânial des racines cervicales. Lors de l’extension, il est mobilisé caudalement, ce qui autorise leur glissement caudal. Les deux manoeuvres se font dans un plan frontal.

Variante bilatérale

Le patient assis est filmé avec son smartphone lorsqu’il réalise une flexion de cou en enroulement («regardez votre nombril») en haussant les deux épaules, une extension du cou («regardez le plafond»), en abaissant les deux épaules.


Auto-mobilisation neurale en glissement du nerf médian

Traitement neurodynamique du membre supérieur II : Mobilisation cervico-scapulaire favorisant le glissement neural foraminal
Patient debout, il s’agit d’alternances de glissement distal ou proximal du nerf dans son interface. Avant-bras et tête s’inclinent dans le même sens, lors des deux temps de la manoeuvre.

Un glissement distal du nerf médian est permis par une extension du coude et du poignet et une inclinaison latérale homolatérale du cou, le glissement proximal est permis par une inclinaison latérale controlatérale du cou et une flexion du coude et des doigts. Ces techniques produisent des excursions majeures du nerf dans son interface avec des contraintes minimales.

Le patient est invité à les réaliser en abduction du bras à 90° sans rotation de tête. En présence de douleur lors de la réalisation, il lui est conseillé :

– De débuter en rotation controlatérale de tête coude et poignet fléchis (glissement proximal) et de finir en rotation homolatérale de tête coude et poignet en extension (glissement distal) et/ou
– De réaliser les glissements le bras en abduction inférieure à 90°.


Auto-mobilisation neurale par mise en tension du nerf médian

Patient debout, ce sont des mouvements qui alternent des contraintes neurales en étirement, en éloignant les deux extrémités du nerf et en relâchement, en rapprochement de ses extrémités. Cette fois-ci, tête et avant-bras s’inclinent en sens inverse.

Elles visent à alterner ces deux positions qui pourraient être, en fin de progression :

– Une position de relâchement neural maximal en inclinaison latérale homolatérale de la tête, main sur la tête,
– Une position de mise en tension neurale maximale en inclinaison latérale contro-latérale de tête, abaissement du moignon de l’épaule, extension du coude, du poignet et des doigts.

Ces techniques ne doivent pas être douloureuses et peuvent être modifiées si nécessaire :

1°- À l’aide d’une rotation controlatérale de tête sans inclinaison latérale ou,
2°- En étant effectuées sans aucun mouvement du rachis et/ou,
3°- Avec une abduction d’épaule augmentée.

Le patient est invité à réaliser 10 à 15 répétitions de techniques de glissement et de mise en tension, trois fois par jour les jours où il ne bénéficie pas de prise en charge par un kinésithérapeute. Le jour de la séance, le kinésithérapeute vérifie que le patient sait réaliser convenablement les mouvements et ajuste la progression dans les exercices. La thérapie manuelle est réalisée en 4 séances sur 15 jours. Le patient est invité à rester actif.
L’augmentation des douleurs consécutives au traitement entraîne son arrêt.

Validité

Un mois après le début du traitement et comparativement à un groupe non-traité, les patients se déclarant améliorés sont 38%IC95%[16 – 60] fois plus nombreux, quels que soient les indicateurs (EVA, Neck Disability Index, Patient Specific Functional Scale, Global Rating of Change). Ce temps de latence d’un mois est retrouvé dans d’autres études [Wolny 2017]. Le number-needed-to-treat (NNT) est en deçà de 5 [Nee 2012].

Il n’a pas été retrouvé d’aggravation consécutive au traitement ou de preuves en faveur d’un effet nocif de ce traitement [Nee 2012].

Références bibliographiques

Nee R et al. Neural tissue management provides immediate clinically relevant benefits without harmful effects for patients with nerve-related neck and arm pain: a randomised trial. Journal of Physiotherapy. Volume 58, Issue 1, 2012, Pages 23–31

Wolny T et al. Efficacy of Manual Therapy Including Neurodynamic Techniques for the Treatment of Carpal Tunnel Syndrome: A Randomized Controlled Trial. J Manipulative Physiol Ther. 2017 Apr 8. Article en pré-publication.

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