Le coude est raide : évaluations & traitements passifs

Généralités 

Les déficits de mobilité survenant dans le plan sagittal après immobilisation et/ou traumatisme consolidé touchent à la fois la flexion et l’extension.

Mesures

Goniométrie de la flexion du coude

Le patient est en décubitus, bras le long du corps, en supination. Le kinésithérapeute utilise un goniomètre à branches. Un segment est placé en alignement du bras, l’autre de l’avant-bras. Le centre du goniomètre est placé sur l’épicondyle latéral.

Inclinométrie de la flexion du coude

1

Procédure 

Le patient est en décubitus, coude fléchi au maximum de ses possibilités. Le kinésithérapeute latéral à lui fait glisser un inclinomètre de la face postérieure du bras à la face postérieure de l’avant-bras (inclinomètre non cliqué sur 0). Il veille à ne pas mobiliser le membre supérieur durant la mesure, de façon à ne pas fausser le résultat, qui se lit en lecture directe.

2

boussoleValidité 

La mesure goniométrique de la flexion est d’une forte fiabilité inter-examinateurs, avec différents types de goniomètres, chez des sujets présentant des pathologies du coude [16, 5]. La sensation de fin de mouvement est par contre d’une faible fiabilité [5]. 

Goniométrie du coude en extension

3

Procédure 

Le patient est en décubitus, bras le long du corps, en supination. Un coussin cale dur est placé sous l’extrémité inférieure du bras de façon à permettre la mesure d’un éventuel récurvatum. Le kinésithérapeute utilise un goniomètre à branches. Un segment est placé en alignement du bras, l’autre de l’avant-bras. Le centre du goniomètre est placé sur l’épicondyle latéral.

boussoleFiabilité

La fiabilité inter-examinateurs de cet examen est forte [5].

Mobilisations passives

Massage-mobilisation en valgus-varus

Objectifs  

Le but est d’aborder cette région par une prise enveloppante, en jouant sur les mouvements mineurs de l’articulation de façon à permettre une plus grande facilité dans les mouvements majeurs de flexion – extension. Elle est aussi à utiliser en présence d’un coude tuméfié, une fois les contre-indications éliminées.

5

Procédure 

Le patient est assis ou en décubitus. Le kinésithérapeute latéral à lui réalise une mobilisation passive douce en valgus-varus, avec quelques degrés de flexion de manière à désengager l’olécrane. La main proximale contacte la région sus-épicondylienne médiale, de façon à réaliser un pompage doux et rythmique de cette région riche en noeuds lymphatiques.

4

Un œdème peut se former chez des patients au coude maintenu appuyé sans mobilisation (par exemple lors d’une hémiplégie flasque). Cette technique permet une résorption parfois surprenante de cet œdème lié à la non utilisation.

Mobilisation passive en traction du coude

6

Procédure 

Le patient est en décubitus, le kinésithérapeute homolatéral au coude à traiter. L’humérus est fermement maintenu sur la table de la main proximale, à sa partie toute inférieure, de façon à repousser l’avant-bras vers le caudal. La main distale réalise une traction à proximité de l’articulation. L’abdomen du praticien réalise un contre-appui sur le poignet du patient de manière à encourager la flexion, majorée par la butée avec la main proximale du kinésithérapeute. La décompression du coude n’est pas palpable lors de cette manœuvre.

Mobilisation passive en extension du coude 

7

Procédure 

L’extrémité inférieure de l’humérus aménage une logette pour le bec olécranien. Le maintien d’une attitude en flexion entraîne un comblement de cette logette, ce qui fait perdre les derniers degrés d’extension. Ces amplitudes sont aisément réductibles par une mobilisation passive et posture en extension du coude, lorsqu’elle n’intervient pas trop tardivement.

Il s’agit de mobiliser une surface concave sur une surface convexe. Le glissement est classiquement considéré comme allant dans le sens du mouvement. Le patient est en décubitus, le kinésithérapeute homolatéral au coude à traiter. La main proximale se ferme sur le coude, de façon à entraîner la réintégration de l’olécrane dans sa logette. La main distale amène le coude en extension, sous traction thoraco-brachiale.

Mobilisation passive en flexion du coude 

8

Procédure 

Il s’agit de mobiliser une surface concave sur une surface convexe. Le patient est en décubitus, le kinésithérapeute latéral à lui. La main proximale se place en butée sur les deux segments, de manière à permettre un glissement antéro-postérieur de l’humérus et une traction caudale de la partie proximale de l’avant-bras : elle sert de « coin » entre bras et avant-bras. 

La main distale prend en crochet l’olécrane et réalise le glissement postéro-antérieur de l’avant-bras et la flexion.

En fonction des capacités de flexion du sujet, deux positions sont possibles : 

  • L’avant-bras est placé entre l’abdomen et le membre supérieur du kinésithérapeute 
  • L’avant-bras est placé en avant de l’abdomen du kinésithérapeute.

9

Mobilisation passive en flexion de l’articulation huméro-radiale

10

Procédure 

Cette articulation peut limiter les derniers degrés de flexion du coude. Il s’agit de mobiliser une surface concave sur une surface convexe. Le glissement est donc classiquement dans le sens du mouvement. Le patient est en décubitus, le kinésithérapeute latéral à lui. Les deux pouces du praticien réalisent une poussée sur la tête radiale, dans le sens dorso-ventral.

Étirements musculaires  

Étirement du long triceps 

11

Procédure

Le patient est en décubitus, la main ouverte posée sur la face postérieure du moignon de l’épaule. Le kinésithérapeute, latéralement à la tête du patient, réalise un appui vertical sur l’angle inférieur de la scapula et amène l’épaule en flexion par une prise sur le coude. Gagner en contracté-relâché. Il est recommandé de contraindre le segment le moins fragile, soit ici la scapula [15]. 


Références bibliographiques

[5] Cleland J. Examen clinique de l’appareil locomoteur: Tests, évaluation et niveaux de preuve. 2° édition. Elsevier. 2012

[15] Péninou G, Serge Tixa S. Les tensions musculaires. Du diagnostic au traitement. Elsevier Masson. 2008

[16] Rothstein JM et al. Goniometric Reliability in a Clinical Setting. Physical Therapy 1983, 63 (10) 1611-1615

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