Test de différentiation cervico-thoracique en rotation

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Physiothérapeute égyptienne réalisant le test de différentiation cervico-thoracique sur Horus. Ou pas.

Les revues systématiques ont conclu que la manipulation vertébrale thoracique peut entrainer un bénéfice thérapeutique immédiat dans une cervicalgie. Uun guide clinique la considère comme étant la thérapie manuelle à réaliser en première intention.

Le test de différenciation cervico-thoracique, dont la paternité est attribuée à Evjenth, semble pouvoir être prédictif de la réussite de cette manipulation vertébrale. 

Le principe est simple : tester la douleur cervicale en fin de rotation active avec ou sans torsion thoracique. 

Cette étude visait à déterminer la fiabilité et la précision du diagnostic de ce test.

Procédure 

Elle est illustrée en annexe de l’article.

Le patient est assis en bord de table, le kinésithérapeute se tenant en arrière de lui. 

  1. Le kinésithérapeute demande au patient de tourner la tête dans la direction douloureuse jusqu’à ce que la douleur s’aggrave. Cette amplitude est mesurée à l’aide d’un goniomètre standard afin de fournir un point de référence au cas où la douleur ne serait pas modifiée en présence d’une amplitude plus grande.
  2. Le patient revient en position neutre. 
  3. Il est demandé au patient de tourner le buste (rotation thoraco-lombaire) dans la direction opposée à la douleur. Le kinésithérapeute maintien cette position du corps par un appui sur les épaules. La même procédure est demandée au patient : tourner à nouveau la tête dans la direction douloureuse jusqu’à ce que la douleur apparaisse. Il est demandé au patient de signaler sa douleur comme étant «meilleure», «pire» ou «identique».

Dans le cas où le participant a déclaré la douleur comme étant identique, la rotation est à nouveau mesurée. 

Valeurs 

Le test est positif :

  • Si le patient considère sa douleur diminuée par la mise en rotation thoracique préalable.
  • Si on observe une augmentation substantielle (de l’ordre de 10°) de l’amplitude balayée avant la survenue de la douleur.

Fiabilité 

Elle est très bonne en inter-évaluateurs, avec un kappa à 0,90 [0,77-1,00]. 

Validité 

Une étude de précision du diagnostic prospectif a été réalisée dans deux cabinets de ville et un centre de recherche universitaire. 

Un échantillon de 48 personnes cervicalgiques a été recruté. Leur douleur a été évaluée à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA) au repos et au cours de mouvements provocateurs. 

La norme de référence était le soulagement de la douleur après une manipulation thoracique. Les seuils utilisés correspondaient à l’amélioration au changement minimal détectable à l’EVA (15 mm) et au pourcentage de patients soulagés par la manipulation vertébrale (50%).

Sur les 48 personnes ayant terminé l’étude, 39 (81,3%) étaient améliorées au delà du changement minimal détectable contre 34 (70,8%) en deça de ce seuil de 50%. 

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A quoi correspondent ces chiffres ?

Les auteurs ont tenté de coupler ce test à d’autres manoeuvres comme la traction cervicale ou thoracique, mais cela n’offre pas d’avantages supplémentaires sur le caractère prédictif du test en rotation.

La validité du test pratiqué isolément, à été mesurée, sur la base de la courbe ROC, avec une aire sous la courbe de 0,791.

Commentaires

  • Les auteurs présentent d’autres tests dans d’autres secteurs douloureux (flexion, extension), mais privilégient la rotation. Ils doivent avoir investigué un peu plus largement et, au vu des résultats, s’être limités au test de contrainte en rotation. Perso, ça ne me choque pas, vu que le secteur de rotation me semble correspondre à la plainte la plus fréquente. Statistiquement, multiplier les tests dans une étude et garder le meilleur ?
  • J’ai un peu de mal à comprendre pour quelle raison la douleur en rotation s’améliore en rotation contralatérale du thorax : dans une rotation G cervicale, la butée avec les articulaires thoraciques est plus tardive en position neutre du thorax qu’en rotation D du thorax. Je suppose que c’est globalement la torsion thoracique qui est utilisée ?
  • Cette étude montre l’impact de la torsion thoracique sur les douleurs cervicales et est un pas de plus vers la compréhension de l’abord thoracique dans une cervicalgie, mais en pratique, pourquoi ne pas simplement faire une dog technic en test préalable, juste pour voir ce que dit le patient à la séance d’après ?

Références bibliographiques 

S24687812Swanson BT, Gans MB, Cullenberg A, Cullenberg EK, Cyr R, Risigo L. Reliability and diagnostic accuracy of cervicothoracic differentiation testing and regional unloading for identifying improvement after thoracic manipulation in individuals with neck pain. Musculoskelet Sci Pract. 2019 Feb;39:80-90. doi: 10.1016/j.msksp.2018.11.013.

Article en accès libre en 2019

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