9- Mesures lombaires, sujet debout

Photographie en inflexion latérale du tronc 

1

Procédure 

Le sujet est  debout, pieds joints à une cale fixée au sol. Il lui est demandé de s’incliner vers la gauche, chaque main longeant et contactant la face latérale de la cuisse. Le kinésithérapeute recommande au sujet de réaliser une translation de la tête vers la gauche, du bassin vers la droite. Le sujet doit regarder devant lui. 

Repères remarquables 

L’angle formé par la ligne joignant naissance des deux plis thoraco-brachiaux postérieurs et la verticale peut être utilisé pour la mesure.

Photographie en extension du tronc 

2

Procédure 

Le sujet est placé talons calés, membres inférieurs en rotation libre, genoux tendus. Les bras sont croisés sur le thorax à «l’égyptienne», les mains sur les épaules. Il lui est demandé de translater le bassin vers l’avant, avec une extension maximale de la tête, extension du tronc, translation postérieure du thorax. Il faut veiller au maintien de l’extension des genoux.

Repères remarquables

Des angles peuvent être déterminés à partir de repères ponctuels ou longitudinaux :

1 – partie lombaire la plus antérieure / scapula avec la verticale 

2 – partie la plus postérieure du bassin / scapula avec la verticale

3 – angle de flexion des chevilles.

Photographie en flexion du rachis 

3

Procédure 

Le sujet est placé talons calés, membres inférieurs en rotation libre, en flexion antérieure du rachis, genoux tendus. Les bras sont croisés sur le thorax à «l’égyptienne», les mains sur les épaules, la tête en flexion maximale. Il est recommandé au sujet de translater le bassin vers l’arrière.

Repères remarquables

Afin de déterminer l’amplitude de flexion du rachis sur les membres inférieurs, une ligne est tracée entre la naissance du pli thoraco-brachial postérieur et le point le plus postérieur du bassin.

Sont mesurés : 

1°- L’angle entre cette ligne et l’horizontale

2°- L’angle d’extension des chevilles.

Test de Schöber 

4

Cette mesure ancienne ne tient pas compte de la mobilité de L5-S1 et est plus longue à mettre en oeuvre que l’inclinométrie. Même si des marqueurs cutanés sur L3 et L4 reflètent bien la position de la vertèbre sous-jacente [53], le test apprécie essentiellement l’élasticité cutanée, variable avec l’âge.

Procédure 

Le sujet étant préalablement assis, repérer L5 dans cette position (en anté- et rétro-version du bassin, sur un sujet assis, L5 bouge et S1 ne bouge pas). Garder le contact avec l’épineuse de L5 et demander au sujet de se mettre debout. Mesurer + 10 cm à partir de l’épineuse de L5.

Valeurs 

La valeur pour un test de Schöber classique (L5 + 10 cm) est de l’ordre de + 5 cm chez le sujet jeune et sain.  

Variante, le test de Schöber modifié (Macrae-Wright), étagé

Tracer un trait à 5 centimètres en dessous des fossettes de Michaelis, et un autre à 10 centimètres au-dessus. Puis marquer de 10 en 10, jusqu’aux dorsales moyennes. Faire réaliser une grande flexion antérieure. Mesurer à nouveau. L’augmentation de longueur inter-traits s’atténue au fur et à mesure que l’on se rapproche des cervicales, de façon harmonieuse. L’amplitude diminue avec l’âge.

boussoleCe test pourrait être de validité comparable à la double inclinométrie [77], mais on retrouve une absence de différence de mesures moyennes entre Schöber et Schöber modifié, ce qui relativise la précision de ces mesures [18]. 

Variante du test de Schöber à partir de S2

Il est difficile d’obtenir un étagement précis des fossettes de Michaelis. Ces dernières ne sont en effet pas ponctuelles et ne sont pas retrouvées dans 25 % des cas [49].  Partir de L5 est aussi problématique, de par la difficulté de sa palpation précise, même chez des sujets entraînés [5]. Il est par contre possible de repérer précisément S2, partie inférieure des EIPS. 

Se servir de S2 pour mesurer de 10 cm en 10 cm.

Mesure de la distance doigts-sol (DDS) en flexion 

5

Procédure 

Le sujet se place debout sur la première marche d’un marche-pied. Il réalise une flexion antérieure du rachis les bras pendants. Les membres inférieurs sont tendus, les mains jointes. A l’aide d’un mètre-ruban ou d’une règle graduée, le praticien mesure la distance entre la pulpe des médius et le sol. La distance entre la surface de la première marche du marche-pied et le sol est retranchée de la distance obtenue. 

La mesure est par convention positive si les doigts n’atteignent pas la hauteur de la marche, négative si elle dépasse cette hauteur.

boussoleValeurs 

Des sujets jeunes et sains sont capables de dépasser le plan du marche-pied et donc d’aller au-delà du simple contact avec le sol (–3.6 ± 8.3 cm). Les sujets féminins n’apparaissent pas plus souples que les masculins [20].

Fiabilité 

Cette mesure par mètre-ruban est considérée comme étant la plus fiable en inter-examinateurs parmi les mesures des différents plans chez le lombalgique [19].

boussoleValidité 

Elle n’est pas un bon indicateur de la souplesse du rachis lombaire ni des coxo-fémorales, de par les nombreuses articulations qu’elle met en jeu [70]. 

Il existe par contre une bonne corrélation entre ce test et la souplesse des ischio-jambiers [15], ainsi que la mobilité des articulations tibio-tarsiennes [35].

Dans le suivi sur le long terme des lombalgiques, elle apparait bien corrélée avec le questionnaire Roland-Morris (RMQ), plus que ne l’est le test de la jambe tendue (Straight Leg Raising test ou SLR). Le changement minimal détectable est de l’ordre de 5 cm pour la DDS et de 6° pour le SLR. Les modifications de la DDS sur un mois sont prédictives des modifications du RMQ sur un an [17].

Centimétrie de l’inclinaison latérale 

6

Procédure 

Le patient est debout, dos collé au mur, au garde-à-vous, pieds joints. Marquer sur la cuisse la position extrême de chaque médius en position neutre. Demander au patient de glisser en inflexion en frottant les omoplates contre le mur. En fin de mouvement, marquer la position extrême de chaque médius. Mesurer la distance parcourue par chaque médius. Procéder de la sorte permet de tenir compte de la longueur relative des membres supérieurs au repos.

boussoleFiabilité 

Selon les auteurs, la fiabilité inter-examinateurs est bonne [29, 18] ou faible [68]. 

Validité 

Les amplitudes sont amoindries significativement chez le lombalgique, d’autant plus que les autres secteurs de mobilité sont aussi limités [29].

Variante à l’aide du ValedoShape ® 

7

Le ValedoShape ®, le SpinalMouse ®, sont des curvimètres informatiques portables que le praticien fait rouler sur les courbures du patient. 

Lire la vidéo 

Ils permettent de mesurer la distance entre deux points cutanés marqués. Ils reconnaissent les bosselures des processus épineux, ce qui devrait même permettre de chiffrer une amplitude segmentaire. 

boussoleFiabilité 

La mesure globale du rachis entre C7 et S3 en flexion / extension est d’une fiabilité forte avec ces instruments [79].

Validité 

Il n’y a pas de différences entre les amplitudes de lombalgiques et de sujets sains similaires [79].

Inclinométrie de la flexion lombaire et thoracique 

9

Procédure 

Le sujet est debout en flexion complète, le kinésithérapeute latéral à lui. Placer l’inclinomètre sur la face postérieure du sacrum. Aligner le zéro de l’inclinomètre avec l’aiguille, la verticale (pas de clic). Le placer ensuite sur T12. Mesurer. Il n’y a pas de position neutre de référence. Le déporter sur T1. Mesurer la flexion thoracique.

8

boussoleValeurs 

Les valeurs retrouvées sur sujets jeunes et sains sont, par rapport à la verticale, de 17.3° ± 16.2 pour le sacrum, 5.6° ± 14 pour T12, 65.6°  ± 13.3 pour T1. Elles ne diffèrent pas selon le sexe [20]. 

Fiabilité 

La fiabilité inter-examinateurs est bonne, d’une validité supérieure aux autres types d’examen, un examinateur entraîné étant meilleur qu’un novice [73].

boussoleValidité 

Il n’y a cependant pas de corrélations entre les différentes méthodes de mesure [73, 7, 56, 46]. Aucune méthode n’est parfaitement corrélée au gold-standard de la mesure de flexion sur radiographie dynamique [63].

Remarque 

 

Noter qu’il est préférable d’utiliser un inclinomètre aménageant un espace dans lequel peut se situer l’épineuse proéminente, de type Baseline ® ou Isomed ® : la convexité du sacrum et la proéminence fréquente du processus transverse de T12 entraînent un appui aléatoire de la plaquette de l’inclinomètre de type Rippstein ®. 

boussoleElles sont sources d’erreurs [63, 47, 46, 63, 60]. 

 

 


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