Évaluation de la mobilité active cervicale


Ce chapitre est consacré à l’évaluation de : 

  • La force, l’endurance et la qualité du mouvement actif
  • La proprioception et la stabilité posturale

Force & endurance

1
Mark Spitz. Photo Depardon. Sans trucage

Le cou est par fonction un organe instable, destiné à porter le regard le plus loin possible. 

Les cervicalgiques présentent, comparativement à des sujets sains, une perte de force et d’endurance [42, 2, 4] qui peut être une cause ou une conséquence de leur cervicalgie.

Le passage à la chronicité conduit à la diminution de section des muscles profonds, leur dégénérescence graisseuse [1], contemporaine d’une difficile récupération fonctionnelle [20].

L’activité tonique posturale de leurs muscles profonds est perturbée et réduite [42] par rapport aux muscles phasiques superficiels, dont l’activité domine même immédiatement après la survenue d’une douleur expérimentale [8]. 

Comparativement aux individus asymptomatiques, les cervicalgiques présentent une activité moins définie, multidirectionnelle ou plus confuse des muscles profonds du cou, antérieurs comme postérieurs. Ils peuvent par exemple activer leurs fléchisseurs dans un mouvement d’extension, a contrario du sujet sain où les activités apparaissent plus franches, plus marquées, délimitées [54]. 

Qualité du mouvement 

Des perturbations du contrôle moteur sont évoquées, par Sahrmann notamment, stipulant que les cervicalgiques souffrent d’un recrutement excessif des muscles extrinsèques qui peut se combiner avec l’avancée en âge et la perte de mobilité cervicale inférieure. 

Cela induit : 

En flexion 

Une translation linéaire antérieure de la tête à la place de l’enroulement, une perte de flexion du rachis cervical supérieur ou inférieur. 

En extension en position érigée 

2
Dysharmonie en extension cervicale

Une perte de l’extension du rachis cervical inférieur et de la translation antérieure de la région cervico-thoracique.

En rotation 

Une perte de la rotation pure et de la capacité de dissocier les mouvements du cou et du thorax. L’abaissement des épaules majore ces limitations : il crée une tension neurale qui peut limiter les amplitudes de rotation [3].

Mesures de la force 

Sa mesure au capteur de pression manuel (MicroFET Hand-Held Dynamometer ®) permet de déterminer en Newtons la force isométrique des fléchisseurs ou des extenseurs, à l’aide d’un appui sur le front ou la face postérieure du crâne. A défaut de ce type d’instrument, un tensiomètre modifié permet, selon le même principe de quantifier la force maximale isométrique, mais ses indications sont en mmHg.

Mesures de l’endurance 

Les extenseurs 

Un Sorensen cervical, tête en débord de table, un poids de 2 kg pendant à une sangle soutenue par le crâne, affleurant le sol sans le toucher, permet avec fiabilité [18] de discriminer entre cervicalgiques et sujets sains [32, 19].

Les fléchisseurs profonds 

Le décollé de tête en double menton, sujet en décubitus, jambes en crochet, maintenu à ras de table le plus longtemps possible est fiable [18, 43, 26] et simple à réaliser. 

Retenir cliniquement de l’ordre de 30 ± 10 secondes, comme but à atteindre pour que le test soit négatif. 

Un coussin gonflable de type Chatanooga Stabilizer®, ou la poche d’un tensiomètre gonflé à 20 mmHg glissés sous le cou du patient en décubitus, permettent d’évaluer l’endurance du rempart convexitaire (long du cou) et discrimine les cervicalgiques des sujets sains [29, 11]. 

Proprioception & stabilité posturale

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