Repérages & palpations de la hanche

Repérages & palpations articulaires

Palpation de la tête fémorale 

1

Procédure 

Patient en latéro-cubitus controlatéral, kinésithérapeute en arrière de lui, soutenant son membre inférieur et repoussant du thorax le bassin du patient. 

Amener la cuisse en extension et palper le pli de l’aine, qui devient convexe lors du mouvement, traduisant la saillie de la tête fémorale, recouverte du psoas et de sa bourse séreuse.

Palpation de la face postérieure du col fémoral 

2

Sujet en procubitus, kinésithérapeute homolatéral à la hanche à palper. Le genou du patient est fléchi à 90°, la main du kinésithérapeute posée sur la partie proximale de la face postérieure de cuisse. Une rotation latérale passive postériorise la face postérieure du grand trochanter qui se poursuit médialement par la face postérieure du col fémoral [16]. 

Repérage et palpation du grand trochanter 

3

Procédure 

Sur un patient en décubitus, le kinésithérapeute est controlatéral au membre étudié, la main crâniale à plat sur la face latérale de hanche, la main caudale imprimant une alternance de rotations médiale et latérale coxo-fémorales. Les faces antérieures et postérieures du grand trochanter peuvent être palpées, la traction rythmée de la face postérieure à l’aide des deux mains doit permettre une mobilisation ample mais sans force en rotation.

Variante

Kinésithérapeute homolatéral au membre étudié, la main crâniale à plat sur la face latérale de hanche, la main caudale imprimant une alternance de rotations médiale et latérale coxo-fémorales permettent le repérage du grand trochanter, dont le bord supérieur sera ensuite palpable par une prise tri-digitale, le pouce, l’index et le médius sur les faces antérieure, supérieure et postérieure, respectivement.

Repérages & palpations musculaires

Palpation du long adducteur

Le patient est placé en décubitus, membre inférieur en légère abduction et semi-flexion de la hanche. Le long adducteur est le tendon le plus médial et le plus volumineux à la racine de la cuisse.

Repérage du pectiné 

Le pectiné n’est pas individualisable, mais il forme le fond du trigone fémoral, en dehors du long adducteur, en dedans du psoas. Placer la jambe du sujet en crochet en abduction horizontale met en évidence les limites du trigone fémoral.

Palpation du gracile 

4

Procédure 

Sujet en décubitus, kinésithérapeute homolatéral au muscle à palper, amener le membre inférieur tendu en flexion, abduction. Palper le bord médial de la cuisse en partie postérieure. Le gracile y forme une corde palpable et souvent visible, en arrière du long adducteur. Elle peut se suivre de la racine de la cuisse à proximité du genou ; il est possible de la refouler en direction postérieure.

Palpation du grand adducteur 

Le grand adducteur se palpe dans le prolongement de l’espace situé entre long adducteur et gracile, sur un sujet en décubitus, jambe en crochet. Le troisième faisceau est palpable sur le tubercule sus-condylien médial ; cette palpation est douloureuse mais permet de comparer la tension d’un grand adducteur avec son homologue controlatéral. 

Repérage du piriforme

5

Procédure 

Le patient en décubitus a la cuisse fléchie et le pied sur la table. Le praticien est controlatéral au muscle à tester. Très schématiquement, le piriforme est dans l’axe du fémur. Une adduction horizontale peut rendre douloureuse la mise en tension de ce muscle. La palpation doit être perpendiculaire à l’axe du fémur. Opposer une résistance à la face latérale du genou à l’aide du menton permet de solliciter activement le piriforme.

Variante en latéro-cubitus 

6

Patient en latéro-cubitus controlatéral, kinésithérapeute lui faisant face. Suivre les reliefs de l’os coxal en estimant leur position à partir des tubérosités extrêmes (EIPS et tubérosités ischiatiques). La grande échancrure sciatique, à mi-distance des deux extrémités, pemet le passage du piriforme et du nerf grand sciatique. Se laisser guider par la douleur et l’irradiation fréquentes à partir de cet endroit [16]. 

N.B : Veiller à laisser la hanche en extension pour ne pas mettre en tension les masses musculaires fessières. 

Variante en procubitus

7

La position présente l’avantage de visualiser le trajet du muscle, de le faire travailler pour le repérer, d’avoir des muscles postérieurs de fesse détendus et non étirés comme en décubitus. Le kinésithérapeute, du côté du muscle à palper, maintient la jambe du patient, le genou à 90°. Rechercher l’intersection entre les faces postérieure et supérieure du grand trochanter. Le piriforme part à 45° de l’union de ces deux faces en direction médiale et crâniale, vers le milieu du bord latéral du sacrum. Sa palpation transversale, à effectuer en comparatif, donne fréquemment une impression de cordon douloureux, qui peut être confondue avec les fibres du grand fessier. 

Repérage de l’obturateur interne

Procédure 

Le patient est en procubitus. Le muscle passe avec ses jumeaux au niveau de la petite échancrure sciatique. Elle constitue une concavité postérieure immédiatement au-dessus de l’ischion. Palper l’ischion avec les deux pouces et les faire glisser en crânial. Le caractère aplati et tendineux de ces muscles se réfléchissant sur l’échancrure pour devenir intra-pelviens limite leur palpation mais leurs limites osseuses sont palpables.

Repérage du muscle iliaque 

10

Procédure 

Patient en décubitus, kinésithérapeute lui faisant face, les pouces en dedans des épines iliaques antéro-supérieures (EIAS). La réflexion du psoas-iliaque sur la ligne ilio-pectinée au-dessous de l’arcade crurale et en dedans du sartorius rend au moins l’iliaque repérable.

Palpation du psoas en abdominal

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Procédure 

Sujet en décubitus, jambes en crochet, lui demander de fléchir la tête contre-résistance afin de mettre en évidence ses grands droits. Pointer l’intersection du bord latéral du grand droit avec la mi-distance entre ombilic et EIAS, endroit où le psoas est le plus facilement palpable. Ensuite, faire reposer la tête sur un coussin et palper le muscle à partir de ce point [16]. 

A noter que :

  • La palpation du psoas gauche peut être gênée ou confondue par le colon sigmoïde qui le croise en avant.
  • Les psoas sont impossibles à palper chez des sujets corpulents. 
  • Les deux psoas sont approximativement dans le même plan que la face antérieure des corps vertébraux. Le kinésithérapeute doit donc être à même de palper la face antérieure des corps vertébraux lombaires, ce qui est parfois possible pour le promontoire lombo-sacré (voir le chapitre repérages & palpations lombaires antérieurs), impossible et de toute manière dangereux pour les étages sus-jacents à cause du passage de l’aorte abdominale. Les palpations du psoas ne peuvent se faire qu’à travers une masse plus ou moins volumineuse de viscères et plans musculaires et adipeux cutanés.

Variante en latéro-cubitus 

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Patient en latéro-cubitus, en « chien de fusil », kinésithérapeute en arrière de lui. La hanche supralatérale est fléchie afin de détendre la paroi abdominale et de permettre une avancée relative du petit trochanter par rapport au plan postérieur de l’abdomen. Palper le psoas supralatéral à deux mains. Il est possible de demander au patient de fléchir légèrement la hanche afin de mettre en contraction le muscle.

Palpation douloureuse du pli de l’aine en présence d’une bursite du psoas 

L’inflammation de cette bourse séreuse, l’une des plus étendues du corps, peut-être en rapport avec une activité anormalement soutenue, comme la montée inhabituelle d’escaliers. Elle est réveillée lors de la contraction contre résistance manuelle du psoas, mais aussi à la palpation du pli de l’aine. La mise en tension active du psoas peut-être douloureuse s’il existe un conflit entre la partie antérieure de la coxo-fémorale et cette bourse séreuse. Le patient présente des difficultés à monter les escaliers, à gravir des pentes, à se lever d’un siège (flexion du tronc préparant le lever). 

Palpation du sartorius 

Procédure 

Patient en décubitus, le sartorius est mis en évidence en demandant au patient de placer le talon homolatéral sur la crête tibiale controlatérale en flexion, abduction et rotation latérale de cuisse. 

13
Mise en évidence du sartorius

Le muscle dessine une ligne droite allant de l’EIAS à la face médiale du genou, qui peut être suivie dans tout son trajet superficiel. 

Repérage proximal des TFL, sartorius et droit fémoral

Procédure 

Patient en décubitus, lui demander de lever le membre inférieur, genou tendu ; à la racine de la cuisse apparaît une fossette correspondant au passage du droit fémoral entre sartorius en dedans et TFL en dehors : le droit fémoral plonge en direction de l’épine iliaque antéro-inférieure (EIAI).

14
Les trois fléchisseurs à la racine de la cuisse`

Palpation du TFL 

Le corps charnu, observable à la racine de la cuisse devient proéminent en demandant au patient de résister à l’adduction passive dans une position de flexion de hanche, genou en extension. Le tractus ilio-tibial est mis en tension. Il devient palpable dans cette manoeuvre jusqu’au tubercule infra-condylaire latéral (ex. tubercule de Gerdy).

Palpation du tractus ilio-tibial 

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Procédure 

La palpation du fascia lata au-dessus du genou, la hanche en position anatomique, permet de se donner une idée de l’hyper-pression qu’engendre ces tissus sur la tête fémorale, en comparatif. La mise en abduction de la coxo-fémorale réduit cette mise en tension et traduit bien le rôle de chevalet que joue le grand trochanter sur la tension du deltoïde fessier en position anatomique. Il a été proposé qu’a contrario, en position anatomique, le relâchement de ce fascia lata sur une hanche prothétique en comparaison de la hanche opposée puisse indiquer un col prothétique trop court, donc une cohésion de la prothèse moindre, avec risque de luxation. 

Palpation du droit fémoral 

Voir le chapitre consacré à l’abord préliminaire du genou.

Repérages & palpations vasculaires et neurales

Palpation du trigone fémoral 

16

Les ganglions lymphatiques entourant la crosse de la grande saphène, au centre du trigone fémoral, ne sont pas palpables chez le sujet sain. Ils le deviennent à la suite d’une infection touchant le membre inférieur ou la région abdominale sous-ombilicale homolatérale.

Palpation du nerf sciatique, du nerf fémoral 

Voir le chapitre consacré au membre inférieur.


Références bibliographiques

[16] Tixa S. Atlas d’anatomie palpatoire du membre inférieur. Investigation manuelle de surface. Masson. 1997

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