L’extension passive de cheville est limitée


Observations & signes cliniques

Observation de la souplesse tibio-fibulaire

1

Procédure 

Le patient en décubitus, le kinésithérapeute à ses pieds. Empaumer les tibias et fibulas, exercer une poussée verticale en direction de la table. Juger de la souplesse d’un pied par rapport à l’autre.

Valeurs 

Selon que le traumatisme soit récent ou non, les conclusions diffèrent : 

  • Une absence de souplesse est fréquente en cas de séquelle d’entorse talo-crurale. 
  • Une trop grande mobilité, un tiroir postérieur indiquent une atteinte du ligament collatéral latéral antérieur, dont la direction est globalement horizontale [18]. 
2
Radiographie latérale d’un pied sans contrainte et lors d’un tiroir antérieur ( les flèches dessinées indiquent le sens de la manœuvre). Il s’agit ici du jeu habituel d’une cheville.

Observation de l’extension talo-crurale en décubitus

3

Procédure 

Le patient est en décubitus, pieds sur la table, le kinésithérapeute à ses pieds. Amener les deux pieds en extension. Les deux avant-pieds doivent être à la même hauteur lors d’une extension talo-crurale bilatérale harmonieuse. 

Valeur 

Un refus d’extension unilatéral indique un défaut de glissement postéro-antérieur du talus sous le tibia.

Observations lors de l’installation du patient 

S’asseoir sur ses talons 

Demander au sujet de s’asseoir sur ses talons. S’il n’existe pas de limitation en extension talo-crurale ni en flexion fémoro-tibiale, le tibia peut, sur un sujet souple et  grâce au dessin des condyles fémoraux, pouvoir se placer parallèlement au fémur, le dos du pied aligné avec la crête tibiale. En présence d’une limitation et en fonction de celle-ci, le sujet indique une souffrance au genou ou à la cheville.

Se coucher en procubitus 

L’incapacité d’étendre la cheville se voit aussi lors de l’installation du patient en procubitus. Dans cette position, un sujet jeune et souple devrait pouvoir placer le dos du pied en alignement avec le tibia. La nécessité, pour beaucoup de patients, de placer un coussin sous la cheville est le témoignage de l’inconfort en extension de cheville. Sans coussin, réaliser un appui sur le talon en direction de la table et de façon bilatérale permet de mettre en évidence une différence d’extension entre les deux chevilles.

Mesures

Inclinométrie de l’extension en décharge 

4

Procédure 

Sujet en décubitus, placer la jambe sur un tabouret posé sur la table, le pied en débord, chaussé. A défaut, une planchette est maintenue sur la plante du pied par le praticien. Un inclinomètre, préalablement cliqué sur 0, plaqué contre la planchette, mesure l’amplitude d’extension (ou de flexion) à partir d’une position de référence verticale.

Variante 

Un inclinomètre de type Isomed ® comporte une tige télescopique et permet de la placer dans le grand axe du pied, alignée sur le talon et le 2° métatarsien, de façon à remplacer la chaussure ou la planchette.

Inclinométrie de la flexion / extension en charge 

Procédure 

5

Le patient est debout, le pied sur le sol ou sur un tabouret. Le kinésithérapeute mesure l’angulation entre le grand axe diaphysaire tibial et la verticale à l’aide d’un inclinomètre, en veillant à ce que les orteils ne décollent pas lors de l’extension.

Le même procédé peut être réalisé pour la flexion. Le sujet fléchit alors la talo-crurale au maximum, sans décoller le talon. Le genou doit être fléchi pour que la tension des gastrocnémiens n’interfère pas dans la mesure.

Goniométrie de la flexion / extension en charge

Procédure 

6

Le sujet est debout, pied à mesurer posé sur un tabouret. L’examinateur applique une branche du goniomètre sur le tabouret, l’autre branche étant placée en projection de la face latérale de jambe afin de mesurer l’angle entre la jambe et l’horizontale. Le sujet est invité à étendre la talo-crurale au maximum, sans décoller les orteils. La même mesure est réalisée du côté controlatéral.

Le même procédé peut être réalisé pour la flexion. Le sujet fléchit alors la talo-crurale au maximum, sans décoller le talon. 

Mobilisations passives 

Mobilisation passive en extension du tibia sur le pied 

Objectifs 

Il s’agit de mobiliser une surface concave sur une surface convexe. Le glissement est considéré comme allant dans le sens du mouvement : l’extension s’accompagne d’un glissement postéro-antérieur du talus sous le tibia.

Procédure 

Le patient est en décubitus, le talon reposant sur la table. Le kinésithérapeute est homolatéral au pied à traiter. 

7

1°- Amener le pied en flexion dorsale. Contacter la face antérieure de l’extrémité inférieure du tibia et la maintenir appuyée sur la table. Le talon est alors fermement stabilisé sur la table.

8

2°- Le tibia stabilisé par l’appui de la première commissure, amener le pied en extension et le maintenir dans cette position, afin d’assurer une contre-prise. 

10

3°- La prise est assurée par l’appui vertical sur le tibia, le mobilisant en direction dorsale. 

Variante en mobilisation passive du tibia pied fixé 

Dans la même position, agripper les malléoles, fixer le pied et mobiliser le tibia en allers-retours dans le plan sagittal. Faire parcourir au tibia différentes positions du dôme talien de manière à assurer des glissements en différentes positions d’extension. L’impression de mobilité et les bruits articulaires sont importants.

Mobilisation passive en glissement postérieur du tibia en procubitus 

11

Procédure 

Le sujet est allongé sur le ventre, la hanche en rectitude, le genou fléchi, la jambe verticale. Le thérapeute situé homolatéralement par rapport au pied à mobiliser place la première commissure d’une main sur la partie postérieure du talus, le calcanéus reposant sur la face dorsale et latérale de la main ; la talo-crurale est en légère flexion dorsale. L’autre main est placée sur la face antérieure de l’extrémité inférieure du segment jambier. Les mains en effectuant une translation parallèle et de sens opposé réalisent le déplacement postérieur du tibia par rapport au talus.

Mobilisation passive en extension en décubitus latéral 

12

Procédure 

Le sujet est en décubitus controlatéral au côté à mobiliser. La hanche est en légère flexion, le genou fléchi à angle droit. Le thérapeute situé en arrière du patient pose le calcanéus de ce dernier sur son thorax, une main s’applique sur la face antérieure de l’extrémité inférieure de la jambe, l’autre main sur le col du talus. Les deux mains exerçant des forces divergentes ouvrent l’angle tibio-podal, le calcanéus étant en contre-appui sur le thorax. Il est également possible de réaliser la mobilisation, les deux mains étant fixes, par une poussée sternale sur le calcanéus. 

Étirements

Etirement du tibial antérieur 

13

Procédure 

Le patient est en procubitus, le kinésithérapeute est homolatéral à la région à traiter. Plaçant la table en position haute, il vient placer une main à la face dorsale du pied, l’insertion du tibial antérieur entre ses deux éminences thénar et hypothénar, les doigts dans le prolongement du corps musculaire. Un contre-appui est assuré par l’autre main, qui empaume le talon, renforcé par l’appui du buste du praticien. Demander au sujet de résister à la pression. Gagner en contracté-relâché.

Étirement de l’extenseur des orteils 

Dans la même position, table toujours en position haute. Le kinésithérapeute place une main à la face dorsale du pied. Un contre-appui est assuré par l’autre main, qui empaume le talon, renforcé par l’appui du buste du praticien. Demander au sujet de résister à la pression qui encourage l’extension talo-crurale. Amener la cheville dans ses limites d’extension. Tout en gardant cette amplitude, amener les orteils à l’exclusion de l’hallux en flexion par l’appui de la paume, les doigts dans le prolongement des tendons. Demander de résister à la pression qui encourage la flexion des orteils. Gagner en contracté-relâché. 

Étirement de l’extenseur de l’hallux

Dans la même position, la table toujours en position haute. Le kinésithérapeute place une main à la face dorsale du pied. Un contre-appui est assuré par l’autre main, qui empaume le talon, renforcé par l’appui du buste du praticien. Demander au sujet de résister à la pression qui encourage l’extension talo-crurale. Amener la cheville dans ses limites d’extension. Tout en gardant cette amplitude, amener l’hallux en flexion par l’appui de la paume sur la phalange proximale, les doigts dans le prolongement du tendon. Demander de résister à la pression qui encourage la flexion de l’hallux. Gagner en flexion. 


Références bibliographiques

[18] Seligson D et al. Ankle instability: evaluation of the lateral ligaments. Am J Sports Med. 1980;8(1):39–42

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s