Les psychologues nous recommandent de faire un PACT avec le patient lombalgique


smiling woman using laptop computer
Photo de rawpixel.com sur Pexels.com

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une intervention efficace pour la lombalgie chronique bien que la mise en œuvre de cette approche en physiothérapie soit dificile. 

La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) est une TCC plus récente présentant de bonne preuves d’efficacité dans le traitement de la douleur chronique. 

ACT met l’accent sur l’amélioration du fonctionnement, plutôt que sur la réduction de la douleur, en utilisant des stratégies d’acceptation, de pleine conscience et d’action fondée sur des valeurs. 

Cette approche convient particulièrement à la lombalgie chronique, car l’attention accordée à la réduction des symptômes est souvent contre-productive. 

Les psychologues ont constaté que les patients orientés vers la kinésithérapie étaient quelque peu réticents à consulter un psychologue et ont donc recommandé d’associer l’ACT à la kinésithérapie. 

Les auteurs ont mis au point une brève intervention réalisée par un kinésithérapeute, appelée PACT (kinésithérapie guidée par les concepts de l’ACT) .

L’objectif principal de cet essai était d’évaluer l’efficacité du PACT sur 3 mois, comparativement à des soins habituels. 

PACT était une intervention brève de kinésithérapie, destinée à promouvoir l’autogestion. 

Population-cible 

Lombalgiques chroniques depuis plus de douze semaines (moyenne à 3 ans).

Posologie 

3 séances de traitement individuelles, soit deux séances en face-à-face de 60 minutes à deux semaines d’intervalle, en acte individuel, et un appel téléphonique de 20 minutes un mois plus tard. 

Procédure 

Le traitement comprenait une évaluation physique initiale avec retour d’information au patient, la détermination d’objectifs fondés sur des valeurs, une prescription d’exercice physique individualisée, la levée des obstacles et la facilitation de l’autogestion, et une formation visant à promouvoir la flexibilité psychologique. 

Cela excluait la thérapie manuelle. 

La durée totale de contact a été conçue de manière à être similaire à la durée moyenne de traitement des patients atteints de lombalgie chronique dans le cadre d’un traitement de physiothérapie standard, comme rapporté dans les études contrôlées randomisées britanniques pour la lombalgie chronique. 

Cependant, la prise en charge PACT a modifié le contexte, le contenu et la durée du traitement de thérapie physique, de sorte qu’il a été administré en moins de séances, mais durant plus longtemps que les soins habituels au Royaume-Uni. 

Huit kinésithérapeutes expérimentés ont reçu un programme de formation sur mesure, comprenant un programme manuel et un programme de formation en face à face de 2 jours, suivi d’une supervision mensuelle continue en groupe par un psychologue clinicien / de la santé et un kinésithérapeute. 

Les limites des domaines de compétence entre psychologues et kinésithérapeutes ont été clairement communiquées lors de la formation, qui n’avait pas pour but de modifier ces limites (traduction de «Differences in boundaries between psychologists and physical therapists were carefully communicated during training, as this was not designed to alter these boundaries».).

Un manuel du patient individualisé en fonction de ses besoins a été fourni lors de la première séance. 

Un descriptif de cette prise en charge est présent dans une étude préliminaire [Godfrey 2016]

Indicateurs

Le principal critère d’évaluation était le questionnaire Roland-Morris (RMDQ), trois mois après la randomisation. Le SF-12, le PSFS, ont servi de critères d’évaluation secondaires

Validité 

À 3 mois, les participants au programme PACT ont signalé de meilleurs résultats en termes d’invalidité (différence moyenne entre les RMDQ = 1, 07, p = 0, 037, IC 95% [-2 ,08 à -0, 07], au PSFS ( p = 0,008), au SF12 (p = 0,032).

À 12 mois de suivi, il n’y avait pas de différence significative entre les groupes.

Commentaire 

La différence est statistique et non clinique, c’est donc peut être un poil mieux si on ne regarde pas trop les bornes de l’intervalle de confiance. Pas de quoi révolutionner la prise en charge, donc. L’idée de passer une heure à deux reprises avec le patient serait à tenter, si la sécu nous en laissait le loisir, mais ça, c’est pas prêt d’arriver.


Références bibliographiques 

Emma Godfrey, Melissa Galea Holmes,Vari Wileman, Lance McCracken, Sam Norton, Rona Moss-Morris, John Pallet, Duncan Sanders, Massimo Barcellona, Duncan Critchley. Physiotherapy informed by Acceptance and Commitment Therapy (PACT): protocol for a randomised controlled trial of PACT versus usual physiotherapy care for adults with chronic low back pain. BMJ Open. 2016; 6(6): e011548. Published online 2016 Jun 7. doi: 10.1136/bmjopen-2016-011548

X15265900Godfrey DE, Wileman DV, Holmes DMG, McCracken PLM, Norton DS, Moss-Morris PR, Noonan MS, Barcellona DM, Critchley DD. Physical therapy informed by Acceptance and Commitment Therapy (PACT) versus usual care physical therapy for adults with chronic low back pain: a randomised controlled trial. J Pain. 2019 Jun 4. pii: S1526-5900(19)30065-3. doi: 10.1016/j.jpain.2019.05.012. Article en pré-publication.

Article en accès libre

Articles en rapport avec le sujet

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s