A la recherche de la citerne de Pecquet


Oldies but goldies, quelques notes passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Je profite de l’été pour ce retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Samedi 20 Juillet 2013

abandoned antique architecture broken
Photo de Skitterphoto sur Pexels.com

Il me souvient des cours d’Albert Leduc se moquant des draineurs lymphatiques de citerne abdominale et expliquant que Pecquet, l’inventeur de la citerne du même nom, avait pu la trouver mais chez le chien, essentiellement parce qu’a son époque, l’Église interdisait les dissections humaines.

Assistant à une dissection abdominale (chez l’homme) récemment, vous pensez bien que je me suis empressé de demander au médecin officiant de la mettre en évidence. Les voies lymphatiques ne se dissèqueraient pas ? Elles se lyseraient très rapidement ? Toujours est-il que le dissecteur a botté en touche.

Selon Wikipédia, Jean Pecquet (1622-74) est un médecin et anatomiste qui à débuté ses premières expériences de dissection sur les animaux et a publié les «Nouvelles expériences anatomiques par lesquelles sont découvertes le réceptacle du chyle inconnu jusqu’alors» et les «vaisseaux lactés allant à travers le thorax jusque dans les vaisseaux sous-claviers».

Thomas Bartolin, autre anatomiste « découvreur » du système lymphatique, retrouvera chez l’homme le canal thoracique mais pas la citerne.

Jean Pecquet sera emprisonné à la Bastille pour avoir menti sur l’existence de la citerne et condamné des générations d’étudiants kinésithérapeutes à rechercher vainement cette volumineuse citerne, jusqu’au 21° siècle (une autre source mentionne que son protecteur, Nicolas Fouquet n’étant plus alors en odeur de sainteté auprès du Roi, tous les protégés y bénéficiaient d’un séjour offert).

En fait, en moyenne, le conduit thoracique d’une personne adulte mesure de 38 à 45 cm pour un diamètre de 5mm. Il part de l’abdomen, au niveau de la seconde vertèbre lombaire, et remonte jusqu’à la base du cou. Il est en fait la réunion des troncs lombaires droit et gauche et du tronc intestinal. À ce niveau il forme un renflement appelé citerne de chyle.

Donc, vous voyez bien qu’elle existe ; mais il faut avoir des doigts de fée pour prétendre y accéder, ou une imagination fertile, ou fumer des cigarettes qui font rire, ou la conjonction des trois, vraisemblablement.

Sans titre.jpg

Citerne sur pattes

UNE photo retrouvée dans Wikipédia, sur UN patient, dont on ne sait pas s’il s’agit d’UNE citerne normale ou pathologiquement dilatée, puisqu’elle semble ne pas être visible au scanner normalement.

« 83 male had a CT for follow-up of gastrointestinal stromal tumour. A low-density structure (arrow) is seen in a right retrocrural location, adjacent to the azygous vein (curved arrow). While this might be mistaken for lymphadenopathy, it could be followed superiorly to a thin vascular structure in the posterior mediastinum. The retrocrural structure represents the cisterna chyli, and its continuation in the thorax is the thoracic duct. Not normally seen on CT, it is however a normal structure, and should be recognised as such. » (dr Dawes)

Pourquoi continuer d’employer des termes inventés des siècles auparavant susceptibles d’induire des erreurs de compréhension manifestes chez des étudiants qui ne sont parfois pas capable de délimiter et localiser le foie ?

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