Libérer sans restriction l’accès au kiné pour le premier épisode de lombalgie


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En France, une timide proposition de premier abord du lombalgique aigu par le kinésithérapeute est en élaboration laborieuse.

Aux États-Unis, l’accès direct au kinésithérapeute est plus la règle que l’exception. Cet accès direct, quand il existe, peut être limité ou ne pas l’être :

  • Dans 6 états, les patients doivent d’abord passer par un médecin. 
  • Dans 26 états, il existe des restrictions à la première intention (limites concernant le temps de suivi et / ou le nombre de séances avant de référer au médecin) et la nécessité de recommandation médicale pour des interventions spécifiques. 
  • Dans 18 états, l’accès en première intention au physio est sans restriction.

Conception

Il s’agissait d’une étude de cohorte rétrospective de patients présentant une lombalgie récente, entre 2008 et 2013, à partir d’une banque de données anonymisées, collectées auprès de patients ayant souscrit une assurance privée ou une assurance Medicare Advantage dans le cadre d’un régime de soins de santé privé.

Les méthodes

59 670 personnes âgées de 18 ans ou plus ont été identifiées comme demandeurs de soins à la suite d’un premier épisode de lombalgie.

  • Le premier échantillon concernait des patients qui voyaient un kinésithérapeute en première intention dans des États où l’accès est totalement libre. 
  • Le second concernait des patients qui consultaient un kinésithérapeute en première intention limitée ou un médecin en première intention.

Des résultats en faveur d’un accès totalement libre

Les patients qui ont vu un kinésithérapeute en première intention avec accès limité utilisaient beaucoup plus de soins de santé dans les 30 jours, y compris l’imagerie simple et la fréquence des visites chez le médecin, que les personnes ayant vu un kinésithérapeute en première intention sans restriction. 

Comparés aux individus qui ont vu un médecin en première intention :

  • Ceux qui ont consulté un kinésithérapeute en première intention encadrée avaient des coûts relatifs supérieurs de 25% à 30 jours et de 32% supérieurs à 90 jours
  • Ceux qui ont vu un kinésithérapeute en première intention sans restriction affichaient des coûts inférieurs de 13% à 30 jours et de 32% à 90 jours.

Limites

Il s’agissait d’une étude basée sur les déclarations et contenant peu d’informations sur les caractéristiques du patient, notamment la gravité et la durée de la douleur.

Conclusions

L’utilisation et les coûts des soins de santé liés à la lombalgie à court terme étaient moins élevés pour les personnes se trouvant dans des États avec accès en première intention sans restriction que dans des États avec accès en première intention avec accès encadré.

Commentaires 

C’est bien nous ça. On n’a pas encore commencé la première intention en France et déjà, on sait que ce ne sera pas la bonne façon de s’y prendre, puisque la première intention encadrée est un surcoût pour la société de part l’obligation de référer à un médecin tous les patients nécessitant imagerie voire pratiques particulières (?).

La dé-médicalisation totale de la lombalgie est plus économique. On suppose que le rapport bénéfice-risque est identique ?


Références bibliographiques 

Brigid Garrity, Christine McDonough, Omid Ameli, James Rothendler, Kathleen Carey, Howard Cabral, Michael Stein, Robert Saper, Lewis E Kazis. Direct Access to Physical Therapist Services Is Associated With Lower Health Care Utilization and Costs in Patients With New-Onset Low Back Pain. Physical Therapy Published: 30 October 2019

(article en accès libre)