Le rachis lombaire lors de la marche, in vivo


Cette étude quantifie le mouvement en trois dimensions des vertèbres lombaires pendant la marche par la mesure directe in vivo avec l’utilisation de fiches osseuses placées à demeure et dotées de marqueurs rétroréfléchissants destinés à permettre la capture du mouvement.

Sans titre

Photo issue de l’article

Méthodes : 

Huit volontaires sains de 25,1 ans d’âge moyen ont pu être recrutés après application des critères d’exclusion. Puis, après une anesthésie locale, deux broches de Kirschner de 1,6 mm ont été insérées dans chaque processus épineux de L1, L2, L3, L4, L5 et S1. 

Les deux broches ont été fixées ensemble, pour minimiser des artéfacts de rotation, et une triade de marqueurs réfléchissants a été fixées à l’extrémité de chaque paire de broches (voir la photo provenant de l’article). 

Les sujets ont bénéficié d’un scanner avec reconstruction vertébrale 3D pour lier précisément chaque vertèbre à une triade. Les sujets ont ensuite marché à 5 reprises dans un environnement d’analyse quantifiée du mouvement (Vicon ®) à leur vitesse de confort tandis que les données de mouvement ont été recueillies à l’aide de 12 caméras infra-rouges. 

Résultats : 

Moins de 4 ° de mouvement intersegmentaire lombaire ont été retrouvés dans chaque plan. Les amplitudes étaient très cohérente entre les sujets, avec très peu de dispersion. Les plus grands mouvements s’effectuaient dans le plan frontal, et les segments lombaires moyens étaient dotés de plus d’amplitude que les segments lombaires supérieur et inférieur. 

À tous les niveaux, la flexion lombaire comme la rotation axiale sont toutes deux extrêmement faible. 

La flexion est de moins de 2,5° par étage en flexion en moyenne, plutôt plus importante entre L4-L5 et 5-S1. 

La rotation lombaire est d’amplitude extrêmement faible (de l’ordre de 4,5° cumulés en L1 par rapport au pelvis), notamment comparativement à la rotation thoracique, qui est de sens inverse (lors du contact talonnier D, la rotation lombaire se fait vers la G, la rotation thoracique vers la D). 

Le mouvement majeur dans le plan frontal survient au début de la phase d’appui, s’inverse lors de la levée des orteils, revient au neutre lors de la phase oscillante. 


Oldies but goldies, quelques études passent les années sans que leurs conclusions soient trop remises en cause… Ou pas. Retour vers le (peut être) futur. Note rédigée originellement dans ActuKiné le Vendredi 13 Mars 2015


Conclusion : 

Dans la marche, le rachis lombaire agit principalement dans le plan frontal, pour équilibrer les mouvements relatifs entre le tronc et le bassin, en inclinaison latérale homolatérale à l’appui, controlatérale lors de la levée des orteils, avec un retour en position neutre lors de la phase oscillante. Il agit de concert avec la colonne vertébrale thoracique, qui elle contribue majoritairement aux mouvements de rotation axiale. 


Références bibliographiques : 

MacWilliams BA, Rozumalski A, Swanson AN, Wervey RA, Dykes DC, Novacheck TF, Schwartz MH. Assessment of three-dimensional lumbar spine vertebral motion during gait with use of indwelling bone pins. J Bone Joint Surg Am. 2013 Dec 4;95(23):e1841-8. 

Résumé disponible en ligne

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